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Thibaudet et Bychkov magnifiques dans un programme russe avec l’ONF

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Paris. Auditorium de Radio France. 15-XII-2016. Aram Khatchatourian (1903-1978) : Concerto pour piano et orchestre ; Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893) : Manfred Symphony ; Jean-Yves Thibaudet, piano ; Orchestre National de France, Semyon Bychkov, direction.

at-bbc-proms-2013-photo-chris-christodoulou-21Dans le cadre de la résidence de , l’, cette fois superbe dans le concerto Khatchaturian, accompagné par un d’abord sage puis plus exalté dans la Manfred de Tchaïkovski.

Personnage surprenant autant par le style que par le jeu, est sans conteste l’un des meilleurs pianistes du moment et certainement le meilleur pianiste français actuel, dans la veine du maître Aldo Ciccolini. Son exubérante apparence, d’ailleurs de plus en plus sage, contrebalance avec un jeu léger et mesuré, coloré et tout à fait approprié pour amener le concerto de Khatchaturian vers les sonorités d’un Ravel plutôt que d’un Gerschwin.

D’abord réservé dans l’Allegro ma non troppo, va soutenir avec maîtrise ensuite l’Andante con anima dans lequel on se délecte du flexatone, instrument proche de la scie musicale accompagnant les parties sensibles. Le jeu de Thibaudet trouve dans ce mouvement lent une véritable majesté, encore plus impressionnante que lors de l’Andante de l’Égyptien de Saint-Saëns dans le même auditorium cette rentrée. Il propose en bis une piécette de l’adolescent , très intéressante par ses liens avec le programme et montrant ce qu’avait déjà intégré le grand pianiste à quatorze ans de la musique de Rachmaninov et plus encore de celle de Grieg.

Au retour d’entracte, Semyon Bychkov revient seul sur le devant de la scène avec un orchestre renforcé pour la rare Manfred, symphonie mal-aimée de Tchaïkovski écrite hors du corpus des six numérotées, et que Paris a cependant entendue dans l’année au Théâtre des Champs-Élysées par Valéry Gergiev et les Wiener Philharmoniker. L’ n’a aucune raison de pâlir devant la comparaison et montre même qu’il maîtrise bien mieux cette musique que la formation autrichienne. Bychkov tarde à développer les premières minutes, qui manquent encore de chaleur et montrent des risques dans les attaques trop rapides de violons par rapport aux parties de bois, avant que le son ne s’exalte pour porter haut une coda offrant l’un des plus beaux thèmes jamais écrit par le compositeur. Le plus grand moment de la soirée sera d’ailleurs le retour de ce thème à la dernière partie de l’Allegro con fuoco, où le premier cor déjà remarquable dès le premier mouvement emmène avec lui tout son groupe, suivi de magnifiques bois dont on remarque surtout la première clarinette et la clarinette basse, avant l’utilisation trop peu audible de l’harmonium dans la dernière partie, la version originale de l’œuvre ayant été privilégiée à celle retouchée d’Aleksandr Gauk.

Avec des programmes originaux joués à très hauts niveaux, l’Auditorium de la Maison de la Radio trouve petit à petit sa place sur la scène parisienne par rapport aux deux autres grandes salles, place qu’il faudra conserver avant la très prochaine ouverture de la Seine musicale de l’Ile Seguin.

Crédit photographique : Chris Christodoulou

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Paris. Auditorium de Radio France. 15-XII-2016. Aram Khatchatourian (1903-1978) : Concerto pour piano et orchestre ; Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893) : Manfred Symphony ; Jean-Yves Thibaudet, piano ; Orchestre National de France, Semyon Bychkov, direction.

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