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Songline, l’essentiel est dans la voix de Marc Mauillon

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Anonyme : In paradisium, Ave stella matutina (XIVe siècle), Quant la doulce jouvencelle (XVe siècle), Parestosa (VIIIe siècle), Eterni numinis (codex Las Huelgas), D’Amours vient mon chant et mon plour. Giacinto Scelsi (1905-1988) : Taïagaru n°1. Jehan De Lescurel (? – 1304) : Dame par vos doux regard, Bien se lace. Gratiosus De Padua (actif 1391 – 1407) : Alta regina de virtute. Philippe Leroux (né en 1959) : Ma belle si tu voulais. Lorenzo Da Firenze (? – 1372 ?) : Sento d’amor la fiamma. Meredith Monk (née en 1942) : Song from the hill : Wa-lie-oh. Marchetto Cara (vers 1470 – vers 1525) : S’io sedo all’ombra Amor. Guillaume de Machaut (v.1300 – 1377) : Comment qu’a moy lonteine, Se ma dame m’a guerpi. Georges Aperghis (né en 1945) : Récitation n°12. Bernard de Vendadorn (v. 1125 – 1200) : Estat ay com om esperdutz. Blanche de Castille (1188 – 1252) : Amours ou trop tart me sui pris. Marc Mauillon, baryton. 1 CD Petit Festival. Enregistré à la chapelle des Ursulines de Morlaix en mai et juin 2016. Livret en français, en breton et en anglais. Durée : 65’19.

 

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songline_couv_hdSongline, itinéraire monodique est une démarche artistique admirable, qui rejoint tout droit le tréfonds de nos âmes. Au fil d’un parcours introspectif, l’artiste revient aux origines de son instrument : la voix.

Inspiré du livre The Songlines (Le Chant des pistes), ouvrage basé sur la recherche de Bruce Chatwin des itinéraires chantés des aborigènes australiens, l’intitulé du dernier disque de a « perdu son pluriel et devient personnel : une proposition, une direction, une seule ligne de chant. Monodie. » Certains trouveront cela ambitieux. Certains trouveront cela courageux. Certains trouveront cela audacieux. Certains trouveront cela culotté. Ce disque est tout simplement juste, comme tout le travail de jusqu’à aujourd’hui.

La sobriété du baryton français (dont nous avions déjà fait l’éloge pour un disque consacré aux mélodies de la Grande Guerre), jointe à un timbre si particulier, une voix droite un peu déroutante et une mise en lumière du verbe, rendent cet interprète reconnaissable entre tous dès les premiers instants musicaux de cet enregistrement, dans un univers totalement dépouillé quoique aucunement austère.

Mystique et d’une grâce originelle, In paradisium, basé sur une simple ligne mélodique chantée bouche fermée, est la première étape d’un chemin initiatique dont la cohérence paraît évidente, alors même que ce « récital nomade » nous entraîne entre musique médiévale, l’une des spécialités de (avec Guillaume de Machaut en tête), et œuvres contemporaines (de , , …) où la destructuration de la ligne mélodique et autres onomatopées ponctuent avec équilibre la monodie du Moyen Âge. Entre sacré et profane, entre latin et vieux français, entre italien et grec, chaque mot est porteur de sens, chaque sonorité véhicule une intention, chaque mélodie modèle une atmosphère unique. Loin d’être déroutante, cette programmation est riche, variée et singulière.

Comme le dit si bien Marc Mauillon, « le bonheur n’est pas au bout du chemin, le bonheur est le chemin. Alors en route ! » Mais bien loin d’être une expédition solitaire, ce voyage prend la forme ici d’une exploration vocale qui nous touche tous, au plus profond de nous.

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