Banniere-ClefsResmu-ok

Nagano et Lugansky en demi-teinte à Munich

La Scène, Musique symphonique

Munich. Philharmonie. 7-VII-2016. Max Reger (1873-1916) : Prologue symphonique d’une tragédie, op. 108 ; Johannes Brahms (1833-1897) : Concerto pour piano et orchestre n° 2, op. 83. Nikolai Lugansky, piano ; Münchner Philharmoniker ; direction : Kent Nagano.

c_Felix_Broede_1800-06-ret_0Désormais en poste à l’Opéra de Hambourg, revient à Munich sans parfaitement convaincre.

Désormais dirigé par Valery Gergiev, dont la nomination avait suscité des remous, l’ termine sa saison d’abonnement avec un programme ambitieux et un chef invité bien connu des Munichois : après avoir dirigé l’orchestre de l’Opéra de 2006 à 2013, revient régulièrement à Munich pour des concerts, avec les orchestres locaux ou internationaux les plus divers.

En cette soirée de demi-finale de football, la salle n’est pas pleine et se vide très vite à la fin du concert ; le concert qui a précédé, sans pleinement convaincre, ne démérite pourtant pas. , né en Bavière et mort en 1916, ouvre le programme, en guise d’hommage anniversaire ; son vaste Prologue pour une tragédie, sorte d’équivalent des grands poèmes symphoniques de Strauss, s’en distingue par l’absence d’une narration identifiable, mais est riche de contrastes et d’atmosphères, dans une langue musicale post-romantique somme toute assez convenue. On sait le goût de Kent Nagano pour les angles morts du répertoire ; l’exécution de ce soir, soigneusement préparée, manque pourtant un peu de couleurs, et même par moments d’élan et de variété.

La pièce de choix du concert, naturellement, est le concerto de Brahms après l’entracte, avec son soliste prestigieux. Là encore, la satisfaction n’est pas complète, y compris dans l’interprétation de : le début du premier mouvement en particulier promet une approche en force, virtuose au mauvais sens du terme, et l’orchestre, il faut bien dire, et malgré un beau violoncelle solo dans le troisième mouvement, ni livre à l’auditeur que des couleurs un peu trop uniformes. Heureusement, Lugansky fait preuve dans la suite de l’œuvre de la délicatesse qu’elle nécessite en plus des qualités virtuoses : le dialogue avec les cordes dans le troisième mouvement, d’une douceur et d’une intimité admirables, constitue sans nul doute le sommet d’un concert auquel la chaleur aura un peu manqué.

Photo : Felix Broede

Banniere-ClefsResmu-ok

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.