Le Messie de Haendel, nouveau défi pour Nathalie Stutzmann et Orfeo 55

Concerts, La Scène, Musique d'ensemble

Metz. Arsenal. 12-XII-2014. Georg Friedrich Haendel (1685-1759) : Le Messie, oratorio en trois parties HWV 57. Avec : Susan Gritton, soprano ; Sara Mingardo, contralto ; Benjamin Bernheim, ténor ; Andrew Foster Williams, basse. Chœur de Chambre de Namur. Orfeo 55, direction : Nathalie Stutzmann.

nathalie_stutzmannAvec Le Messie de Haendel, et son ensemble ont choisi de célébrer non seulement l’approche de Noël, mais également leur sixième année de résidence à l’Arsenal de Metz.

En s’attaquant au chef d’œuvre immortel de Haendel, Stutzmann a en effet quelque peu relevé la barre de ses ambitions de chef d’orchestre. Le résultat de ce nouveau défi était-il à la hauteur des espérances ?

D’évidence, est un chef qui a une vision. Non contente de diriger avec sa minutie et sa précision coutumières, elle communique à l’ouvrage une fluidité et une respiration qui manquent parfois à certaines lectures plus raides et plus crispées. Les chœurs fugués, notamment, y gagnent en lié et en souplesse. Optant pour des tempi plutôt rapides, au risque de désacraliser une œuvre que la tradition a souvent traitée avec une certaine solennité excessive – mais aussi au risque de créer ici et là quelques menus décalages… –, elle confère à cet oratorio une fraîcheur qui lui a parfois fait défaut. Particulièrement à l’aise dans la jubilation presque naïve de la première partie, centrée autour de la Nativité, elle insuffle à ses choristes et ses instrumentistes des accents déchirants pour la deuxième, celle consacrée à la Passion. La troisième partie, qui traite de la résurrection, de la rédemption et de la vie après la mort, résonne avec une sincérité et une sérénité hors du commun. L’œuvre a rarement paru aussi courte…

À ses côtés, un quatuor de solistes irréprochable complète cette vision « light » du plus populaire des grands oratorios haendéliens. Parmi les nouveaux venus, on a pu découvrir et apprécier la voix ronde et chaude du ténor franco-suisse , qui semble de saison en saison confirmer tous les espoirs qui ont été placés en lui. Plus expérimentée, la basse Andrew Foster Williams fait valoir un instrument richement timbré qui sait habilement doser souplesse et puissance. , bien connue du public de l’Arsenal, déploie son beau soprano de plus en plus charnu, qui n’a rien perdu de sa transparence cristalline et de son agilité. Le contralto de , d’une austérité presque puritaine, aura servi comme à l’accoutumée à une lecture d’une grande intériorité et d’une belle intensité dramatique. La reprise presque murmurée de son « He was despised » restera un moment d’anthologie.

Une belle soirée, donc, qui aura permis d’entendre avec de nouvelles oreilles une des plus belles partitions haendéliennes, et qui aura sans aucun doute constitué un jalon important dans l’évolution artistique de la carrière de chef d’orchestre de Nathalie Stutzmann.

Crédit photographique : Nathalie Stutzmann © Simon Fowler

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