Fascinante Fiancée du Tsar à Berlin par Dmitri Tcherniakov

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Nikolaï Rimski-Korsakov (1844-1908) : La Fiancée du tsar. Mise en scène et décors : Dmitri Tcherniakov. Costumes : Elena Zaytseva. Lumières : Gleb Filshtinsky. Vidéos : Raketa Media. Avec : Anatoli Kotscherga, Sobakine ; Olga Peretyatko, Marfa ; Johannes Martin Kränzle, Gryaznoï ; Tobias Schabel, Maliouta-Skouratov ; Pavel Cernoch, Lykov ; Anita Rachvelishvili, Lioubacha ; Stephan Rügamer, Bomélius ; Anna Tomowa-Sintow, Sabourova ; Anna Lapkovskaja Douniacha ; Carola Höhn, Petrovna ; Dmitri Plotnikov, Un jeune boyard ; Anna Charim, Peter Krumow, domestiques. Chœur du Staatsoper Berlin (chef de chœur : Rustam Samedov). Staatskapelle Berlin, direction : Daniel Barenboim. Réalisation : Andy Sommer. Enregistré au Schiller-Theater en octobre 2013. Notice et sous-titres en anglais, français et allemand. Format image : NTSC 16:9. Format son : PCM 2.0/5.1 Dolby Digital. 1 DVD. Bel Air Classiques BAC 105. Zone =. Durée totale : 152’

 

Fiancée du tsarQuasiment inconnue en dehors de la Russie, La Fiancée du Tsar fit son entrée fracassante au répertoire du Staatsoper de Berlin en octobre 2013. Le DVD prolonge le succès d’une production fêtée unanimement par le public berlinois.

Nous sommes Russie en l’an 1571. Le tsar Ivan, dit « le terrible », cherche une femme, sa troisième. Pour avoir le choix il demande à se sujets de lui présenter leurs filles, sous la condition qu’elles soient encore vierges. Des centaines de jeunes femmes se présentent. C’est Marfa Sobakina, fille d’un riche marchand originaire de Sibérie, qui gagne le concours. Mais elle n’a pas le temps de profiter des joies de la vie conjugale. Terrassée par une maladie énigmatique, elle meurt quelques jours après les noces. C’est cette histoire, agrémentée d’un drame de jalousie qui est à l’origine de l’opéra La Fiancée du Tsar de .

Avec , évidemment, nous ne sommes pas au XVIe siècle. Nous sommes à notre époque, dans une dictature où les médias ont tout le pouvoir. Les opritchniks ne constituent plus la garde du tsar. Ce sont des spécialistes de propagande, jouant avec virtuosité au clavier de tous les médias accessibles. Plus encore, le tsar n’existe pas ! Il n’est qu’un produit virtuel de cette caste sans scrupules, un Grand Frère orwellien, présent notamment grâce à des images de télévision. Sa fiancée pourtant est bien réelle – et le concours d’autant plus inhumain. Si, de premier abord, ce concept semble un rien construit, il finit vite par convaincre. Une femme victime d’un univers machiste qui ne voit en elle qu’un moyen de parvenir à ses fins – cette histoire est universelle. Certes, le rôle du médecin-magicien nous renvoie à une époque révolue. Mais finalement, l’ésotérisme, n’est-il pas un phénomène bien réel à notre époque ô combien éclairée ?

Portée par une direction d’acteur des plus intenses et la direction enflammée de , cette production fascine également grâce au choix des interprètes. Citons, parmi les rôles secondaires, le médecin perfide de , l’opritchnik menaçant de , et la Sabourova impressionnante de , toujours très en voix. campe un Gryaznoï rongé par un amour possessif, menaçant et imprévisible, d’une grande autorité vocale et scénique. A l’aise sur toute la tessiture, il impressionne notamment grâce à un registre supérieur d’une grande facilité. Doté d’un timbre enchanteur, à l’aigu lumineux, ne fait qu’une bouchée de Lychov, fiancé un rien falot de Marfa. Celle-ci trouve une interprète sans failles en la personne d’. Voix jeune et radieuse, capable de touchantes demi-teintes, elle traduit à merveille le sort tragique de la jeune femme. Elle est pourtant surclassée par qui fait de Lioubacha, la vengeresse jalouse, le rôle central de l’opéra. Voix puissante au médium particulièrement somptueux, elle fait preuve d’une palette de nuances et de couleurs quasiment infinie. Et quelle actrice ! Sa grande scène qui clôt le deuxième acte est d’une intensité presque insupportable, un moment clé, qui mériterait à lui seul l’achat de ce DVD.

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