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À Genève, Simon Keenlyside en artiste valeureux et vaillant

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Genève. Opéra des Nations. 3-V-2016. Franz Schubert (1797-1828) : Alinde D 904, Geheimes D 719, Seligkeit D 433, Nachtviolen D 752, Nachtstück D 672, An den Mond in einer Herbstnacht D 614, Herbstlied D 502, Bei dir allein D 866, L’incanto degli occhi D 902, Pensa, che questo istante D 76, Der Jüngling und der Tod D 545, Die Götter Griechenlands D 677, Des Fischers Liebesglück D 933, Die Sterne D 939, Fischerlied D 526, Der Wanderer an den Mond D 870, Abschied D 957. Hugo Wolf (1860-1903) : Fussreise, Der Knabe und das Immlein. Simon Keenlyside, baryton ; Malcolm Martineau, piano.

Keenlyside Colour Credit Uwe ArensEn dehors de son Papageno en décembre 1993, de son magnifique Hamlet en septembre 1996, de son splendide Pelléas aux côtés de la Mélisande d’une magnifique Alexia Cousin en février 2000, c’est le quatrième récital que offre au Grand Théâtre de Genève. C’est dire son attachement bienvenu à ce théâtre.

Avec un programme entièrement dédié à , le baryton anglais entame son récital avec un très touchant Alinde. D’emblée l’impression vocale est très bonne, s’engageant dans l’immédiateté du propos. La diction est impeccable. Tout juste si l’on sent que le legato n’est pas aussi soyeux qu’on le connaît à cet interprète. Tour de chauffe ? La suite du récital montre qu’il n’en est rien mais qu’une violente et subite attaque grippale a tenté de handicaper le baryton. C’est sans compter avec la volonté, la générosité, la fibre artistique et la vaillance du chanteur. En grand professionnel, en artiste accompli, assure l’entier de son programme en ne renonçant (en s’excusant auprès du public) qu’à une seule mélodie (Im Walde D 708 qu’il remplace par Nachtviolen D 752).

Ne tenant pas en place, marchant à grandes enjambées devant le piano de son accompagnateur, on peut craindre que le baryton perde sa concentration. Or, là encore, cette manière bien particulière de chanter en récital ne semble aucunement déranger l’interprétation. Simon Keenlyside démontre sa parfaite préparation à ce récital. Pas une hésitation. Ni à une seule note, ni à un seul mot. Et même si la voix du soir n’est pas au meilleur, elle laisse en ressentir son homogénéité et sa puissance. Une puissance que le baryton favorise, son refroidissement ne lui laissant pas toute mesure à exprimer avec aisance les pianissimi des mélodies à son programme.

La passion italianiste du récitaliste émerge avec l’Incanto degli occhi, un air de Métastase en italien dans lequel Simon Keenlyside devient vocalement théâtral. Le chanteur soudain s’anime. Transparait alors le Don Giovanni qu’il est et qui vit en lui. Dans cette cantilène, le baryton s’adresse aux astres avec le même charme et la même assurance du séducteur mozartien qu’il joue Don Giovanni et qu’il chante son Deh, vieni alla finestra sous le balcon de Donna Elvira. Dans Pensa, che questo istante, cet autre air en italien de Métastase, c’est le père donnant conseil au fils qui justifie la plus grande gravité de la voix. Magnifiques contrastes !

Récital superbe d’un artiste (au vrai sens du mot) qui s’est montré valeureux devant les difficultés imposées par ce refroidissement dont il était victime. Généreux avec ces deux bis de qu’un public comblé a reçu comme un signe de grande générosité. À signaler, le plaisir renouvelé d’entendre l’accompagnement d’un , toujours aussi grand musicien.

Crédit photographique : Simon Keenlyside © Uwe Arens

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Genève. Opéra des Nations. 3-V-2016. Franz Schubert (1797-1828) : Alinde D 904, Geheimes D 719, Seligkeit D 433, Nachtviolen D 752, Nachtstück D 672, An den Mond in einer Herbstnacht D 614, Herbstlied D 502, Bei dir allein D 866, L’incanto degli occhi D 902, Pensa, che questo istante D 76, Der Jüngling und der Tod D 545, Die Götter Griechenlands D 677, Des Fischers Liebesglück D 933, Die Sterne D 939, Fischerlied D 526, Der Wanderer an den Mond D 870, Abschied D 957. Hugo Wolf (1860-1903) : Fussreise, Der Knabe und das Immlein. Simon Keenlyside, baryton ; Malcolm Martineau, piano.

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