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Gustav Fröding, un poète maudit source d’inspiration musicale

Artistes, Auteurs, Portraits

Les poésies de Gustav Fröding, maître des mots et des atmosphères, individu particulièrement malmené par le destin, n’ont pas manqué de retenir l’attention et les musiques d’excellents compositeurs nordiques. Nous fournissons quelques pistes pour partir à la découverte de cet univers riche et profond qui mérite une audience qui dépasse les seules frontières de l’Europe du Nord.

Gustav Fröding, poète chantant et vivant la décadence fin de siècle, ironique souvent, démotivé presque toujours, poète idyllique autant que source d’une poésie musicale… La mélancolie et la musicalité le caractérisent souvent, de même que la dualité opposant la laideur réelle ou supposée et la joie d’amour éphémère et insaisissable. Il médite sur le mal et la destinée, et affiche tantôt sa résignation, sa culpabilité, ses émotions, ses angoisses tempérées par son humour, ses parodies, sa naïveté.

 

(1860-1911)

« Retranche de moi, ô mon Dieu, cette branche desséchée
Qui jamais plus ne portera de fleurs, ni de fruits… »

Les poètes de tous les temps et de tous les horizons ont toujours inspiré les musiciens. Impressionnés par ces mots appliqués en solitaire sur le papier, confidents silencieux et pas toujours bienveillants, ces derniers couchèrent sur des portées en attente, les sentiments, impressions et climats que leur dictait le monde des mots.
L’univers nordique a accouché d’un nombre considérable d’écrivains et de poètes inventeurs de mondes des plus variés que le barrage de la langue a souvent confiné dans une solide confidentialité septentrionale.
Dans cette brève présentation nous voudrions évoquer un poète suédois, largement considéré comme « maudit » mais suffisamment puissant pour créer une sphère littéraire et musicale inspiratrice : Gustav Fröding. Les lecteurs scandinaves y ont perçu les ingrédients capables de lui accorder une immortalité littéraire, tandis que plusieurs musiciens à l’imagination plus que considérable y ont puisé les ferments à leur inspiration musicale.

Avant d’aborder cette stimulante relation mots-notes, il convient de présenter en quelques lignes ce que fut l’existence de ce poète suédois, inconnu de notre Petit Larousse illustré 2013, né à Alster en 1860 et mort à Stockholm en 1911.

Dans la province suédoise du Värmland naît le 22 août 1860, Gustav Fröding, dans une famille presque ruinée où en dépit d’un intérêt pour la musique règne manifestement un climat pour le moins morose. Le père marqué par un tempérament profondément triste ainsi que par une maladie pulmonaire (probablement une tuberculose, véritable fléau ubiquitaire et incurable) ne trouve guère de réconfort auprès d’une femme elle-même touchée par une maladie mentale de type neurasthénique l’obligeant à recevoir des soins dans un établissement spécialisé.

Le petit Gustav vit ses premières années dans cette atmosphère peu enthousiasmante amplement aggravée par la disparition précoce de son géniteur et par une scolarité pour le moins chaotique reliée à des dettes amoncelées par ce dernier, dettes qu’il était bien sûr incapable de rembourser.

Il poursuit malgré tout ses études à l’Université d’Uppsala où il découvre avec passion les œuvres de Burns, Shelley et Byron. Ses angoisses le poussent à se réfugier dans l’alcool.

La suite de son parcours est marquée par un engagement dans le monde des mots : il devient journaliste et poète. Allait-il connaître enfin une destinée plus apaisée et favorable ? Pas vraiment, puisqu’il développe une maladie schizophrénique marquée par la survenue de douloureuses crises.

En 1885, le jeune homme publie ses premières poésies dans le Karlstaddstidnigen (Le Journal de Karlstadt), nouvellement fondé, dont il deviendra plus tard un des rédacteurs (entre 1887 et 1894, avec d’inévitables et longues interruptions).

Au cours de l’hiver 1889-1890 il séjourne en Allemagne où il découvre Heine qui inspirera certains de ses textes parodiques en allemand. Il y entreprend la rédaction de son premier recueil de poésies Guitare et Orgue de Barbarie (Guitarr och dragharmonika) qui connaît une réelle popularité.

Son état de santé déjà précaire se voit aggravé par un alcoolisme profond rendant problématiques ses relations aux autres et aboutissant à une interruption de sa carrière de journaliste.

De manière beaucoup trop idyllique et lisse, Maury résume ainsi son parcours : « Sa vie fut humble et modeste : fils d’un père musicien et d’une mère poétesse. Il fut un écolier nonchalant, un étudiant distrait, un journaliste peu zélé. »

Lorsque son état mental se détériore très sensiblement il est interné (entre 1898 et 1905, mais également avant, par intermittence) dans plusieurs cliniques et hôpitaux psychiatriques tant à Uppsala que dans d’autres villes du pays. Durant cette période il n’écrit rien. Sa sœur Cécilia veille sur lui avec bienveillance et dévouement.

Il combine un terrible alcoolisme, une tuberculose rampante, des accès névrotiques peu ou pas contrôlables.

La déchéance de son être ne lui échappe point. Il en souffre. Son comportement est marqué de faux-pas, d’excès, d’hallucinations, de plaintes, de déviances sexuelles…

Suivent quelques périodes d’amélioration transitoire où il écrit toujours avec une grande maîtrise.

« Je bois à la jeunesse, à ce qui n’est plus !
Encore une goutte !
Si je continue, j’en perdrai la raison. »
(extrait de Wennerbom le poète).

L’espoir du bonheur resurgit ici ou là avec une sincère et émouvante candeur comme dans son poème intitulé : Jeunesse.

« Je voudrais que toute la terre et tout le ciel comme la jeune fille soit près de mon cœur. »

Et encore dans Vackert väder (Un beau temps), il laisse éclater sa joie, vécue ou feinte :

« C’est tout de même bon de vivre
Quelle rayonnante, merveilleuse,
Indescriptible belle journée. »

On constate des échos d’optimisme dans Bruit des pâturages (Vallarelat) :

« Entends-tu les sonnailles, entends-tu comme leur chant
Erre et passe et s’égare dans les pâtures ?
Les vaches mugissent et pressent leur marche,
De leur train paisible, elles suivent la petite fille qui chantonne. »

Le poète suédois Verner von Heidenstam invite Fröding et sa sœur Cecilia à son mariage sur l’île Blå Jungfrun au cours de l’été 1896 où ils passent du temps ensemble. C’est à cette époque que Heidenstam et ses amis conseillent à Fröding de ne pas retirer son poème faisant mention du rapport sexuel : « Un rêve matinal » (En morgondröm), lequel provoquera une polémique lors de sa parution et la mise en examen de l’auteur. Au-delà, le talent de Fröding est souligné par les commentateurs.

Le « poète maudit » s’éteint à Stockholm le 8 février 1860 à l’âge de 51 ans.

« Lorsque la Suède prit le deuil de Gustaf Fröding, écrit Lucien Maury à la fin des années 1920, en Europe, en Amérique, partout où retentit la langue suédoise, la douloureuse nouvelle fut accueillie avec une émotion profonde. »

Seuls ou presque, Nathan Söderblom et Heidenstam l’accompagnent dans sa dernière demeure à Stockholm. Ce dernier, que le défunt vénérait, dans son poème Cortège funèbre de Gustav Fröding s’épanche :

« Quelle grandeur dans une vie humaine !
Un rêve, une légende et un fleuve écumant,
Des vagues, des flammes et le chœur des orages :
Mais l’homme lui-même n’est qu’un frêle fétu. »

« Tout meurt sur terre, tout meurt.
L’homme est son propre créateur. »

Lors des funérailles, le 12 février 1911, à l’église Klara de Stockholm, la fameuse chorale Orphei Drängar interprète un poème de Heidenstam mis en musique par , un des compositeurs les plus importants de Suède.

