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Otto Klemperer enregistré par la RIAS Berlin dans les années 50

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Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Concerto pour piano n°3 en ut mineur op.37 (2); Egmont, ouverture op.84 (4); Symphonie n°2 en ré majeur op.36 (4); Symphonie n° 3 en mi bémol majeur « Héroïque » op.55 (4); Symphonie n°6 en fa majeur op.68 (2).Paul Hindemith (1685-1759) : Nobilissima Visione (2). Gustav Mahler (1860-1911) : Symphonie n°4 en sol majeur (3). Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Don Giovanni, ouverture (1); Sérénade n°6 « Notturna » en ré majeur K.239 (1); Symphonie n°25 sol mineur K.183 (1); Symphonie n°29 en la majeur K.201 (1); Symphonie n°38 en ré majeur K.504 « Prague » (1). Hans-Erich Riebensahm, piano. Elfriede Trötschel, soprano. RIAS Symphonie Orchester (1-3), Rundfunk-Sinfonieorchester Berlin (4) : Otto Klemperer. 5 CD Audite 21.408, code barre 4022143214089. Enregistrés par la RIAS Berlin à Berlin entre le 19 et 23 décembre 1950 (1), le 15 février 1954 (2), le 12 décembre 1956 (3), le 29 mars 1958 (4). Notice bilingue (allemand, anglais). Durée : 5h29’21’’

 

Après Furtwängler, Knappertsbusch, Celibidache, c’est au tour d’ d’avoir droit à son coffret noir orné de sa signature reproduite en lettre dorée, de la part d’Audite, qui continue ainsi la publication des archives de la RIAS Berlin. Nos sommes là entre décembre 1950 et mars 1958, pour un répertoire centré sur Beethoven et Mozart, auquel s’ajoute la Symphonie n°4 de Mahler et Nobilissima Visione de Hindemith.

On l’a déjà remarqué plus d’une fois, les enregistrements « live » d’, comme ceux de Furtwängler d’ailleurs, diffèrent légèrement de leurs homologues de studio par une urgence et une animation supplémentaire, faisant que ces publications respectives ne se doublonnent pas mais se complètent, même lorsqu’elles proviennent de dates assez proches, comme c’est le cas ici. Comme d’habitude avec Audite la qualité de reproduction est optimum, et si nous classerons un peu en retrait le Mahler qui manque de dynamique, le reste des concerts reproduits ici sonne avec une remarquable plénitude, avec des basses très présentes, style classique des orchestres et chefs allemands de l’époque, qui donnent une puissante assise au discours musical. Même si on a pu reprocher au Klemperer des ultimes enregistrements studio des années 60 un certain hiératisme granitique frisant la lourdeur et le statisme par des choix de tempo parfois trop retenu, il a toujours su maintenir une tension jamais relâchée et une ligne musicale toujours claire. Et on entend parfaitement cela dans ces disques Audite au sommet desquels nous placerons sans doute une Héroïque de tout premier plan, car justement jamais statique ou lourde, avançant en permanence, se développant avec une grandeur exemplaire. Comparé à l’enregistrement de studio de l’année suivante, non exempt d’un certain statisme et de quelques minutes de plus, on recommandera sans hésiter ce live, typique de ce surplus de flamme qui animait le chef en concert. Presque au même niveau nous mettrons une surprenante Symphonie n°2, jouée ici dans l’optique XIXème siècle classique de ces années, mais sans la pesanteur qu’on associe aujourd’hui bien souvent à ce style, à tort comme on peut le constater ici. Et s’il n’y avait un pianiste assez banal, qui plus est moins flatté par la prise de son que l’orchestre, nous aurions eu, dans le même style interprétatif, un exemplaire Concerto pour piano n°3. On sera moins emballé par la Pastorale, plus alerte qu’en studio en 57, mais dont le tempo médian choisi pour les deux premiers mouvements la rend banale, et on commence à sentir un déficit de nuances dans les répétitions des cellules musicales qui caractérisent ces mouvements, mécanisant le discours là où plus de souplesse y aurait introduit de la poésie. Par contre l’Orage impressionne et le final détend parfaitement l’atmosphère.

Les Mozart réunis ici, provenant de sessions de studio et non de live, sont inégaux. Si l’ouverture de Don Giovanni emporte tout sur son passage, la Serenata Notturna pâtit de solistes manquant de séduction. La Symphonie n°25 est brillante et alerte, la Symphonie n°29 prend peut-être un peu trop son temps dans les mouvements extrêmes, alors que la Prague d’une rare intensité est déjà presque beethovénienne. Enfin le dernier CD est consacré aux contemporains du chef, Mahler et Hindemith. On restera réservé sur la quatrième de Mahler au son un peu trop comprimé et qui du coup ne réussit pas à prendre son envol. Par contre le ballet Nobilissima Visione trouve là une version des plus recommandables.

L’orchestre est celui du , renommé en 1956 RSO Berlin, et qui aujourd’hui s’appelle le . Si certains de ses solistes ne peuvent rivaliser avec ceux du Philharmonia avec qui Klemperer enregistra en studio tout le répertoire contenu dans cet album, la qualité d’ensemble du quatuor, la force de persuasion des violoncelles et contrebasses, la vigueur et l’énergie dont fait preuve l’orchestre suffisent à rendre ces témoignages recommandables à côté des « officiels » Philharmonia-EMI.

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Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Concerto pour piano n°3 en ut mineur op.37 (2); Egmont, ouverture op.84 (4); Symphonie n°2 en ré majeur op.36 (4); Symphonie n° 3 en mi bémol majeur « Héroïque » op.55 (4); Symphonie n°6 en fa majeur op.68 (2).Paul Hindemith (1685-1759) : Nobilissima Visione (2). Gustav Mahler (1860-1911) : Symphonie n°4 en sol majeur (3). Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Don Giovanni, ouverture (1); Sérénade n°6 « Notturna » en ré majeur K.239 (1); Symphonie n°25 sol mineur K.183 (1); Symphonie n°29 en la majeur K.201 (1); Symphonie n°38 en ré majeur K.504 « Prague » (1). Hans-Erich Riebensahm, piano. Elfriede Trötschel, soprano. RIAS Symphonie Orchester (1-3), Rundfunk-Sinfonieorchester Berlin (4) : Otto Klemperer. 5 CD Audite 21.408, code barre 4022143214089. Enregistrés par la RIAS Berlin à Berlin entre le 19 et 23 décembre 1950 (1), le 15 février 1954 (2), le 12 décembre 1956 (3), le 29 mars 1958 (4). Notice bilingue (allemand, anglais). Durée : 5h29’21’’

 
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