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Guillaume Tell de Grétry à Liège

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Liège. Opéra Royal de Wallonie. 7-VI-2013. André-Ernest-Modeste Grétry (1741-1813) Guillaume Tell, drame mis en musique en trois actes sur un livret de Michel-Jean Sedaine. Mise en scène : Stefano Mazzonis Di Pralafera. Décors : Jean-Guy Lecat. Costumes : Fernand Ruiz. Lumières : Franco Marri. Avec : Marc Laho, Guillaume Tell ; Anne-Catherine Gillet, Mme Tell ; Lionel Lhote, Gessler ; Liesbeth Devos, Marie ; Patrick Delcour, Melktal père ; Stefan Cifolelli, Melktal fils ; Roger Joakim, le voyageur ; Natacha Kowalski, le fils de Guillaume. Orchestre et chœur de l’Opéra Royal de Wallonie. Chef de chœur Marcel Seminara. Direction Claudio Scimone.

L’Opéra Royal de Wallonie a créé l’évènement pour le bicentenaire de la disparition d’, en redonnant vie à son Guillaume Tell, tombé dans l’oubli depuis bien longtemps, qui plus est dans la ville natale du compositeur, avec une distribution majoritairement belge, offrant ainsi une résurrection d’un pan de l’histoire musicale.

L’œuvre, créée en 1791, possède une réelle beauté, avec un grand soin apporté à l’orchestration, particulièrement nourrie pour un opéra-comique. On pense plus d’une fois au chevalier Gluck, surtout pendant la magnifique ouverture. Les airs et nombreux ensembles passent sans complexes de chansons bucoliques à couplets, à de grands airs tragiques. Il y en a vraiment pour tous les goûts, souvent dans des formes courtes (la représentation dure deux heures avec entracte). Le livret raconte la chronique bien connue de l’homme à la pomme, et, très curieusement pour une œuvre composée sous la Révolution Française, comprend peu d’appels à la liberté, si ce n’est dans la conclusion. Il s’agit plutôt d’une histoire champêtre, celle d’un brave père de famille amené presque par hasard à diriger une révolte. D’ailleurs les paysans se rallient à lui non pas par souci de justice, mais parce que leurs épouses menacent, s’ils ne prennent pas les armes, de ne plus assumer le devoir conjugal !

a décidé de gommer les ingénuités du livret en forçant le trait d’une scénographie plus naïve encore, à prendre au second, ou même au trentième degré. C’est très réussi, et particulièrement réjouissant. Il s’agit d’une reconstitution pas trop historique ni musicologique, d’une mise en scène d’époque, telle que nous l’imaginons de nos jours. Les décors de toile peinte et de praticables en une seule dimension décrivent une Suisse idyllique, avec des chalets et des vaches en carton-pâte, mais un chien véritable et bien sympathique, et un cheval placide. Des poulies, bien visibles à l’avant-scène, font semblant de changer les décors à vue, manœuvrées par des figurants en costumes de marin, rappelant que seuls ceux-ci étaient habilités à manipuler les grosses cordes des théâtres, une fois qu’ils avaient quitté la mer. La gestuelle et la diction des épisodes parlés sont calqués de façon outrancière sur ce que nous supposons être celle des théâtres de foire. En nous amusant de cette façon, avec l’œuvre et non pas contre elle, apporte une aide véritable à ce Guillaume Tell, et fait passer tout naturellement des mots et des situations qui auraient pu sembler indigestes, ou tout du moins bien datés.

La distribution, de luxe, semble presque surdimensionnée eut égard aux exigences de la partition. est un méchant de grande classe, confondant d’autorité et de brillant. Son grand air « non jamais » est un des sommets de la soirée. , qui transforme décidément en or tout ce qu’elle touche, ne fait qu’une bouchée du personnage de madame Tell. Elle est également doté d’un air « O Ciel ! Où vont les scélérats » qui fait forte impression, et pourrait appartenir à des œuvres bien plus ambitieuses. Curieusement, le rôle-titre n’en dispose d’aucun, ce qui n’empêche pas , voix claire, aigus brillants, de dessiner un héros idéal.

Les seconds rôles, tout particulièrement , et , sont parfaits. Le chœur est en progrès constant.

La direction de fait ressortir d’un orchestre motivé les moments forts de la musique de celui qui fut à son époque une star adulée, un novateur de son temps.

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Liège. Opéra Royal de Wallonie. 7-VI-2013. André-Ernest-Modeste Grétry (1741-1813) Guillaume Tell, drame mis en musique en trois actes sur un livret de Michel-Jean Sedaine. Mise en scène : Stefano Mazzonis Di Pralafera. Décors : Jean-Guy Lecat. Costumes : Fernand Ruiz. Lumières : Franco Marri. Avec : Marc Laho, Guillaume Tell ; Anne-Catherine Gillet, Mme Tell ; Lionel Lhote, Gessler ; Liesbeth Devos, Marie ; Patrick Delcour, Melktal père ; Stefan Cifolelli, Melktal fils ; Roger Joakim, le voyageur ; Natacha Kowalski, le fils de Guillaume. Orchestre et chœur de l’Opéra Royal de Wallonie. Chef de chœur Marcel Seminara. Direction Claudio Scimone.

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