« Ils s’en vont,
Ils avancent en silence
L’un après l’autre au royaume des ombres. »

Parmi les recueils de poésies qui ont installé sa renommée il convient de citer : Guitare et Accordéon (1891), dont le titre met en proximité et en opposition les aspects raffinés (et nobles) et populaire (et humour) d’une personnalité profondément blessée à la sensibilité cabossée.

Seul dans un lieu de deuil

« Seul dans un lieu de deuil
Boire, je veux boire le mjöd
Qui apporte le sommeil

Car tout, tout me fut torture !
… »

Nouvelles Poésies (Nya dikter, 1894) connaît aussi un authentique succès avec ses thèmes de prédilection (préoccupations morales, interrogations sur les contradictions de l’homme et de son existence sociale) abordés avec davantage encore de précision et de concision.

Fröding demeure un isolé et un solitaire dans la sphère littéraire nationale. Seul Heidenstam reconnaîtra sa grande valeur, les autres le dénigrèrent ou pire l’ignor_8rent.

Suivent en 1896, Bribes et Eclaboussures [ou Eclaboussures et Loques /Eclats et Lambeaux/ en suédois, Stänk och flikar] dont l’érotisme de certaines pages lui valent d’être poursuivi en justice mais sans aboutir à une condamnation.

Il compose encore Historiettes et Anecdotes (Räggler och pas chaser/ Historietter), entre 1895 et 1897, poésies du Värmland, d’inspiration populaire.

Plus tard, en 1897, il écrit Neuf et Vieux (Nytt och gamalt/ Le Nouveau et l’Ancien), Gouttelettes du Graal (Gralstänk/Eclats du Graal), 1898. Son style est maintenant beaucoup plus nu, dépouillé. La reconstruction du Graal accomplira la rédemption du mal, résume clairement J.C. Lambert, qui perçoit cette volonté de réconciliation des contraires.

Reconvalescentia (1809) concrétise le recouvrement partiel de ses facultés après de longues périodes de souffrances.

Glanure (Efterskörd) paraît en 1910. Il s’agit de reprises et révisions de textes précédents ainsi que d’articles de critique littéraire réputés comme percutants.

Gustav Fröding est considéré comme l’un des plus notables poètes suédois de son temps. Son écriture, son esthétique, son monde intérieur demeurent relativement sourds ou indifférents tant au romantisme dominant qu’au symbolisme naissant. Si certains qualifient sa manière comme résultant d’un certain éclectisme, on constate chez lui une réelle liberté de ton et de pensée. « Nul artiste ne fut plus délicieux aux âmes suédoises », précise Maury, qui ajoute justement : « sa poésie était un enchantement ».

Une part non négligeable de son inspiration est redevable de sa province natale, le Värmland, d’où il tire une authentique musicalité littéraire.

On s’accorde pour avancer que Fröding ouvre la voie au modernisme suédois. Il fut condamné pour atteinte aux bonnes mœurs pour son ouvrage de 1896 Bribes et Eclaboussures où il présente le monde des humains simple et finement perçu, d’une très belle écriture. Les poèmes qui suivent portent l’expression d’une profonde angoisse métaphysique.

Bien des influences ont contribué à façonner en partie sa pensée. Les exégètes ont mentionné les penseurs ou écrivains suivants : Heinrich Heine, Atterbom, Shelley, Keats, Levertin, Swinburne, Tolstoï et encore Baudelaire, Verlaine, sans oublier Nietzsche et l’occultisme.

Tous ces apports et toutes ses réflexions alimentent une quête angoissante et douloureuse, une quête d’harmonie idéale et bien sûr inatteignable.

Il livre en partie sa structure mentale dans ce poème confession appartenant à Guitare et accordéon :

« J’ai deux voisins en ma demeure
l’un est sentimental
Je l’entends déclamer tout haut
Sur la peine et la douleur de vivre.

Il est parfois amer et ténébreux
Etrange, et mélancolique,
Parfois élégiaque, enthousiaste,
Il chante avec sa guitare.

L’autre est enjoué et amusant
Et paysan, grossier, burlesque.
Pour lui le chagrin, les ennuis
Ne sont qu’hypocrisie, flagornerie.

Il ne se plaint de rien, il rit
A la vie le plus simplement
Et siffle et chante et joue –
Il joue de l’accordéon.

On se fatigue à écouter !
Pourtant je me suis habitué ;
L’un ressemble à mon présent
Et l’autre à mon passé. »

Et à ceux qui pouvaient lui demander pourquoi il écrivait de la sorte il répondit, notamment par le biais de son poème Théorie de l’art inspiré par le Donna Bianca d’Almqvist : « Il me plait de peindre ainsi ».

L’univers littéraire de Gustav Fröding ne pouvait qu’impressionner ceux qui accédaient à sa production essentiellement publiée en langue suédoise (et plus tard parfois dans certaines traductions). La structure intrinsèque de son écriture en adéquation avec la langue suédoise et l’absence ou la difficulté de traduction marginalisent de manière pérenne sa diffusion. Issu du petit peuple, il n’en dépasse guère l’univers et ne gagne que trop rarement d’autres rivages, européens par exemple. Le monde du quotidien laborieux, besogneux, pauvre et circonscrit à son horizon étroit inspire magnifiquement ses textes qui ne sauraient négliger la simple chaleur humaine abordée à vue certes mais authentique et bardée de tous les caractères d’un frêle et instable équilibre. On y rencontre cet humour un peu rude, propre au terroir, à l’absence d’horizons autres que chimériques, au désespoir chronique, à l’importance des anecdotes, banalement quotidiennes le plus souvent, mais totalement envahissantes, dont il parvient à s’échapper à l’occasion par l’exercice de sublimes parodies propres à museler un temps la méchanceté de ce monde. Une échappatoire salutaire et inspirante pour beaucoup et dans le même temps, ou presque, situation pathétique de l’individu emprisonné par son destin auquel il ne peut échapper que quelques instants… façonné par l’imagination et l’art. Et quelque part, masquée là-bas, une croyance, presque déraisonnable et contredite par la réalité concrète de l’existence, en la bonté et la beauté fondamentales.

La simplicité apparente de son verbe démasque et enchante les scènes paysannes les plus banales, celles de tous les jours, en les élevant à un niveau philosophique comme le montrent ses Airs du Värmland (Värmländska låtar).

« Il y a quelques chose de beau dans un pou, et dans une feuille verte derrière une maison cachée »

Et encore dans Cantique des cantiques :

« Dites-moi, filles du Värmland,

Avez-vous vu ma bien-aimée
Avez-vous ma jeune rose
A-t-elle passé par ici ?
Quand elle marche on dirait qu’elle danse
..

Et sa voix n’est que musique,
Mélodie joyeuse par la montagne !
… »

Fröding excelle à dépeindre des scènes à la fois provinciales et universelles, comme par exemples ce portrait réaliste d’un paysan (Noter prévôt), la relation incisive des disputes paysannes (Jan Ersa et Per Persa), le choix du bon mari pour une jeune courtisée (Choix pénible), le Bal, le Poète Wennerbom, d’autres portraits bacchiques, légendes… Il aborde aussi le thème de la solitude (Un étranger et Au lit du malade), de la brièveté de la joie (Lifsglädjen), de la petitesse face au destin (Världens gång)… Toutes marquées par un sens réaliste des choses de la vie.

Il aurait fallu des étoiles

« Il aurait fallu des étoiles pour parer ton front
comme d’un diadème,
ta chevelure en eût été illuminée
….

