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Laurence Equilbey dirige Niels Gade à la Cité de la Musique

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Paris. Philharmonie – Salle des concerts de la Cité de la Musique. 20-VI-2017. Niels Wilhelm Gade (1817-1890) : Échos d’Ossian, Ouverture. Comala, cantate dramatique d’après Ossian. Marie-Adeline Henry, Comala ; Thomas Oliemans, Fingal ; Catherine Trottmann, Dersagrena ; Ambroisine Bré, Melicoma. Chœur Accentus. Orchestre de l’Opéra de Rouen – Haute-Normandie, direction : Laurence Equilbey.

ACCENTUSÀ peine sorti du Timbre d’Argent à l’Opéra Comique, le chœur s’attèle à une autre rareté, cette fois danoise, avec la musique de . dirige le concert devant un Orchestre de l’Opéra de Rouen Normandie apte à porter la chaleur de cette musique, tout particulièrement aux violoncelles, très utilisés par la partition. Pour la seconde pièce du concert, la cantate Comala, la distribution profite de trois excellents chanteurs, dont la mezzo-soprano et le baryton .

Il est suffisamment rare d’entendre en France la musique de pour s’intéresser véritablement à ce concert de fin d’année à la Cité de la Musique, dont le programme comporte exclusivement des pièces du romantique danois. La première des deux œuvres présentée n’est autre que l’opus 1 de Gade, l’ouverture Echos d’Ossian, composée d’après la même source que celle des Hébrides de Mendelssohn. Ce dernier a d’ailleurs découvert dès 1842 la musique de Gade, immédiatement ajoutée au programme de l’Orchestre du Gewandhaus de Leipzig qu’il dirigeait alors.

La nappe de violoncelles introductive de l’Ouverture présente une belle chaleur, bien maintenue par ce groupe de cordes placé tout à droite de la chef, vite rejoint par des altos presque aussi chauds. La partition évoque clairement les paysages nordiques grâce à ce mélange de chaleur intérieure et de froideur externe, à l’image d’un Sibelius plus tard, mais ne cache pas sa parenté avec les ouvrages des romantiques allemands de la première moitié du XIXe siècle, ceux du compositeur précité mais aussi de Schumann, discernable dans les accords de violons et dans les agencements, là où Mendelssohn  fait plutôt ressortir les parties de bois et de cuivres. maintient une ligne droite et traite sans empressement cette œuvre oblongue, où l’on pourra seulement reprocher la battue trop rigide, au risque de limiter sa puissance poétique.

Enchaînée immédiatement, la cantate Comala opus 12 montre plus de maturité et un style plus personnel, bien que toujours inspiré des romantiques allemands. Là encore la cantate est reprogrammée quelques mois seulement après sa création par Mendelssohn à Leipzig. Laurence Equilbey y maintient une tenue exemplaire, tout particulièrement au chœur d’hommes, très sollicité pour rendre avec gravité cette musique dans laquelle ils sont soit guerriers, soit bardes. Le finale bénéficie d’une véritable dynamique, accompagnée par le chœur de femmes, elles-mêmes représentant des vierges.

Comme le chœur, la diction des chanteurs semble plus qu’aléatoire et traitée régulièrement en phonétique. dans le rôle de Fingal réussit toutefois mieux et semble être le seul à véritablement parler la langue. Le timbre du baryton allie une belle couleur, tout particulièrement dans le grave, à une clarté de projection. Très demandée par la partition, la jeune parvient à tenir magnifiquement ses parties grâce à une belle palette colorée ; son air à l’Andante en partie VIII trouve en plus une véritable affectivité. La jeune apporte plus de fraicheur au personnage de Dersagrena, et notamment à sa ballade en milieu d’œuvre, ponctuée par les interventions justes d’ pour Melicoma.

Ce concert montre l’importance de maintenir un répertoire large dans les programmations des salles musicales, il aura été d’autant plus intéressant que les interprétations étaient de grande qualité.

Crédits photographiques : Chœur © Sylvain Gripoix ; Catherine Trottmann © Thierry de Girval

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Paris. Philharmonie – Salle des concerts de la Cité de la Musique. 20-VI-2017. Niels Wilhelm Gade (1817-1890) : Échos d’Ossian, Ouverture. Comala, cantate dramatique d’après Ossian. Marie-Adeline Henry, Comala ; Thomas Oliemans, Fingal ; Catherine Trottmann, Dersagrena ; Ambroisine Bré, Melicoma. Chœur Accentus. Orchestre de l’Opéra de Rouen – Haute-Normandie, direction : Laurence Equilbey.

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  • Grégoire Fohet-Duminil

    En phonétique ? Personne ne parle le danois ? Mais qu’est-ce que vous racontez ? L’œuvre est en allemand !! Vous êtes sourd ?
    Et vous confondez Marie-Adeline Henry, qui chantait le rôle principal de Comala, et Catherine Trottmann (Dersagrena)
    Vous êtes sûr que vous êtes venu au concert ?

    • Merci pour votre vigilance. Nous allons corriger ces erreurs.

  • Emilie Nicot

    Maintenant que vous avez supprimé la référence à la langue danoise, que vous avez cru entendre mal prononcée alors que l’œuvre est en allemand, il serait peut-être également judicieux de supprimer toute mention de questionnements linguistiques, puisqu’à l’évidence, ça ne fait pas partie de vos domaines d’expertise.

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