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Aix et La Traviata, histoire d’un désamour

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Aix-en-Provence, théâtre de l’Archevêché. 14-VII-2011. Giuseppe Verdi (1813-1901) : La Traviata, opéra en trois actes sur un livret de Francesco Maria Piava. Mise en scène : Jean-François Sivadier ; scénographie : Alexandre de Dardel ; costumes : Virginie Gervaise ; lumières : Philippe Berthomé. Avec : Irina Lungu, Violetta Valery ; Charles Castronovo, Alfredo Germont ; Ludovic Tézier, Giorgio Germont ; Silvia de la Muela, Flora Bervoix ; Manuel Nunez Camelino, Gastone de Letorière ; Kostas Smoriginas, Barone Douphol ; Andrea Mastroni, Marchese d’Obigny ; Adelina Scarabelli, Annina ; Maurizio Lo Piccolo, Dottore Grenvil. Estonian Philharmonic chamber Choir (chef de chœur : Mikk Üleoja), London Symphony Orchestra, direction musicale : Louis Langrée

Le Festival d’Aix-en-Provence doit-il s’entêter à monter La Traviata ? Après le semi-échec de 2003, une production qui ne connut qu’une représentation, avec la mise en scène contestée de Peter Mussbach, la Violetta Valery contestée de Mireille Delunsch et la direction contestée de Yutaka Sado, force est de constater que La Traviata 2011 n’aura même pas la chance d’avoir une grève des intermittents pour faire date dans l’histoire du Festival.

Là aussi, a-t-on une distribution digne d’un grand festival ? , et , ces trois noms accolés peuvent se retrouver au Capitole de Toulouse, à l’Opéra de Marseille voire à Bastille. Le principe du festival n’est-il pas de se démarquer de la saison usuelle en présentant des productions exceptionnelles, avec le casting qui va avec ? Il y a eu un effet « buzz » avec Natalie Dessay qui n’a, rappelons le, ni les notes ni le style requis du rôle. Bref, a-t-on besoin du Festival d’Aix pour avoir une distribution qu’on peut retrouver sur n’importe quelle scène importante de l’Hexagone ?

Evidemment ce casting, fait avec des habitués des rôles, ne déçoit pas. La voix de est idéale pour Alfredo, est une Violetta qui certes manque un peu de nuances mais propose une interprétation solide, quant à , nous n’avons jamais manqué de louer son talent dans nos colonnes. Tous les seconds rôles sont excellemment tenus, en particulier le Gastone de Manuel Nunez Camelino, qui s’achemine à grands pas pour être un jour Alfredo Germont. L’ensemble du plateau est mené de main de maître par , qui livre une lecture presque éthérée de la partition de Verdi, sans tomber dans le pathos. Le LSO est comme il se doit irréprochable. Le chœur, lui, en revanche, ne l’est pas : décalages, approximations, manque de volume, … une prestation décevante.

Décevante aussi est la mise en scène de . Du théâtre certes, du bon théâtre, mais on ne met pas La Traviata en scène comme La Dame aux camélias de Dumas fils. La version lyrique en trois actes est nécessairement un concentré par rapport à l’original, il faut aller à l’essentiel, se fixer sur le drame et les jeux entre les principaux protagonistes. Le nombre incessant d’actions simultanées perturbe fortement l’œil – et par conséquent l’oreille. De bonnes idées, bien appliquées, mais tellement étrangères au genre opéra…

 

Crédit photographique : Irina Lungu (Violetta) & Charles Castronovo (Alfredo) ; Adelina Scarabelli (Annina) & Irina Lungu (Violetta) © Pascal Victor  / Artcomart

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Aix-en-Provence, théâtre de l’Archevêché. 14-VII-2011. Giuseppe Verdi (1813-1901) : La Traviata, opéra en trois actes sur un livret de Francesco Maria Piava. Mise en scène : Jean-François Sivadier ; scénographie : Alexandre de Dardel ; costumes : Virginie Gervaise ; lumières : Philippe Berthomé. Avec : Irina Lungu, Violetta Valery ; Charles Castronovo, Alfredo Germont ; Ludovic Tézier, Giorgio Germont ; Silvia de la Muela, Flora Bervoix ; Manuel Nunez Camelino, Gastone de Letorière ; Kostas Smoriginas, Barone Douphol ; Andrea Mastroni, Marchese d’Obigny ; Adelina Scarabelli, Annina ; Maurizio Lo Piccolo, Dottore Grenvil. Estonian Philharmonic chamber Choir (chef de chœur : Mikk Üleoja), London Symphony Orchestra, direction musicale : Louis Langrée

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