A ton front rayonnaient la tristesse et la musique
mais glacée, mais trahie
par les sons, ta chanson restait sur tes lèvres.

Tu étais pour moi une Inspiratrice
qui ose à peine murmurer,
faible parmi les forts, trop frêle pour les mâles à la poitrine large.

et dans mon souvenir tu demeures
légende, étoile et poésie. »

Et somme toute, cette poésie s’efforce de conjurer, plutôt de colmater bien imparfaitement, le sort défavorable réservé aux mal-nés et d’amener l’auteur et ses lecteurs « vers des choses plus nobles que l’affliction sur sa misère. »

N’empêche qu’il chanta aussi dans Petite Ynga :

« Je suis solitaire au chemin de la vie
Et mon âme est si seule en sa mélancolie !
Chante-moi ta chanson ; chante-moi ton doux air,
Qui sonne si gaiement dans mon palais désert !

L’or et l’argent de mon château, c’est ma tendresse,
L’or et l’argent de mon château, c’est la moitié de ma tristesse.
As-tu peur de la tristesse, petite Ynga, ma mie ? »

La poésie de Gustav Fröding impressionna des compositeurs suédois de premier plan comme (1867-1942), Emil Sjögren (1853-1918), (1871-1927)… mais aussi des finlandais suédophones comme (1865-1957).

Ce dernier, , vivait les affres de la solitude, de la douleur de l’interrogation métaphysique, de la lutte pour la création. Son monde personnel oscillait entre les plus hautes cimes de l’agitation psychologique et artistique d’une part, mais encore très près d’une mouvance prosaïque à la recherche de l’étourdissement, de l’oubli, de l’excès. Ces allers et retours incessants relevaient du domaine de la poésie authentique, vertigineuse, toujours provisoire, capable d’abriter en son sein le pire et le meilleur selon le positionnement (provisoire) adopté.

Au cours de l’automne 1900, Jean Sibelius alors âgé de 35 ans et déjà fort connu et apprécié, en Finlande surtout, mit en musique un poème de Gustav Fröding intitulé Säv, säv, susa (Murmurez, roseaux, murmurez). La création sera assurée par la soprano Adée Leander-Lodin accompagnée au piano par son mari Karl Flodin. En résumé, voici ce que dit le poème : le destin tragique d’Ingalill. Des gens d’Östanålid, jaloux de ses richesses et de son amour, la poussent au suicide. Thème dont s’empare avec une intense compréhension Jean Sibelius qui signe là une de ses plus belles chansons.

« Murmurez, roseaux, murmurez
Battez, vagues, battez !
Me diriez-vous où la jeune Ingalill
S’en est allée ?
Elle a crié comme un canard blessé
Lorsqu’elle s’est noyée dans le lac.
Le printemps était alors à son comble.

On l’enviait à Östanålid
Elle en était très affectée
On enviait ses biens
On enviait son jeune amour.
On a profané son trésor,
On a souillé son lit de fleurs.

Alors lamentez-vous
Tristes vaguelettes,
Murmurez, roseaux, murmurez,
Battez, vagues, battez ! »

avait établi sa réputation comme critique musical redoutable et redouté n’hésitant pas à encenser ou descendre en flèche les œuvres qu’il entendait au concert ou analysait sur partition. Ses partis-pris violents lui avaient valu une forte renommée. Par ailleurs, il était musicien aux grandes ambitions. L’écoute des musiques enregistrées indique et confirme ses qualités incontestables de compositeur. Né en 1867 (il mourra quelques 75 ans plus tard, en 1942 pour être précis), il avait deux ans de moins que Sibelius que bien souvent il n’épargna pas et sept ans de moins de Fröding. Comme la quasi-totalité de ses collègues il mit en musique un grand nombre de poèmes incluant ceux provenant de la plume de ses compatriotes.

Titania

« Un accord, tu dirais de petits violons,
Passe en un murmure à travers les bouleaux et les coudriers.
La lune brille sur les prairies,
Mais le bois est plein des ombres de minuit. »

Mais à notre avis c’est probablement le trop méconnu qui réussit à se rapprocher le plus finement de l’esprit des poèmes de Gustav Fröding. Lecteur infatigable il fut très fortement influencé par ses sources littéraires, notamment des écrivains contemporains parmi lesquels August Strindberg exerça une forte influence sur son art. Rangström, né en 1884 (et décédé en 1947), avait 25 ans de moins que Fröding, il travailla aussi comme chef d’orchestre et critique musical pour divers journaux de Stockholm. Sa rencontre avec les Poèmes du roi Erik a généré une intense symbiose aboutissant à une œuvre d’une rare intensité (1918). On a dit qu’il s’agissait de chansons sur un roi fou sur des mots d’un poète fou. Sa passion littéraire aboutit à l’élaboration d’environ 300 romances.8

De sa rencontre avec Fröding, il a encore mis en musique en un jour, le 8 avril 1917, deux autres poèmes : Her Lager och Skön fager et Ett Helicons blomster.

Chant adressé à Karin depuis la prison (En visa till Karin ur fängelset) quatrième des Chants du Roi Erik :

« Anéanti est mon royaume, en pièces ma couronne,
dans les ténèbres de la prison je rachèterai mes fautes.

Souvent par ma faute tu as pleuré des larmes amères,
ne me juge pas, pardonne-moi pour ce que j’ai détruit.»

Après la mort de Fröding, un des plus notables compositeurs suédois de l’époque, , bien connu pour sa Rhapsodie suédoise n° 2, « Les Feux de la Saint-Jean », composa Funérailles de Gustav Fröding pour voix d’hommes et piano (op. 29, 1911) sur un texte du poète contemporain Verner von Heidenstam (1859-1940) qui appréciait plus que d’autres ce poète si singulier (op. 29, 1911).

« Poète, par les portes de la nuit,
Va rejoindre comme un roi la foule des ombres !
Impérissable
Le clair son de ta lyre pour nous
Demeure. »

Gustav Fröding : Poète chantant et vivant la décadence fin de siècle, ironique souvent, démotivé presque toujours, poète idyllique autant que source d’une poésie musicale… La mélancolie et la musicalité le caractérisent souvent, de même que la dualité opposant la laideur réelle ou supposée et la joie d’amour éphémère et insaisissable. Il médite sur le mal et la destinée, et affiche tantôt sa résignation, sa culpabilité, ses émotions, ses angoisses tempérées par son humour, ses parodies, sa naïveté.

 

Annexe I. Pour découvrir d’autres mises en musique.

Chaque compositeur armé de sa psychologie supportée par une esthétique propre a illustré ces poèmes de Gustaf Fröding à sa manière. Il est remarquable de constater combien un même texte a su inspirer différemment ces créateurs qui dans leur grande majorité ont fait montre à la fois de respect pour le littérateur et d’attention dans leur accompagnement musical.

■■ Hugo Alfvén (1860-1911). Hugo Alfvén a dominé en grande partie la vie musicale suédoise de son temps. Il est l’auteur d’une Rhapsodie suédoise n° 2 dite « Les Feux de la Saint-Jean » dont les thèmes sont connus de tous même si non corrélés à son auteur. Par ailleurs, son orchestre s’avère brillant, clair, mélodique comme le prouvent ses quatre premières symphonies, autres pièces pour orchestre (musiques de ballet, musique de scène pour Gustav II Adolf, la suite orchestrale Le Fils prodigue…), ses mélodies, ses partitions chorales…

En 1904, pour un chœur d’hommes a cappella, op. 48, il s’appuie sur les phrases de Harrgårstösa i äppelapla (La Fille de la campagne dans un pommier).

Il compose Aux funérailles de Gustaf Fröding (Gustaf Frödings jordafärd) pour chœur d’hommes et piano, op. 71, en 1911, sur un texte de Verner von Heidenstam.

