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Ouverture de saison à l’Opéra Comique avec les Mamelles de Tirésias

La Scène, Opéra, Opéras

Paris. Opéra Comique. 07-I-2011. Francis Poulenc (1899-1963) : Les Mamelles de Tirésias, opéra bouffe en un prologue et deux actes sur un livret d’après Guillaume Apollinaire. Mise en scène, décors et costume : Macha Makeïeff. Lumières : Pascal Mérat. Chorégraphie : Thomas Stache. Avec : Hélène Guilmette, Thérèse ; Ivan Ludlow, le mari ; Werner Van Mechelen, le directeur de théâtre / le gendarme ; Christophe Gay, Presto ; Loïc Félix, Lacouf ; Thomas Morris, le journaliste ; Marc Molomot, le fils ; Jeannette Fischer, la marchande de journaux. Orchestre et Chœurs de l’Opéra de Lyon, (chef de chœur : Alain Woodbridge), direction : Ludovic Morlot

Ouverture de saison fébrile à l’Opéra Comique, avec des Mamelles de Tirésias très courues, après les représentations de novembre dernier à l’Opéra de Lyon. Le vestiaire est trop plein pour accueillir les derniers manteaux, tant pis, on les gardera sur les genoux, et le spectacle commence avec une demi-heure de retard, à la suite d’un problème informatique. explique que les musiciens prendront l’énorme risque de jouer et chanter sans retour son (mais comment diable faisaient-ils il n’y a pas si longtemps ?)

L’œuvre proprement dite est précédée par le fox-trot de la Suite pour orchestre de jazz n°1 de Dimitri Chostakovitch, et le ballet Le Bœuf sur le toit de , sans interruption entre chaque pièce. Et en effet, l’ensemble paraît couler de source par l’inspiration et les sonorités, tout cela unifié par la formidable mise en scène de . L’action se déroule dans un cirque à l’ancienne, qui rappelle le film Freaks de Tod Browning, avec ses sœurs siamoises, son meneur de revue et ses êtres difformes. Malgré la multitude d’intervenants, l’action reste d’une lisibilité exemplaire, les références au cirque s’effaçant petit à petit pour laisser place à l’histoire imaginée par Guillaume Apollinaire. Là encore, tout est en même temps foisonnant et clair, amusant de surcroît, les situations de changement de sexe sont amenées avec légèreté et délicatesse. Ainsi, le soutien-gorge de Thérèse s’envole pendant que des suffragettes défilent avec des pancartes ; un très beau Joséphine Baker agite sa ceinture de bananes et son boa en plumes ; le chœur fait un numéro de travesti vraiment professionnel, et même les ouvreuses ont donné le ton, en arborant de superbes moustaches !

Mais malgré toutes les qualités de cette époustouflante mise en scène, les grands vainqueurs de la soirée sont l’orchestre et le chœur de l’Opéra de Lyon, absolument splendides. Rarement aura-t-on entendu de si belles sonorités et un tel sens de l’à-propos musical.

On aurait été en droit d’imaginer que la distribution vocale se situe sur les mêmes cimes. Hélas, si les petits rôles sont magnifiquement distribués, en particulier Thomas Morris, et Loïc Félix, on déchante sur le couple principal, qui sans démériter vraiment, ne navigue pas sur les mêmes hauteurs. On ne comprend pas un mot de ce que raconte , par ailleurs charmante, même si parfois légèrement stridente. est un mari sexy et vocalement élégant, mais, mal à l’aise dans une tessiture qui n’est pas la sienne, sa voix sonne étouffée, et il lui manque la plus élémentaire vis comica. Dommage !

Crédit photographique : (Thérèse) © Pierre Grosbois

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