Mendelssohn par Accentus : de la musique de fées

Concerts, La Scène, Musique d'ensemble

Paris, Salle des concerts de la Cité de la musique. 16-III-2012. Felix Mendelssohn-Bartholdy (1809-1847) : Le songe d’une nuit d’été op. 61 ; La première nuit de Walpurgis op. 60. Mélanie Boisvert, soprano, Angélique Noldus et Sacha Hatala, altos, Maximillian Schmitt, ténor, Michael Nagy, baryton ; Accentus ; Ensemble Orchestral de Paris, direction : Laurence Equilbey

A propos de La première nuit de Walpurgis, Berlioz écrit dans ses Mémoires : « J’incline fort à regarder cette espèce d’oratorio (la Nuit du Sabbat) comme ce que Mendelssohn a produit de plus achevé jusqu’à ce jour », ajoutant plus tard en note : « Je ne connaissais pas encore, quand j’écrivis ces lignes, sa ravissante partition Le songe d’une nuit d’été. ». On ne peut que lui donner raison sur la qualité de ces deux œuvres, dont l’une est rarement donnée, et l’autre extrêmement connue, mais pas dans son entier. Complété pour des représentations de la comédie de Shakespeare au Château de Potsdam en 1843 (l’Ouverture est bien antérieure), Le songe d’une nuit d’été appartient au genre particulier de la musique de scène. Pour une exécution de concert, comme celle donnée à la Cité de la Musique, on veut bien pardonner la suppression de tous les passages de mélodrame, même si la déclamation de tirades choisies dans la pièce aurait bien mieux contextualisé les morceaux que de maigres surtitres.

Mais il est tout bonnement absurde d’avoir supprimé la petite Marche des elfes, et surtout la Marche funèbre, qui préfigure presque trait pour trait l’adaptation de Frère Jacques par Mahler dans sa première Symphonie !

La première nuit de Walpurgis (1833, révisée en 1843) met en musique une ballade de Goethe : il y est question de la nuit précédant le premier mai, célébrée dans les pays anglo-saxons comme le retour du printemps (et c’est d’ailleurs cette nuit-là, que, contrairement à ce que peut laisser croire le titre, se déroule Le songe d’une nuit d’été). Il n’est pas étonnant que cette cantate chorale ait pu séduire Berlioz, tant elle montre le savoir-faire de Mendelssohn, en premier lieu dans la transition entre la tempête de l’Ouverture et l’éveil du printemps. Tout aussi remarquables sont le sabbat « pour ire », que les inoffensifs païens simulent pour effrayer leurs persécuteurs chrétiens, et l’éloquent appel à la tolérance qui clôt la pièce.

utilise une des principales qualités de sa direction, l’énergie, pour relancer constamment un de bonne tenue, mais peu enthousiaste. Si le pupitre des violons paraît souvent pauvre de son et de phrasé, les cors réussissent leur Nocturne, comme les bois leur Scherzo.

Et puis le chœur n’est-il pas, comme toujours, excellent de couleur et de prononciation ? Les solistes sont satisfaisants, même si les dames sont un peu bousculées par la rapidité du tempo. Dans les nobles interventions du Prêtre païen, il faut admirer , qui chantera Wolfram à Bayreuth cet été.

Crédit photographique : © David Maurer

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