■■ Eyvind Alnæs (1872-1932), norvégien, organiste et compositeur (deux symphonies, Concerto pour piano, Marche symphonique pour 2 pianos, des chœurs, des mélodies…), il retient le texte de En liten låt om vårn pour l’une de ses chansons pour voix soliste et piano, op. 38 n° 2 et celui de Skogsrån, op. 38 n° 4. Son maniement de la voix le distingue du reste de sa production placée sous l’esthétique générale postromantique avec une ornementation harmonique complexe. Il laisse une centaine de chansons, de nombreuses œuvres chorales, des arrangements de chorals populaires.

■■ Conrad Baden (1908-1989). Ce norvégien est devenu organiste, critique musical et compositeur après ses études suivies dans sa ville natale de Drammen. Comme tant de scandinaves il parfait sa formation au Conservatoire de Leipzig au cours des années 1931-1932 mais aussi à Paris avec Arthur Honegger et Jean Rivier en 1951-1952. Il enseigne au Conservatoire de Drammen. Sa musique passe du néoromantisme à une écriture plus avancée. De sa fréquentation avec la poésie de Fröding il met en musique : En vintervisa, pour baryton et piano, op. 96 n° 1 et En vårfästmö, pour baryton et piano, op. 96 n° 2.

■■ Bror Beckman (1866-1922). Musicien suédois, son nom survit à grand peine dans les dictionnaires un peu spécialisés et a déserté les textes généralistes. Il reste bien problématique de se faire une idée de sa musique. l’apprécia fortement et le fréquenta physiquement et par courrier. Il met ses notes sur les poèmes suivants : Ingalill, op. 2 et Ingalill och andra sånger, n° 1, pour voix et piano, 1893. Le recueil se compose par ailleurs de cinq autres chansons sur des paroles de Bernt Lie, Helge Rode, Nils Collett Vogt et deux textes populaires. Et encore, Säf, säf, susa, op. 18 n° 3, 1910 (recueil intitulé Sex sånger/ Six chansons), pour voix et piano.

■■ Gottfrid Berg (1889-1970). Né à Stockholm, il y étudie la composition avec Ernst Ellberg et Andreas Hallén, devient organiste et professeur de musique. Il compose de nombreux chœurs appréciés, des pièces pour orgue que d’aucun trouve austères, marque de sa réaction contre le romantisme. Son utilisation des mots de Så jag målar, Donna Bianca dans le cadre de ses compositions pour des chœurs séculaires a reçu des éloges.

■■ Natanael Berg (1879-1957). Créateur suédois trop méconnu et pourtant intéressant à bien des égards. Il était un contemporain et un proche de Kurt Atterberg, , Oskar Lindberg… par ailleurs chirurgien vétérinaire, et fut formé en chant au Conservatoire de Stockholm. Son style s’inscrit sans détours dans le postromantisme germanique (Richard Strauss) comme en témoignent ses 5 symphonies, ses poèmes symphoniques, sa Sérénade pour violon et orchestre, son poème symphonique Traumgewalten de 1911… Il laisse aussi des partitions vocales et chorales dont plusieurs inspirées par Fröding. Deux ballades de 1907, pour baryton avec accompagnement d’orchestre, Saul et David, et La colère d’Eros (Eros vrede) furent les deux premières musiques de Berg données en public. En 1911, suivirent Predikaren (La Prière) pour baryton et orchestre et Mannen och kvinnan (L’homme et la femme) pour voix solistes, chœur et orchestre. Il s’intéressa encore aux poèmes suivants : En kärleksvis, Vinternatt et Hedstämning.

■■ Erik Bergman (1911-2006). Bergman est l’un des grands modernistes finlandais de son temps et son œuvre passionnante mériterait le plus tôt possible une réévaluation objective. En 1946, il mit en musique le poème intitulé Jäntblig.

■■ Kim Borg (1919-2000). Immense baryton-basse finlandais ayant étudié le chant à l’Académie Sibelius puis à l’étranger, il fait ses débuts professionnels en 1947 (Helsinki et Stockholm). Plusieurs partitions lui ont été dédicacées par Sibelius et Kilpinen. Egalement compositeur il mit en musique, entre autres, quelques textes de Fröding. On retiendra, Jäntblig, op. 28 n° 1 ; Si drömmaren kommer där, op. 28 n° 2 ; Tre trallande jäntor, op. 28 n° ; Den svenske Celadons klagovisa, op. 28 n° 4, pour voix et piano (In Fyra/quatre ironiska visor/poèmes sur des poèmes de Gustaf Fröding).

Voici que vient le rêveur :

« Voici que vient le rêveur,
Il porte sa tête penchée sur sa poitrine,

Par les sentiers solitaires le rêveur veut errer
Et il n’est pas pareil à nous autres. »

■■ Ernst Ellberg (1868-1948). Altiste à l’Orchestre royal de Stockholm, répétiteur de ballet à l’Opéra de la même ville, il compose à partir de 1890 date de son Quatuor à cordes en mi bémol majeur et enseigne la composition, le contrepoint et l’orchestration de 1904 à 1933… Comme créateur il ne parvient pas à s’imposer et s’oppose au modernisme ambiant. Il a formé de nombreux musiciens. Signalons, 8Harrgårstösa i äppelapla, pour quatuor vocal d’hommes a cappella.

■■ a posé ses notes sur 2 Fåglalåt de Fröding. Chef d’orchestre et compositeur suédois (1897-1961) il suit sa formation au Conservatoire de Malmö puis à celui de Copenhague (notamment avec Peder Gram) avant de se rendre à Berlin. Son catalogue est assez vaste marqué par une grande clarté d’écriture et un véritable talent.

■■ Otto Freudenthal (Göteborg, 1934-). Né à Göteborg, il étudie à Stockholm et Londres (il rencontre Otto Klemperer et devient son assistant) puis se fait remarquer comme chef, pianiste, claveciniste, compositeur, enseignant, polémiste… Influencé par Schoenberg, Mahler et le baroque. Il illustre musicalement le Vintervisa, 1922, pour voix et piano (ou quatuor à cordes) (In Två folkliga sånger, n°1).

Chant d’hiver

« O vous les hommes, ne soyez donc pas si durs ! »

■■ Gunnar de Frumerie (1908-1987), pianiste et compositeur suédois, il étudie au Conservatoire de Stockholm et bénéficie d’une bourse Jenny Lind. Il travaille le piano à Paris auprès d’Alfred Cortot et la composition avec Leonid Sabaniev. Son catalogue appartient au courant romantique scandinave. On lui doit une illustration musicale de Titania, op. 12 n° 5 en 1941.

■■ Gustaf Grafström (1886-1974). Ce Suédois met en musique les poèmes suivants de Fröding : Äktenskapsfrågan, 1910 ; En var har sin sorg ;Stadens löjtnant, pour voix et piano, 1914.

■■ Knut Håkanson (1887-1929). Fin orchestrateur, il a étudié les langues et la philosophie à Uppsala et la musique à Stockholm. Il devient compositeur indépendant puis fonde l’Institut de musique de Borås. Egalement critique musical. Influencé par le style de Richard Strauss puis intensément par celui de Bach, sans négliger les apports venus de la musique populaire. Il laisse : I ungdomen, pour voix et piano, 1914 :

« … Je crois que j’aime – qui ? – tout ce qui respire. »

■■ Algot Haquinius (1886-1966) reçut une solide formation avant de devenir un pianiste important en Suède. Sa musique est lyrique, équilibrée, mélodique, en partie expressionniste. Fröding lui inspire des notes pour : Ur Kung Eriks visor, pour voix et piano, en 1915-1918 ; Säf, säf, susa, pour voix et piano ; I skogen ; Ingalill ; Herr Lager och skön fager.

