Oedipus Rex par Gardiner, un opéra de chambre ?

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Igor Stravinsky (1882-1971) : Oedipus Rex, opéra-oratorio en deux actes (1927) ; Apollon musagète, ballet en deux tableaux (1928). Avec : Jennifer Johnson, Jocaste ; Stuart Skelton, Oedipe ; Gidon Saks, Créon ; Fanny Ardant, la récitante ; David Shipley, Tirésias ; Benedict Quirk, un berger ; Alexander Ashworth, un messager. Monteverdi Choir. London Symphony Orchestra, direction : John Eliot Gardiner. 1 CD. LSO Live. SACD LSO 0751. Code-barre : 822231 175124. Enregistré sur le vif les 25 avril et 1 mai 2013 au Barbican Centre de Londres. Qualité d’enregistrement : DSD (Direct Sream Digital). Notice de présentation trilingue (anglais, français et allemand). Durée : 79’13’’.

 

Oedipus rexLa discographie d’Oedipus Rex de Stravinsky est déjà riche de versions légendaires, enlevées par des chefs de haut calibre et par des solistes de renom. Ici, ce ne sont certainement pas les chanteurs choisis pour ce concert d’avril 2013 qui vont nous conduire à revoir nos choix, même si aucun parmi les trois rôles principaux ne démérite véritablement. Ainsi, le heldentenor se bat vaillamment avec la tessiture élevée du rôle d’Œdipe, débite honorablement les quelques phrases allouées à Créon et fait plutôt bonne figure, dramatiquement, en Jocaste. Malheureusement, son instrument court et pauvre en couleurs ne permet pas de faire oublier les Mödl, Norman, Troyanos ou Cortez du passé… En récitante, apporte de sa voix âpre, mais qui sait se faire si douce, autant la rudesse impitoyable des forces du destin que la fragilité humaine indissociable de l’esprit tragique.

L’atout indéniable de ce concert enregistré en live réside en la supériorité écrasante du Monterverdi Choir, d’une précision et d’une justesse de ton à couper le souffle. Sous la baguette de Gardiner, le propose une lecture chambriste d’une partition dont on connaissait jusqu’à présent la violence tragique, et dont on découvre ici la subtilité instrumentale. Ces qualités orchestrales se retrouvent dans l’interprétation propre et lisse du ballet Apollon musagète, plus rarement donné dans nos salles de concert de nos jours, et dont on apprécie la clarté et la limpidité.

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