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Néron et Poppée payent leur tournée

La Scène, Opéra, Opéras

Claudio Monteverdi (1567-1643) : L’Incoronazione di Poppea, opéra en un prologue et trois actes, sur un livret de Giovanni Francesco Busenello. Mise en scène : Christophe Rauck ; scénographie : Aurélie Thomas ; costumes : Coralie Sanvoisin ; lumières : Olivier Oudiou ; mouvements chorégraphiques : Claire Richard. Avec : Valérie Gabail, Poppea ; Maryseult Wieczorek, Nerone ; Françoise Masset, Fortuna / Ottavia ; Jean-François Lombard, Arnalta / Nutrice ; Vincent Pavesi : Seneca ; Paulin Bündgen, Ottone / Primo famigliero di Seneca ; Dorothée Liorthiois, Virtù / Drusilla ; Romain Champion, Secondo Soldato / Secondo Famigliero di Seneca / Lucano ; Hadhoum Tunc, Amore / Damigella ; Charlotte Plasse, Valletto ; Matthieu Chapuis, Primo Soldato / Liberto ; Virgile Ancely, Tresimo Famigliero di Seneca / un Littore. Les Paladins, direction et continuo : Jérôme Correas

L’Incoronazione di Poppea

Un opéra en tournée dans des villes non dotées de structures lyriques (Cergy, Lorient, Châtenay-Malabry et en l’occurrence Poitiers) on ne peut que s’en féliciter. Et regretter la rareté d’une telle entreprise.

Toutefois la petitesse des moyens ne doit pas empêcher le professionnalisme et la qualité. Si un exemple flagrant nous avait été donné l’été dernier avec Opera seria de Gassman au fin fond de la Loire-Atlantique, on ne pourra pas en dire autant de cet Incoronazione di Poppea produit par l’Arcal qui tourne sur un nombre impressionnant de dates et de lieux depuis janvier 2010.

Hésitant entre classicisme, références baroques et délire fellinien, et ses comparses offrent une vision inaboutie. Les quelques gags (Valletto et Damigella sur une Vespa, Lucano en drag-queen, …) tombent à plat, les chanteurs – qui ne sont pas tous ici bons acteurs – semblent totalement livrés à eux-mêmes. Les tentures faisant office de décor dans ce bric-à-brac ne sont pas toujours du meilleur goût non plus…

Est-ce l’effet de la fatigue d’une tournée chargée en dates ?  sonnent particulièrement faux d’un bout à l’autre de l’ouvrage, et l’ensemble manque d’entrain. La distribution ne brille guère non plus : nombreux sont les chanteurs à l’italien hésitant, à la justesse parfois approximative, au souffle court quand ce n’est pas aux vocalises savonnées.

De cette morne soirée quelques noms ressortent. Parmi les seconds rôles, notons l’instrument solide de . est une Drusilla brûlante de désir et bien en voix. excelle dans son double rôle travesti de mégère ménopausée et maîtrise à la perfection les affetti monteverdiens. est une tragédienne hors-pair, et on peut noter la bonne prestation de dans le difficile rôle de Néron. Mais la triomphatrice de la soirée reste Valérie Gabail, Amour dans la production de l’Opéra national de Paris en 2005, elle est ici une Poppée incandescente, provocante, doublant ses dons d’actrices d’une parfaite connaissance du style de Monteverdi.

Un spectacle à voir ne serait-ce que pour Poppée.

Crédit photographique : Valérie gabail (Poppea) ; (Nerone) & Valérie gabail (Poppea) © Bertolucci / ARCAL


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