■■ Lennart Hedwall (1932-). Cet élève des modernistes Sven-Erik Bäck et Karl-Birger Blomdahl en Suède fut aussi chef d’orchestre, pianiste accompagnateur, enseignant, musicographe. Il laisse des compositions pour orgue puis écrit dans un style plus radical et difficile dont de nombreuses chansons. La poésie de Fröding lui inspire l’accompagnement de Tröst, pour voix et piano, 2006 et Var välsignad, milda ömsinthet, 200X ( in Två Fröding-sånger/Deux Chants d’après Fröding n° 1 et n° 2rch). Egalement, I soldedgången.

■■ Armas Järnefelt (1869-1958). Compositeur finlandais relativement mineur étouffé par l’immense stature de son beau-frère Jean Sibelius mais superbe chef d’orchestre défenseur de l’œuvre de Wagner notamment en Suède où il effectue une grande partie de sa carrière. On lui doit bon nombre de chansons et de chœurs dont les suivants inspirés par la littérature de Fröding : Titania, 1901 (partie des Tre sanger) et I solnedgången (Au coucher du soleil), les deux pour voix soliste et piano

■■ Du compositeur suédois John Jacobsson (1835-1909), on citera I soldedgången (In Ur min portfölj : tre sanger n° 3). S’il travaille dans le commerce de la musique il reçoit une formation du célèbre Ludvig Norman (harmonie, composition, piano) de retour de Leipzig mais aussi de l’organiste Gustaf Mankell et brièvement du compositeur Franz Berwald. Il laisse de la musique instrumentale mais encore 300 lieder. Son esthétique appartient à la sphère d’un Mendelsssohn et d’un Schumann.

■■ Sven Erik Johanson (1919-1997). Organiste, pédagogue et compositeur suédois, il sera élu à l’Académie royale suédoise de musique de Stockholm. Sa musique adopte un style populaire comme en témoigne en partie son vaste catalogue (environ 500 numéros). Il est ensuite influencé par Hindemith et par la technique des 12 tons. On lui connaît environ 70 chansons, autant de pièces chorales a cappella, des cantates. Parmi ses 12 symphonies, on précisera la Symphonie n° 8, sous-titrée « Symphonie Fröding », pour solistes, chœur et orchestre, 1983-1984.

■■ Sigurd von Koch (1879-1919). La production abondante du suédois Sigurd von Koch (il est le père d’Erland von Koch, un peu moins oublié que lui) n’est plus guère visitée de nos jours. Il mit en musique des poèmes ou des textes de Hans Bethge, Sigurd Agrell, Jans Peter Jacobsen et rarement de Gustaf Fröding. Sa manière est celle du romantisme nordique tardif. Citons, En liten låt om vårn, pour voix et piano, 1905 ; Kung Liljekonvalje, op. 4 n° 1 (Två sånger) n° 1 et Säf, säf, susa, op. 4 n° 2(Två sånger), pour voix et piano.28

■■ Ruben Liljefors (1871-1936) fut chef d’orchestre et compositeur, suédois, doté d’une solide formation à Leipzig et Dresde (Jadassohn, Draeseke, Reger). Il dirige l’Orchestre symphonique de Göteborg (1902-1911) puis à Gävle. Il est un descendant de la tradition romantique (Grieg, Sjögren). Fröding lui inspire la mise en musique des Två sanger/Deux Chants, op. 4, n° 1 : Säf, säf, susa et n° 2 : Kung Liljekonvalje.

■■ Un autre suédois, Per Lundkvist (1916-1999), s’intéressa à Kung Liljekonvalje, pour voix et piano, 1944. Pianiste, chef d’orchestre, compositeur, parolier il fait ses débuts à l’Orchestre à la Radio suédoise en 1940. Il laisse une vingtaine de suites pour orchestre, des pièces chorales…

■■ Gustaf Nordqvist (1878-1951). Organiste, il poursuit ses études de composition à Berlin, pédagogue. Il compose environ 200 chansons pour voix et piano visitant de nombreux textes d’Österling, Karlfeldt, Bo Bergman, Erik Blomberg, Pär Lagerkvist, Ekelund et enfin Fröding. Son intervention sur Ingalill, pour voix et piano, 1935, fait partie des Tre Fröding-dikter n° 1 (Trois poèmes de Fröding).

« Je te donnerai tout l’or de mon royaume,
Et la moitié de mon royaume,
L’or et l’argent de mon château, c’est ma tendresse,
L’or et l’argent c’est la moitié de ma tristesse
As-tu peur de la tristesse, petite Ynga ? »

Signalons aussi : En vintervisa, pour voix et piano, 1935 (n° 3 des Tre Fröding-dikter) et Det borde varit stjärnor.

■■ Selim Palmgren (1878-1951). Personnage majeur de la vie musicale finlandaise, pianiste de premier plan, il connut une réelle célébrité de son vivant tant en Finlande qu’en Europe où l’on apprécia notamment ses cinq concertos pour piano et ses miniatures pour piano. Elève du Conservatoire d’Helsinki, pédagogue renommé (à l’Eastman School of Music de Rochester, New York puis à l’Académie Sibelius d’Helsinki), chef de chœur, directeur de la Société de musique de Turku, il fait de nombreuses tournées (aux Etats-Unis par exemple en 1921). La poésie de Fröding lui inspire les musiques de : klunkom, Welam Welamsson, pour chœur d’hommes ; 6230498Ur Friederike Brions visor (stances 1-3), pour voix et piano ; Ingalill, pour chœur d’hommes ; Sjöfararen vid Milan, (stance 1), 1901, pour voix et piano ou chœur d’hommes.

Le coureur des mers

« Les ombres s’épaississent, le jour s’en est allé,
L’obscurité tombe plus lourde et la froide nuit s’avance,
L’étincelle s’allume et court parmi les braises.
Et le bois est plein des chants de la mer,
Mon âme est accablée par le chant du vent,
Mon esprit est triste jusqu’à la mort. »

Egalement, Kung Liljekonvalje, 1898 (in Två sånger af G. Fröding n° 2) ; En vintervisa, pour voix et piano, op. 20 (Tre Sånger) n° 1, 1908 ; Ännu går dansen kring eken ; Det borde varit stjärnor.

■■ Titiana a souvent inspiré les musiciens scandinaves comme ici Håkan Parkman (1955-1988).

■■ Wilhelm Peterson-Berger (1867-1942). Pour compléter ce qui précède nous ajouterons que Peterson-Berger installé à Stockholm a laissé une musique de belle facture, post-romantique, pro-wagnérien et qu’il condamna fermement et parfois méchamment tout ce qui n’entrait pas dans ses préférences. Intellectuel il élargit rapidement son savoir et de ses lectures à la poésie de Fröding il s’intéresse lui aussi à Titania, op. 17 (Svensk Lyrik), n° 3, 1896, pour voix et piano (ou orchestre)

■■ Ture Rangström (1860-1911). Sans doute aucun l’un des lyriques les plus fins et sincères de Suède, véritablement inspiré par de nombreux auteurs suédois. Il compose avec une authentique transcendance dans son illustration musicale des Chants du Roi Erik/ Ur Kung Eriks visor : 1. Klunkom, Welam Welamsson (Buvons à la santé de Welam Welamson), 1918 ; 2. En visa om mig och narren Herkules (Un Chant sur moi et le bouffon Hercule); 3. En visa till Karin när hon hade dansat (Un Chant pour Karin, quand elle eut dansé), publié en 1918; 4. En visa till Karin ur fängelset (Un Chant pour Karin depuis la prison); 5. Kung Eriks sista visa (Le dernier chant du roi Erik). Cette mise en musique existe pour voix et piano et aussi pour voix et orchestre, à connaître absolument.

