Vladimir Ashkenazy et Boris Berezovsky : un parfum de Russie au TCE

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Paris. Théâtre des Champs Élysées. 15-IV-2016. Sergueï Rachmaninov (1873-1943) : Vocalise ; Concerto n° 1 pour piano et orchestre ; Symphonie n° 2. Boris Berezovsky : piano ; Orchestre Philharmonia de Londres, direction : Vladimir Ashkenazy.

45-boris-berezovsky (c) Juri Bogomaz a longtemps été le pianiste de référence pour l’œuvre de Rachmaninov. Aujourd’hui plus tourné vers la direction d’orchestre, il est devenu l’accompagnateur idéal de ses cadets Nikolaï Lugansky et dans ce répertoire idiomatique. Le concert tout Rachmaninov au théâtre des Champs-Elysées a été un triomphe rendant sa pleine majesté à une musique encore trop souvent mésestimée.

S’il est plus tourné aujourd’hui vers la direction d’orchestre, avec des succès inégaux selon les répertoires, joue toujours autant Rachmaninov qui figure, comme Scriabine et, de façon plus inattendue, Sibelius, parmi les compositeurs qu’il sert avec le plus de brio. Il y a une émotion réelle à le voir ainsi accompagner ses héritiers, Nikolai Lugansky hier ou aujourd’hui, dans des concertos qu’il a marqués de son empreinte et qu’il connaît comme nul autre. Si Vocalise n’était ce vendredi 15 avril qu’un amuse-bouche, le premier concerto atteignait des sommets. L’incroyable maîtrise technique de Berezovsky qui semble se jouer des difficultés de la partition, mais aussi son toucher à la fois puissant et délicat, ses phrasés musicaux qui évitent tout sentimentalisme mièvre étaient enchâssés dans un écrin orchestral somptueux.

En seconde partie, l’immense Symphonie n° 2, partition symphonique la plus riche du compositeur, déployait ses fastes, son lyrisme étreignant comme ses chorals de cuivres solennels où passent les échos de chants orthodoxes et du Dies Irae qui a hanté Rachmaninov toute sa vie. Le Philharmonia, dont on a pu comparer à deux jours d’intervalle la qualité à celle de son rival LSO, déploie une palette sombre et puissante qui répond au geste souvent rudimentaire mais efficace d’Ashkenazy. Et lorsqu’au sortir du théâtre des Champs-Élysées, on voit luire les coupoles nouvellement posées sur la cathédrale russe du Quai Branly, c’est tout un monde ancien qui renaît sous nos yeux nostalgiques.

Crédit photographique : Boris Berezovsky © Juri Bogomaz

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