Jarosław Nadrzycki : espoirs déçus

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Guiseppe Tartini (1692-1770) : Sonate « Le Trille du diable » ; Henryk Wieniawski (1835-1880) : Polonaise brillante op.4 ; George Enescu (1881-1955) : Sonate n°3 op.25. Sergueï Prokofiev : Sonate n°2 op.94b. Jarosław Nadrzycki (violon), Tadashi Imai (piano). 1 CD Dux. Référence DUX 0744. Code barre 5902547007441. Enregistré à l’auditoire Adam Mickiewicz de l’Université de Poznań les 8-11 mars 2011. Notice bilingue (polonais, anglais). Durée : 70’09’’

 

Voici un disque « carte de visite » qui commence de manière peu engageante ! A l’écoute du « Trille du diable » de Tartini et de la Polonaise brillante de Wieniawski, les deux pièces qui ouvrent le programme, on éprouve la désagréable impression d’assister à un examen de fin d’année de conservatoire au cours duquel le candidat s’appliquerait à prouver au jury qu’il maîtrise les doubles cordes (Tartini) et le démanché (Wieniawski), le tout accompagné par un pianiste pompier, besogneux voire carrément « hors sujet ». n’apporte à ces deux pages que sa technique sans supplément d’âme, de musicalité ou de charisme tandis que semble bien embarrassé avec les quelques accords qui lui sont dévolus et qu’il ne parvient à placer que laborieusement…

Voilà comment s’écoulent (péniblement) les vingt premières minutes du programme avant que l’interprétation de la Sonate n°3 de George Enescu ne vienne relancer tout l’intérêt du disque. Les deux compères prennent en effet une toute autre dimension, jouant sur l’ « élasticité » du temps, trouvant un équilibre plus juste entre les parties et conférant à l’œuvre une dimension narrative intéressante (le premier mouvement surtout). Nadrzycki joue également avec une certaine habileté (et ambiguïté) sur des micro-intervalles qui évoquent la musique folklorique roumaine, source d’inspiration inépuisable pour Enescu.

Pour terminer, la Sonate n°2 de Prokofiev n’est pas sans certaines qualités mais on ne peut s’empêcher de remarquer le manque de dialogue musical qui y règne de manière générale, quelques phrasés que Nadrzycki se contente d’esquisser plutôt que de les dessiner véritablement et un piano trop favorisé par les micros. Globalement, le violoniste ne manque pas d’assurance mais d’autorité (l’Allegro con brio final étant l’exception qui confirme la règle) et de profondeur dans les graves (l’instrument n’étant pas seul en cause). La déception est d’autant plus grande que le potentiel est là. Dommage…

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