Rangström prouve son attirance fascinée pour les textes de son compatriote Gustav Fröding en abordant les poèmes suivants : Ur Friederike Brions visor, pour voix et piano n°2, 1924 ; Ett Helicons blomster, pour voix et piano, 1917, dans Två visor i gammal ton/Zwei Lieder/Deux Lieder ; Sjöfararen vid Milan, 1918, pour voix et piano ou orchestreid1668247 (titre allemand : Der Seefahrer am Meiler) ; Ännu går dansen ; Den stolta Rhen ; Her Lager och skön fager ; Jag mötte en flicka.

L’inspiration encore une fois gagne Rangström à l’approche du Chant à Karin après la danse (En visa till Karin når hon hade dansat) troisième volet des Chants du Roi Erik :

« De fleurs superbes je couronnerai
la chevelure de ma bien-aimée,
de souvenirs chers je tresserai une guirlande pour toi
quand l’âge sera là.
….

Comme elle est belle et jeune quand elle danse,
ma bien-aimée, mais heureuse elle ne l’est point,
cette guirlande doit donc receler une épine
et les pétales de ces fleurs, un poison.

Sous la couronne qui ceint les cheveux de ma bien-aimée
Je vois une goutte de sang perler,
Il doit donc y avoir souffrance dans tout ce que j’offre,
Mes présents font mal, ma guirlande blesse. »

L’Ultime Chant du Roi Erik (Kung Eriks sista visa) :

« A quoi bon pleurer, à quoi bon crier,
le roi Jean et Dieu sont main dans la main
le roi Jean a semé d’embûches mon chemin,
Dieu m’a transmis sa grâce et cet espoir :
ta prison est ton propre corps,
si tu veux t’en échapper,
tu peux te rompre la nuque. »

■■ Hilding Rosenberg (1892-1985) a marqué la musique suédoise du 20e siècle dont il est le principal chef de file de son orientation moderniste. Compositeur certes, mais aussi chef d’orchestre, pédagogue, il effectue des voyages d’étude en Europe à partir de 1920. Elève d’Ellberg, Stenhammar, Scherchen, il dirige surtout ses propres œuvres. Son vaste catalogue aborde tous les genres et montre son ouverture sur les courants européens nouveaux. Il trouve l’inspiration dans les textes de Heidenstam, Hebbel, Josephson, Edfelt et aussi dans Deux Chœurs de femmes d’après Fröding en 1931. Il s’agit de Her Lager och skön Fager et Den Svenske Celadons Klagovisa.

■■ Jean Sibelius (1865-1957). Symbole du nationalisme finlandais son ouverture culturelle le conduit à découvrir nombre de poètes nordiques dont le Suédois Gustaf Fröding mettant en musique quelques textes avec une compréhension intime tout à fait remarquable. On résumera simplement sa participation : Bollspelet vid Trianon (Le Jeu de balles au Trianon), op. 36 (in Six Chants n° 3), 1899 ; Säf, säf, susa, titre alternatif : Säv, säv, susa (Six/Six Songs), op36 n° 4, 1900, autour du suicide d’Ingalill, jeune fille martyrisée par les villageois ; Ett dröm-ackord ; Her Lager och skön fager ; Jag ville, jag vore (J’aimerais être au pays indien).

■■ Emil Sjögren (1853-1918). Un des créateurs suédois de musique les plus notables de son vivant. Son invention mélodique, son sens de l’orchestration, le timbre de son orchestre en font un maître injustement démodé ou oublié alors qu’il a largement contribué à façonner le paysage musical suédois du 20e siècle. Il connut une belle réputation notamment en France où il se rendit souvent au cours des années 1890 et y donne un concert annuel entre 1901 et 1914. Organiste, en tant que compositeur il met en musique environ 200 mélodies et élabore une belle musique de chambre.

On lui doit dans le registre retenu ici : Min hustru, traduction de Fröding d’un texte de Robert Burns (1759-1796), ici op. 34 (Fem/Cinq Fröding-sånger) n° 3, pour voix et piano, 1902 ; En vårvintervisa, op. 34 n° 5,1902 (Fem Fröding-sånger) et Ett drömackord, op. 34 n° 1.

■■ (1871-1927). Bien que sa notoriété ne dépasse guère le cercle restreint des connaisseurs, la musique de Wilhelm Stenhammar s’est enrichie de fort intéressantes partitions au rang desquelles on compte six beaux quatuors à cordes, les deux Romances sentimentales pour orchestre, deux solides concertos pour piano et orchestre… Ses contemporains nordiques, et Jean Sibelius, l’impressionnèrent fortement et il mesura parfois le gouffre que le séparait de ces compositeurs géniaux et en retira quelque sentiment d’infériorité. Cette auto-dévaluation mérite d’être nuancée dans bien des opus de ce Suédois, par ailleurs pianiste et chef d’orchestre de talent.

Sur les phrases de Fröding il compose : Lycklandsresan, op. 26 n° 8 ; Ingalill, op. 16 (Fyra svenska sånger/Quatre mélodies suédoises) n° 3 :

« Ingalli, Ingalli, chante-moi une chanson,
Mon esprit est solitaire et le chemin de la vie est long,
Et mon esprit chagrin doit lutter. »

Et encore, Prins Aladin av Lampan /Prince Aladin à la lampe, op. 26 (Visor och …).

Prince Aladin à la lampe :

« Prince Aladin à la lampe
a perdu la raison
et cherche à tâtons dans l’air.

Ainsi divague par les rues
Où la presse est grande
Le prince Aladin en haillons
et souliers déchirés.
….
Voyez l’innocent, voyez l’innocent ! »

Fylgia/Fulgia, op. 16 n0 4 (Fyra svenska sanger) :

« Fulgia, Fulgia, ne t’enfuis pas,
Oui la fange me fascine,
Frêle et de haut lignage ne m’abandonne pas !

Toi, ma nostalgie de beauté, toi, ma consolation des peines quotidiennes,
Mon refuge quand vient la nuit et ses visions ! »

On indiquera enfin : En strandvisa (Mélodie de bord de mer), op. 26 n° 9, 1908 ; Var välsignad, milda ömsinthet, 1904, in Eftersk£ord : Fem sanger n° 1 ; Lycklandsresan.

En strandvisa (ou Chanson du rivage) :

« Est-il doux d’être emporté
Dans le murmure et le bruissement
D’une vague sonore
Jusqu’à la maison de la mort ?

Mais qui donc ose le saut,
Bien que sa vie soit gaspillée,
Bien que l’espoir ait quitté
Un monde comme mort,

Et bien que tout prédise
Que toi-même tu mourras ? »

■■ Axel Raoul Wachtmeister (1865-1947). Ce compositeur suédois a étudié son art auprès de grands artistes de la trempe de Gédalge et d’Indy à Paris où il réside longtemps. Ses mélodies, ses deux symphonies, son poème symphonique Le Rêve de l’horloge… n’ont pas résisté à ce jour à l’oubli du temps. Il met en musique : Ett dröm-ackord.

■■ Ivar Widéen (1871-1951). Après ses études au Conservatoire de Stockholm il est diplômé comme organiste, pianiste et musicien d’église. Chef de chœur, organiste, pédagogue, il devient membre de l’Académie royale de musique en 1921. Son catalogue s’adresse surtout à la musique d’église. De Fröding, il retient : Jag ville jag vore, pour voix et piano (in Tvänne sanger vid piano n° 1) et Vallarelåt, pour voix et piano, 1897 (in Tvänne sanger vid piano n° 2).

