Parfums d’Espagne au Pianoscope de Beauvais

Festivals, La Scène, Musique de chambre et récital

Beauvais, Granges de la Maladrerie Saint-Lazare, 15 et 16-X-2016. Œuvres de : Domenico Scarlatti, Paul Hindemith, Richard Strauss, Ludwig van Beethoven, Sergueï Rachmaninov, Franz Liszt, Enrique Granados, Manuel de Falla, Joaquin Turina, Fernando Obradors, Johannes Brahms, Modeste Moussorgski, Lucas Debargue. Boris Berezovsky, Dmitry Masleev, Lucas Debargue, piano ; Jean-Marc Phillips-Varjabédian, David Castro Balbi, violon ; Henri Demarquette, Alexandre Castro Balbi, violoncelle ; Marc Egea, vielle à roue ; Khismatullina Aigul Rustamovna, soprano ; Rafael Cortès, Rafael Cortès Junior, guitare flamenco ; Lorcamente (Isabelle Julve, chant, danse, castagnettes ; Aina Espinosa, chant ; José Luis Sanchez « El Piru », guitare flamenco ; Matthieu Saglio, violoncelle ; Victor Través, percussions) ; Quatuor Malevitch (Andrey Roszyk, violon ; Ian Psegodschi, alto ; Stéphane Giampellegrin, violoncelle ; Sofia Raichenko, piano).

lorcamenteAprès « Soirée Russe », « Fêtes tziganes », « Lumières scandinaves »,« So British » (Royaume-Uni et Irlande), la 11e édition du festival Pianoscope de Beauvais répand, du 14 au 16 octobre, des parfums d’Espagne. Classique, traditionnel, sauces pop ou rock, ou mélanges de styles, ces parfums sont multiples.

Notre week-end commence le samedi à 16 heures, à la Grange de la Maladrerie Saint-Lazare. D’abord, , directeur artistique du festival, et donnent un concert dont le programme fait alterner le piano solo et le duo. À travers trois Sonates de Scarlatti, la Sonate pour violoncelle et piano de Strauss, les Tanzstücke de Hindemith, et la Suite populaire espagnole de De Falla, les deux musiciens évoquent différents caractères de la musique espagnole, en restant dans le domaine classique. Si le début du concert du soir prolonge cette atmosphère classique avec la voix chaude et cristalline de la soprano Rustamovna (mélodies de Turina et Obradors), à la fin de la première partie, donne à ces chants une couleur populaire et légèrement ancienne grâce à sa vielle à roue : berceuse, prière pour la pluie, chant d’amour… La deuxième partie est entièrement assurée par le groupe , qui propose chant et danse traditionnels avec des arrangements modernes. Les mélodies connues utilisées par Granados, De Falla… sont interprétées de façon populaire, si bien que nous ne savons plus quelle version est originelle. La danseuse agrémente le concert avec sa danse flamenco rythmiquement très marquée, tantôt en chantant, tantôt en jouant des castagnettes.

On retrouve cette festivité dans le concert de clôture du dimanche soir, dans un programme semblable. Notamment, les deux guitaristes de flamenco, les Cortès père et fils, fascinent l’auditoire avec leur virtuosité éblouissante. La deuxième partie de la soirée est une succession de « bis ». Pour la première fois, quatre professeurs du Conservatoire Eustache du Chaurroy de Beauvais (Brigitte Rey, Nathalie Oulés, Emmanuelle Le Cann et Philippe Tamborini) participent à ce concert final, comme signe de volonté du festival de s’impliquer dans la vie musicale locale.

Jeunes interprètes et création mondiale du Trio avec piano de

castro-balbi-et-debargueLes jeunes musiciens sont toujours à l’honneur au Pianoscope. Cette année, deux lauréats du 15e Concours Tchaïkovsky sont invités. , Premier prix, impressionne le public avec son extrême virtuosité et sa formidable puissance dans des Préludes et des Etudes-Tableaux de Rachmaninov ; mais des Sonates de Scarlatti et Les Adieux de Beethoven, ne sont pas aussi structurés, et certaines notes manquent de clarté. (4e prix et Prix de la critique musicale de Moscou) apparaît pour la deuxième fois à la Maladrerie, en tant que soliste (deux Sonates de Schubert, D784 et D664) mais aussi en tant que compositeur et chambriste : avec David et Alexandre Castro-Balbi, il crée son Trio pour piano et cordes. En trois mouvements, la facture de l’œuvre est classique, avec fuguettes, motifs rythmiques légèrement obstinés, éléments jazzy, lamentation… Ils sont dominés par des mélodies très accessibles. Les mouvements (rapide, lent, rapide) sont composés en style libre, en une sorte de fantaisie ou de rhapsodie, mélangeant et faisant dialoguer ou se succéder des motifs et séquences à caractères parfois très différents.

Le Quatuor Malevich, tout fraîchement constitué par des étudiants du Conservatoire de Maastricht, présente le dimanche matin le quatuor pour piano de Turina, très rarement interprété, et celui de Brahms (en sol mineur op. 25). Si les quatre musiciens sont tous d’excellents solistes, leur identité en tant que formation de chambre est encore à acquérir.

Avec les manifestations « autour de pianoscope » plus développées qu’auparavant (concerts scolaires, classes de maître de Rena Shereshevskaya, jazz au centre hospitalier et à l’université de Beauvais…) qui diversifiaient davantage le festival, le Pianoscope a baissé le rideau de sa 11e édition dans un climat de belle réussite.

Crédits photographiques : Chants et danses flamenco par le groupe  ; Lucas Debargue, David et en répétition pour la création du Trio pour piano de L.Debargue © Christophe Mazet

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