Happy Birthday Sir Gardiner

La Scène, Opéra, Opéras

Paris, Salle Pleyel. 24-IV-2013. Igor Stravinsky (1882-1971) : Apollon Musagète ; Oedipus-Rex. Fanny Ardant, récitante ; Stuart Skelton, Oedipus ; Jennifer Johnston, Jocasta ; Gidon Saks, Creo ; David Shipley, Tiresias ; Jonathan Sells, Nuntio ; Benedict Quirke, Pastor. The Monteverdi Choir, London Symphony Orchestra, direction : Sir John Eliot Gardiner

john_eliot-gardiner-362x361Curieuse oeuvre pour fêter un anniversaire. Oedipus-Rex, opéra-oratorio de Stravinsky sur un livret de Cocteau traduit en latin par l’abbé Danielou (celui-là qui mourut, une fois devenu cardinal, d’épectase chez une prostituée), était un « cadeau très macabre » selon Diaghilev pour fêter les 20 ans des Ballets Russes. C’est par cette oeuvre que fait sa tournée des 70 ans avec le LSO, avec en préambule Apollon Musagète.

L’Antiquité n’a jamais porté chance à Stravinsky. Orphée, Agon ou Apollon Musagète ne figurent pas parmi les chefs d’oeuvres de sa période néoclassique, Perséphone souffre encore d’un manque de reconnaissance. Seul Oedipus-Rex se maintient encore au répertoire. Pour le ballet Apollon Musagète en forme d’ouverture, sorte d’hommage à la suite de danse française du XVIIe siècle, opte pour des tempos lents. Ce Stravinsky là clame son néoclassicisme, avec une articulation très souple, le refus de tout à-coups rythmiques et surtout la rondeur sonore des cordes du LSO. Mais malgré tant d’efforts, ni Gardiner ni ses musiciens ne peuvent sauver cette partition assez anecdotique.

Autre paire de manches pour Oedipus-Rex. Passons sur l’effet pseudo-glamour d’une en récitante / choryphée, teinture blonde fraîche, ceinte d’un ensemble en cuir noir, partition -en l’occurrence inutile -rouge à la main, qui débite le texte  à toute vitesse, le rendant incompréhensible. fait son possible dans l’impossible rôle-titre, qui demande une agilité mozartienne alliée à une puissance wagnérienne. Malgré une prestation de bonne tenue, la fatigue vocale se fait sentir à la fin de l’oeuvre. dramatise un peu trop son air de Jocaste, dans une oeuvre qui justement refuse tout effet théâtral. Le reste de la distribution, dont l’excellent , est de haute volée. Le , situé sur l’avant-scène, est égal à lui-même, c’est à dire excellent. Enfin le LSO, en dépit de quelques décalages, excelle dans cette partition qui, sous la direction de Gardiner est prise à une pulsation inhabituellement rapide. Le chef tente de donner une vie dramatique à une oeuvre qui s’y refuse obstinément. Les lectures de Sir John Eliot, toujours très intelligentes, sont parfois surprenantes. Quoi qu’il en soit, joyeux anniversaire maestro!

Sir John Eliot Gardiner © Sheila Rock

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