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Tharaud et Krivine peinent à trouver leurs marques à Paris

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Paris, salle Pleyel, le 13.XI.2013. Johann Strauss II (1825-1899) Geschichten aus dem Wienerwald opus 325, Maurice Ravel (1875-1937) Concerto pour piano en sol majeur, Béla Bartók (1881-1945) Concerto pour orchestre. Alexandre Tharaud, piano. Orchestre Philharmonique du Luxembourg, direction : Emmanuel Krivine

Emmanuel KrivineAvec la fameuse valse de Johann Strauss (fils) Geschichten aus dem Wienerwald, on entrait d’emblée dans un univers sucré comportant bien des écueils en dépit de cette apparente facilité. Certes, le sacro-saint deuxième temps se doit toujours d’être un peu étiré, et à l’évidence, s’est montré extrêmement respectueux de la tradition ; toutefois, un peu plus de légèreté et de finesse -surtout parmi les cuivres- nous auraient évité de frôler l’indigestion.

C’est donc avec une pointe d’impatience qu’on attendait le Concerto en sol et sa vedette,  : hélas , force est de constater que celui-ci nous laissa quelque peu sur notre faim. Le premier mouvement, tout d’abord, révèle un déséquilibre sonore qui s’avère vite frustrant (surtout quand on sait quel orchestrateur de génie était Ravel). En effet, les interventions des bois se perdent bien trop souvent dans le flot de notes du piano -flot de notes qui, par moments confine presque au manque de clarté. Dans la longue introduction qui ouvre le second mouvement, le son particulièrement raffiné et le sens du phrasé d’ font merveille jusqu’à ce que les attaques trop directes des divers solistes (flûte, clarinette, cor anglais) viennent rompre cette atmosphère poétique, à notre plus grand regret. L’orchestre ayant enfin trouvé ses marques, c’est dans le final que le pianiste parait le plus à son aise et la belle énergie déployée dans ce mouvement rattrape un peu l’ensemble. Néanmoins, il fallut attendre le bis offert par pour que la magie opère réellement…

Si l’orchestre a laissé entrevoir quelques failles lors de la première partie, il s’empresse de les démentir avec Bartók et son redoutable Concerto pour orchestre qui fut assurément la pièce la plus aboutie de cette soirée. Soucieux de la cohérence de l’ensemble, dirige les cinq mouvements d’une baguette aussi précise qu’assurée face à des musiciens très investis. Chaleureusement applaudi, c’est une Danse Slave de Dvořák qui concluait ce concert : un choix pour le moins surprenant, sinon dommageable, les longueurs de la pièce ayant malheureusement réussi à occulter la brillante impression laissée par le superbe Concerto pour orchestre.

Emmanuel Krivine © Ivan Malý

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Paris, salle Pleyel, le 13.XI.2013. Johann Strauss II (1825-1899) Geschichten aus dem Wienerwald opus 325, Maurice Ravel (1875-1937) Concerto pour piano en sol majeur, Béla Bartók (1881-1945) Concerto pour orchestre. Alexandre Tharaud, piano. Orchestre Philharmonique du Luxembourg, direction : Emmanuel Krivine

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