Timides tentatives chorégraphiques des danseurs de l’Opéra

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Amphithéâtre de l’Opéra Bastille. 28/II/13. Ballet de l’Opéra national de Paris : Danseurs Chorégraphes. Chorégraphies : Samuel Murez, Maxime Thomas, Grégory Gaillard, Allister Madin, Julien Meyzindi, Alexandre Carniato avec Morgane Dragon, Simon Valastro. Avec les danseurs du Ballet de l’Opéra national de Paris.

Le Ballet de l’Opéra de Paris permet de temps en temps à ses danseurs de s’essayer à la chorégraphie. Résultat, des pièces courtes, souvent anecdotiques, qui apportent une respiration aux interprètes surmenés de la compagnie, mais témoignent, pour la plupart, de leur absence d’inspiration.

Une fois éveillé du « Premier cauchemar » de , qui donne l’occasion à tous les danseurs de la soirée de se produire en hommes et femmes d’affaires, place au « Deux à deux » de , un pas de deux avec , une très jolie danseuse. Fluide, élégant, épuré, ce duo est une réussite qui passe très vite !

Le solo de pour , intitulé « En attendant l’année dernière » est moins intéressant et déjà daté. Quelques belles idées scénographiques et chorégraphiques (les éventails japonais, la corde, le travail de lumières) ensuite dans « Kaléidoscope » d’, dont l’esthétique ne convainct cependant pas tout à fait.

Après l’entracte, l’alarme incendie du « Smoke alarm » de se déclenche. Malgré deux beaux interprètes ( et ) et une belle sincérité, le duo peine à capter l’air du temps, le choix des musiques en étant pour beaucoup responsable. Le travail plus original d’Alexandre Carniato illustre l’univers exotique du Douanier Rousseau dans « Le Songe du Douanier. » Les quatre interprètes sont tour à tour oiseaux de paradis, singes et autres animaux stylisés. Un univers riche, annulé par le second tableau plus prosaïque, que l’on retrouve avec joie dans le troisième tableau, d’une belle ampleur. Une pièce qui affiche une certaine ambition et la maîtrise de l’espace scénique.

Pour terminer la soirée, on salue l’audacieux choix de pour un ballet en costumes, fortement influencé par Mats Ek (il n’est d’ailleurs pas le seul !) : « Stratégie de l’Hippocampe ». est génial en enfant turbulent au costume marin, la petite fille est fortement inspirée de la pantomime de Coppélia. La pièce affiche une forte théâtralité, des personnages intenses, reste maintenant pour le chorégraphe à affiner son propos.

Si les deux dernières pièces présentées sauvent la soirée, on est surpris par le manque global d’inspiration des danseurs chorégraphes du Ballet de l’Opéra de Paris. Comment expliquer que des danseurs imprégnés de répertoire, qui répètent avec les plus grands chorégraphes de notre temps, n’apportent pas des propositions plus fortes, un concept ou une écriture chorégraphique vraiment personnels ? Une question d’ouverture d’esprit, de culture générale peut-être ou tout simplement de temps pour lire, aller au cinéma ou au spectacle, voir des expositions ou poursuivre des études supérieures. Une lacune à compenser dès l’école de danse, sous peine de former des générations d’interprètes mais aucun chorégraphe français de technique classique.

Crédit photographique : © Francette Levieux / Opéra national de Paris

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