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Fidelio à Tours : Ein Engel, Leonoren

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Tours. Grand Théâtre. 17-X-2010. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Fidelio, opéra en 2 actes sur un livret de Joseph Sonnleithner et Georg Friedrich Treitschke. Mise en scène : Marion Wassermann. Décors : Amélie Kiritzé-Topor. Costumes : Bruno Fatalot. Lumières : Pierre Dupouey. Avec : Mireille Delunsch, Leonore ; Sabine Revault d’Allonnes, Marzelline ; Jean-Francis Monvoisin, Florestan ; Scott Wilde, Rocco ; Peter Sidhom, Don Pizzaro ; Stanislas de Barbeyrac, Jacquino ; Ronan Nédélec, Don Fernando. Chœurs de l’Opéra de Tours (direction : Emmanuel Trenque), Orchestre Symphonique Région Centre-Tours, direction : Jean-Yves Ossonce.

L’Opéra de Tours inaugure sa saison avec une production de Fidelio coproduite avec l’Opéra Théâtre de Limoges où elle a été créée en janvier dernier. y fait preuve d’un métier certain et d’une originalité indéniable. Pour autant, ses partis pris ne se révèlent pas pleinement convaincants. L’omniprésence des prisonniers au premier acte retire ainsi son impact à leur sortie, malgré un bel effet de lumière. De même, comment expliquer que Leonore, poignardée par Pizzaro, se relève pour assurer à pleine voix la fin de la représentation ? Dans ces moments, le texte contredit l’image, et le message se dilue. C’est d’autant plus dommage qu’en d’autres occasions le traitement du thème de l’oppression fait mouche, et que la lecture par une voix enregistrée d’extraits du Journal de Leonore de Maud Lescoffit offre d’intéressants éclairages sur la psychologie de l’héroïne.

L’attraction principale de ce Fidelio était la prise de rôle de en Leonore. En grande forme vocale, cette artiste attachante relève le défi avec sa flamme coutumière, une rare intelligence musicale et un instrument toujours aussi captivant. Elle campe un personnage dont la caractère volontaire dissimule à peine la fragilité et les angoisses, pour une prise magistrale d’un rôle convenant parfaitement à son tempérament. , en revanche, se révèle seulement soucieux de décibels dans une prestation dénuée de la moindre nuance.

Abonné aux rôles sombres du répertoire, se délecte à camper un Pizzaro sadique et vindicatif, avec des moyens vocaux considérables. , en revanche, compose un Rocco très paternel doté d’une belle profondeur de grave. alarme par sa verdeur à son entrée en scène avant de déployer, à partir du quatuor, un arsenal de nuances musicales auquel il est difficile de résister. Plus pâle est son Jacquino, dans lequel nous offre une prestation assez générique.

Le succès de la représentation doit énormément à et à sa phalange. Le chef nous livre une direction magistrale, ample et colorée, riche en contrastes, attentive à la moindre nuance mais capable de larges envolées, réussissant à conférer une parfaite unité à la partition et nous y faisant découvrir des tonalités angoissantes insoupçonnées. L’orchestre le suit dans la moindre des ses intentions avec une belle plénitude sonore, et les chœurs sont égaux à eux-mêmes, ce qui n’est pas un piètre compliment.

Crédit photographique : (Leonore) © François Berthon

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Tours. Grand Théâtre. 17-X-2010. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Fidelio, opéra en 2 actes sur un livret de Joseph Sonnleithner et Georg Friedrich Treitschke. Mise en scène : Marion Wassermann. Décors : Amélie Kiritzé-Topor. Costumes : Bruno Fatalot. Lumières : Pierre Dupouey. Avec : Mireille Delunsch, Leonore ; Sabine Revault d’Allonnes, Marzelline ; Jean-Francis Monvoisin, Florestan ; Scott Wilde, Rocco ; Peter Sidhom, Don Pizzaro ; Stanislas de Barbeyrac, Jacquino ; Ronan Nédélec, Don Fernando. Chœurs de l’Opéra de Tours (direction : Emmanuel Trenque), Orchestre Symphonique Région Centre-Tours, direction : Jean-Yves Ossonce.

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