■■ David Wikander (1884-1955). Organiste et pédagogue, il officie à la cathédrale de Stockholm entre 1920 et 1952 et compose principalement de la musique sacrée avec une certaine économie voire une touche d’ascétisme. Sa mise en musique de Kung Liljekonvalje, pour chœur, en 1910, a connu une belle renommée parmi les chœurs suédois.

■■ Adolf Wiklund , pianiste, chef d’orchestre et compositeur suédois (1879-1950). Parallèlement à sa carrière de chef d’orchestre à Stockholm principalement il écrit une musique inscrite dans la sphère romantique plus tard marquée par le courant impressionniste. Illch laisse une symphonie, deux remarquables concertos pour piano, des pièces lyriques pour piano et des mélodies.

■■ Dag Wiren (1905-1986). Formé auprès d’Oskar Lindberg, Ernst Ellberg (à Stockholm) et Sabaneiev (à Paris), il devient critique musical. Sa musique évolue du romantisme scandinave au néoclassicisme et se caractérise avec le temps par une austérité marquée. Il pose sa musique sur les paroles de Titiana pour voix de femmes en 1842.

 

Annexe II. De quelques poèmes supplémentaires.

A propos de La Mort (Döden) tant de fois approchée, entrevue, on retiendra :

« J’ai entrevu son ombre aux traits gris et terreux,
Déjà je croyais ma course terminée,
Au-dessus de mon lit, elle se tenait déjà penchée,
Prêtant l’oreille à mon dernier souffle. »

Ailleurs, dans Au bord du marais dont le titre est Vid myren, il se confie autrement :

« Ici les pensées lasses trouvent un repos tranquille.
Ici l’amer dépit peut respirer librement
Sans être troublé par l’espoir, comme, échoué sans ancre,
Au lieu où le tourbillon de la vie écume et blanchit. »

Färrädaren : Le Traitre

« C’est un homme qui a vendu son âme
Une coquille vide et desséchée,
Un cadavre dans une gaine d’or, un serf…
C’est un homme qui s’est livré
Lui-même avec mensonge pour un salaire… »

Parcelles et reflets (Stänk och flikar) :

« Si l’œil pouvait contempler
l’image du tout
Et l’oreille entendre
Les cordes qui vibrent
de l’essentiel mélodie
Et tous deux avec art
Composer
l’universelle symphonie.

L’œil alors saurait,
L’oreille percevrait
L’ascension du sublime
Et l’abaissement des plus basses choses
Et nos pensées
Oseraient toucher jusqu’à eux
Comme s’entendent
Les notes au sein d’une harmonie.
……

On ne perçoit jamais qu’une âme
Et de la vie on ne goûte
Que parcelles et reflets. »

 

Errance au pays natal (Strövtåg i hembygden)

« C’est vide, c’est brûlé, c’est froid et dévasté.
….
Et c’est comme si c’était la voix de mon père
Du temps où il était encore heureux et jeune
Avant que le chant se fût tu en sa poitrine malade à la mort
Et que sa vie fût devenue lourde et chagrine.
….
Tout est mort, enseveli, oublié

Où tu évoques de chères figures et de chères images,
Là règne le vide, désert et froid
… »

Il aurait fallu des étoiles (Det borde varit stjärnor )

« Il aurait fallu des étoiles pour parer ton front

Noble, et pourtant craintive, et timide était ta marche.

Dans la lueur qui vacillait autour de ton front,
il y avait du deuil et de la musique
tandis que frileuse, trahie par les notes,
ta chanson restait suspendue sur tes lèvres. ….
Tu m’étais comme une vierge inspiratrice

A quoi te sert ta richesse ? Elle sera tournée en honte,
Foulée et piétinée
Comme la violette au bois sous le talon du vagabond.

Je me souviens de toi comme d’une étoile, d’une saga, d’un chant. »

 

Dors petite âme inquiète

« Dors petite âme
inquiète

D’une chose
qu’il te souvienne
à l’instant de la mort :
que la vie, comme elle fut,
encore sera. »

Fulgia

« Fulgia, Fulgia, ne t’éloigne pas de moi
Ombrageuse et altière, ne me fuis pas,
O ma nostalgie de beauté,
Toi qui, contre les chagrins des jours
Me protèges et me consoles dans les hantises de la nuit ! »

 

Annexe III. Pour compléter en lecture.

Régis Boyer. Gustav Fröding. Article de l’Encyclopédie Universalis.

Carl Gustaf Bjurström. Littérature suédoise. Histoire des littératures. Encyclopédie de la Pléiade.1956.

Jean-Luc Caron. Jean Sibelius. L’Age d’Homme. 1997.

Jean-Luc Caron. Dictionnaire Hugo Alfvén. Bulletin de l’Association Française Carl Nielsen (A.F.C.N.) n° 21, 1999/2000, 108p.

Jean-Luc Caron. Ture Rangström. Le poète des sons. Bulletin de l’Association Française Carl Nielsen (A.F.C.N.) n° 22, 2000, 115p.

Gustav Fröding. Poèmes. Traduction de Jean Nogué. Les Belles Lettres, Paris, 1966.

Stig Jacobsson et Hans-Gunnar Peterson. Swedish Composers of the 20th Century. Svensk Musik. 1968.

Jean-Clarence Lambert. Anthologie de la poésie suédoise. Editions Unesco. Somogy Editions d’art. 1971/2000.

Lucien Maury. L’imagination scandinave. Etudes et portraits. Librairie académique Perrin, Paris, 1929.

Robert Quist. The History of Modern Swedish Composers. The Edwin Mellen Press. 2010.

Armen Shaomian. Swedish Natioanl Romantic Music. The Influence of Composers Wilhelm Peterson-Berger and Wilhelm Stenhammar. VDM Verlag Dr. Müller. 2009.

 

Annexe IV. Pour illustrer en musique.

■■ Eyvind Alnæs

= 28 chansons pour voix et piano dont deux sur des paroles de Fröding : Skogsrån (The Skogsrå) et En litten låt om våren (A little Tune about Spring). Bodil Arnesen (soprano), Erling Ragnar Eriksen (piano). Enregistré Salen Church Hall, Ski, Norvège, novembre et décembre 1993. Durée : 59’24. Simax PSC 1110.

= Mêmes chansons de Fröding avec Ingrid Bjoner (soprano) et Robert Levin (piano), dans un enregistrement de 1978 NKF 30 024 (avec 16 autres pièces).

■■ Algot Hquinius

= Ur King Eriks Visor (5 Chants). Gabriel Suovanen (baryton), Hans-Erik Goksöyr (piano). 1999. Musica Sveciae PSCD 707:1. In Svensk Romanser vol. I (+ oeuvres de Knut Hakanson, Josef Jonsson, Josef Eriksson, Harald Fryklöf et Gösta Nystroem).

■■ John Jacobsson

= Songs. Ljuva Minnen (Lovely Memories)/ Helena Döse, Erland Hagegård, Charlotte Hellekant, Margot Rödin (piano). Enregistré à la Radio suédoise, Stockholm, 1983, 1985, 1989. Durée : 62’45. Bluebell ABCD 082.

■■ Armas Järnefelt

= Lieder. (baryton), (soprano), Ilkka Paananen (piano). Enregistré en 2002. Durée : 55’38. Ondine ODE 1092-2.

■■ Selim Palmgren

= Klunkom Welam Welamsson. In Complete Songs for Male Voice Choir vol. 1. Songs of Wine and Brotherhood. Helsinki University Chorus (YL), dir. Matti Hyökki. Talla Vocal Ensemble. Enregistré en 1997. Finlandia 3984-21442-2.

= Titania ; Simson ; Hosiana. In Complete Songs for Male Voice Choir vol. 2.Patriotic and Religious Songs. Helsinki University Chorus (YL), dir. Matti Hyökki. Talla Vocal Ensemble. Enregistré en 1998. Finlandia 3981-21443-2.

