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L’assommant Trovatore de Tcherniakov

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Giuseppe Verdi (1813-1901) : Il Trovatore, drame lyrique en quatre partie sur un livret de Salvatore Cammarano et Leone Emanuele Bardare. Mise en scène : Dmitri Tcherniakov. Décors : Dmitri Tcherniakov. Costumes : Dmitri Tcherniakov et Elena Zaytseva. Lumières : Gleb Filshtinsky. Avec : Misha Didyk, Manrico ; Marina Poplavskaya, Leonora ; Scott Hendricks, il Conte di Luna ; Sylvie Brunet-Grupposo, Azucena ; Gioanni Furlanetto, Ferrando. Chœur de la Monnaie (chef de chœur : Martino Faggiani). Orchestre symphonique de la Monnaie, direction : Marc Minkowski. Réalisation : Andy Sommer. Enregistré au Théâtre de la Monnaie en juin 2012. Notice en anglais, français et flamand. Format image : NTSC 16:9. Format son : 2.0 PCM. Stéréo. 5.1 Dolby /Digital. 1 DVD. BelAir classiques. BAC108. Code-barre : 3760115 301085. Durée totale : 143’ (opéra) et 6’ (bonus).

 

TrovatoreEn DVD, Il Trovatore dans une mise en scène inopérante de   avec   à la baguette. Dommage pour la formidable Azucena de

Traumatisés par les événements vécus pendant leur jeunesse, Leonora, Manrico, le comte de Luna et Ferrando se retrouvent dans le bel appartement bourgeois d’Azucena, laquelle a convoqué ses comparses afin de faire le point sur le passé. Au cours d’une séance de jeux de rôle qui vire rapidement à la psychothérapie de groupe puis au psychodrame, les cinq personnages revivent les étapes de leurs parcours jusqu’à s’investir à nouveau dans les émois et tiraillements émotionnels de leur jeunesse. Le drame, inéluctable, est vécu ainsi sur le mode de la répétition et de la distanciation théâtrale.

Ce concept pour le moins déroutant serait, à en croire la note de lecture fournie par le metteur en scène dans le texte d’accompagnement, justifié par le fait qu’un bon tiers de l’opéra sinon plus est constitué de scènes de remémoration. Soit ! Si l’idée peut paraître séduisante, force est de constater que sa mise en œuvre ne fonctionne pas. De cet éprouvant huit clos, qui obscurcit au-delà du concevable une action déjà passablement alambiquée, résulte une insupportable succession d’images et de scènes déconnectées les unes par rapport aux autres, et dont la plupart flirtent avec le ridicule le plus consommé. Admirateurs de Tcherniakov, oubliez vite ce regrettable faux pas !

De manière à faire passer le concept, la partition musicale est elle aussi triturée au-delà de l’acceptable : suppression des personnages secondaires, dont les répliques sont confiées aux protagonistes ; relégation à la coulisse du chœur, dont certaines interventions sont elles aussi attribuées aux solistes. On s’étonne que se soit prêté à une telle mascarade, d’autant plus que sa direction pleine de finesse et de passion aurait presque pu justifier l’acquisition de ce produit autrement bien inutile. La distribution vocale, tout juste honorable, ne mérite pas non plus qu’on s’arrête sur cette triste réalisation.

Seule exception de taille, la formidable Azucena de , que l’on se réjouit d’entendre dans un rôle à la mesure de ses moyens. Vocalement et physiquement, elle domine un rôle écrasant et l’on ne peut que rêver de la voir et de l’applaudir dans une mise en scène digne de ce nom, qui ne soit pas prisonnière d’un concept décidément inopérant.

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