= Sjöfararen vid Milan ; Säv, sävn susa ; En vintervisa ; I solnedgången ; Det är fullbordadt. In Complete Songs for Male Voice Choir vol. 3. Songs of Life and death. Helsinki University Chorus (YL), dir. Matti Hyökki. Talla Vocal Ensemble. Enregistré en 1998-99. Finlandia 3984-25328-2.

= Herr Sölfverdal ; Ingalill. In Complete Songs for Male Voice Choir vol. 4. Serenades. Helsinki University Chorus (YL), dir. Matti Hyökki. Talla Vocal Ensemble. Enregistré en 1999. Finlandia 3984-29711-2.

■■ Håkan Parkman

= Titiana. In Seasons. Choral music a cappella. Allmänna Sången Uppsal, dir. Cecilia Rydinger Alin. Enregistremetn : 1988. Bis-CD-934. Avec des oeuvres de Hildor Lindvik, David Wikander, Hans-Ola Ericsson, Veljo Tormis, Karin Rehnqvist, Nils Lindberg, Knut Håkanson, Sven-Eric Johanson.

■■ Wilhelm Peterson-Berger

=Titania ; En vintervisa (+ 26 chants). In Sånger. Thomas Lander, Gunnel Bohman, Anders Kilström. Enregistré en1991-1992. Musica Sveciae MSCD 619.

■■ Ture Rangström

= Ur Kung Eriks Visor. (baryton), Orchestre symphonique national danois/Radio danoise, dir. Michael Schønwandt. Enregistré salle de concert de la Radio de Copenhague, 2003. In Songs by the Sea : A Scandinavian Journey. Chandos CHAN 10249. Avec des chansons de Wilhelm Stenhammar, Peter Heise, Lange-Müller, Otto Malling, Carl Nielsen, Edvard Grieg.

= Kung Eriks Visor. Erik Saedén (baryton), Kungl. Hovkapellet, dir. Stig Westerberg. Enregistrement de 1960. LP Telestar TRS 11130. Sur le même disque trois autres chansons pour voix soliste et piano ainsi que le Divertimento elegiaco pour orchestra.

= Kung Eriks Visor. Håkan Hagegård (baryton), Orchestre symphonique d’Helsingborgs, dir. John Frandsen. Enregistrement de 1978. LP EMI 7C 061-35774. Avec Symphonie n° 3 “Chant sous les étoiles”. Et deux autres chants sur des textes de Fröding : Her Lager och Skön fager et Ett Helicons blomster.

= Kung Eriks Visor. Erik Saedén (baryton), Orchestre de la chapelle royale de Stockholm, dir. Stig Westerberg. Swedish Society SCD 1040. Enregistrement de 1960. In Miss Julie Piano Music Songs.

= Sföfararen vid milan est chanté par Nicolai Gedda, accompagné de Jan Eyron au piano, sur un double 33t enregistré en 1983 pour Bluebell of Sweden BELL 171. Plusieurs poètes suédois mis en musique par Rangström y figurent dans une interprétation de choix.

= Sjöfararen vid milan (+ 33 chants). Birgtta Svendén (mezzo-soprano), Høkan Hagegård (baryton), Thomas Schuback (piano). 1991. Musica Sveciae MSCD 629.

■■ Jean Sibelius

= Sifflez, sifflez, roseaux. In Nordic Romances. In Chansons de Grieg, Sibelius, Stenhammar, Erik Gustaf Geijer, Emil Sjögren, Hugo Alfvén, Wilhelm Stenhammar, Carl Sjöberg. Karl-Magnus Fredriksson (baryton), Stefan Nymark (piano). Enregistrement : Hagegården Music Center, 2-4 mai 1995. Vanguard Classics 99132.

Murmurez, roseaux, murmurez (Säv, säv, susa)

« Chantez un hymne de deuil
petites vagues tristes,
sifflez, sifflez, roseaux,
battez, battez, ondes »

Barbara Bonney (soprano), Antonio Pappano (piano). Enregistrement : 2000. Decca 466 762-2. In Diamonds in the snow (+ oeuvres de Grieg, Stenhammar, Alfvén,Sjöberg).

= Bollspelet vid Trianon ; Säv, säv, susa. In Black Roses. Romances de Grieg, Nielsen, Rangström, Sibelius. (soprano), Malcolm Martineau (piano). Enregistré à Eiksvoll Kirke, Norvège, 11-14 mars 1996. Virgin Classics 7243 5 45273 2 6.

= Säv, säv, susa. Tom Krause (baryton) et Gustav Djupsjöbacka (piano). In Songs. Enregistrement de 1993. Finlandia 4509-96871-2 (+ 23 autres chants).

= Säv, säv, susa. Hannu Jurmu (tenor), Jouni Somero (piano). 2005. Naxos 8.570019. in Songs 1 (+ 29 chants).

= Säv, säv, susa. (soprano), Janos Solyom (piano). Enregistrement de 1975. BIs-CD-15 (+ 7 chants de Richard Strauss et 16 de Sibelius).

= Bollspeler vid Trianon. Ritva Auvinen (soprano), Gustac Djupsjöbacka (piano). E= 1988. Ondine ODE 728-2 (+26 chants).

= Bollspelet vid Trianon ; Säv, säv, susa. (mezzo-soprano), Julius Drake (piano). Enregistré en 2001. Hyperion CDA 67318 (+ 23 autres lieder).

= Säv, säv, susa ; bollspelet vid Trianon. Anne Sofie von Otter (mezzo-soprano), (piano). Enregistrement : 1989. BIS-CD-457. (+ 26 autres chants).

= Säv, säv, susa. (baryton), Orchestre philharmonique de Tampere, dir. Leif Segerstam. 1994. Ondine ODE 823-2.

■■ Wilhelm Stenhammar

= En strandvisa, op. 26 n° 6. Anne Sofie von Otter (soprano), (piano). Enregistré à Järna (près de Stockholm), septembre 1995. In Wings in the Night. Swedish Songs. DG 449 189-2. Avec des œuvres de Wilhelm Peterson-Berger, Sigurd von Koch, Ture Rangström, Hugo Alfvén, Emil Sjögren.

= Fylgia. Barbara Bonney (soprano), Antonio Pappano (piano). Enregistrement : 2000. Decca 466 762-2. In Diamonds in the snow (+ oeuvres de Grieg, Sibelius, Alfvén, Sjöberg).

= Ingalill ; Fylgia; Lycklandsresan ; Prins Aladin av Lampan. Anne-Sofie von Otter (mezzo-soprano), Bengs Forsberg (piano), Håkan Hagegård (baryton), Thomas Schuback (piano). Enregistrement : 1989. Musica Svecie MSCD 623. In Songs (+ 27 œuvres de Stenhammar).

= Ingalill ; Fylgia ; Lycklandsresam ; En strandvisa ; Prins Aladin av Lampan ; Var välsignad, milda ömsinthet ; Tröst. Peter Mattei (baryton), Bengt-Ake Lundin (piano). Enregistrement de 1994. BIS-CD-654 (+ 29 autres chants).

Les poésies de Gustav Fröding, maître des mots et des atmosphères, individu particulièrement malmené par le destin, n’ont pas manqué de retenir l’attention et les musiques d’excellents compositeurs nordiques. Nous nous sommes proposé de fournir quelques pistes suffisantes pour partir à la découverte de ces univers si riches et profonds qu’ils méritent amplement de franchir les seules frontières de l’Europe du Nord.

L’angoisse, l’angoisse est mon héritage,
ma blessure à la gorge,
le cri de mon cœur au monde

Gustav Fröding

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