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Nouvelle version du Dream of Gerontius par Barenboim

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Edward Elgar (1857-1934) : The Dream of Gerontius op. 38, oratorio en deux parties sur un livret du Cardinal Newman. Avec : Catherine Wyn-Rogers, alto ; Andrew Staples, ténor ; Thomas Hampson, baryton. RIAS Kammerchor et Staatsopernchor. Staatskapelle Berlin : direction, Daniel Barenboim. 2 CD. Decca. Durée : 35’42’’ et 58’19’’.

 

DreamDistribution quelque peu décevante pour un ouvrage typiquement anglais, ici magnifiquement servi par le chœur et par l’orchestre.

Le scoop de ce nouvel enregistrement du chef d’œuvre d’ devait être la prise de rôle de . Cette dernière, pour diverses raisons, n’a pas pu avoir lieu. À l’instar de la prestation autrefois d’un , elle aurait vraisemblablement donné au Songe de Géronte la dimension opératique qui, la plupart du temps, fait défaut à cet ouvrage d’une grande beauté musicale mais d’un statisme parfois pesant pour les auditeurs rétifs à la dimension spirituelle de l’œuvre.

La prestation d’, en dépit de toutes ses qualités intrinsèques, réinscrit l’ouvrage d’Elgar dans la solide tradition de l’oratorio anglais victorien onctueux, bien-pensant et empreint d’une religiosité de bon aloi. C’est également cette lecture conventionnelle que privilégie la mezzo-soprano , grande habituée d’une partition qu’elle a déjà enregistrée plusieurs fois aux côtés de deux grands interprètes du rôle-titre, Philip Langridge et Anthony Rolfe Johnson. Dans un tel contexte, la lecture éminemment théâtralisée de , avec une voix désormais au bord de l’usure, serait presque dérangeante…

Si les solistes n’apportent rien de bien nouveau à une partition royalement servie par le disque, on notera la qualité des somptueux RIAS Kammerchor et Staatsopernchor de Berlin. La brille tout particulièrement par l’éclat de ses cuivres, et apporte à la partition d’Elgar toute la rutilance que seul peut lui donner un orchestre allemand. On apprécie cependant chez Barenboim le caractère légèrement détaché de sa direction, même si certains auditeurs auraient sans doute préféré la sentimentalité et le caractère quelque peu onctueux et larmoyant tant prisé des grands chefs anglais de la tradition. Pour la beauté et la sobriété de la musique d’Elgar, on se tournera sans hésitation vers cette nouvelle version, qui sans doute sera une révélation pour les auditeurs non familiers de la musique d’Elgar.

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Edward Elgar (1857-1934) : The Dream of Gerontius op. 38, oratorio en deux parties sur un livret du Cardinal Newman. Avec : Catherine Wyn-Rogers, alto ; Andrew Staples, ténor ; Thomas Hampson, baryton. RIAS Kammerchor et Staatsopernchor. Staatskapelle Berlin : direction, Daniel Barenboim. 2 CD. Decca. Durée : 35’42’’ et 58’19’’.

 
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  • Torpedo-los !

    Le « détachement » de Barenboim est un terme gentil dans ce cas. Ce chef que j’aimais bien autrefois m’horripile maintenant avec ce « détachement » masqué par des maniérismes et des discours malvenus avant les concerts, comme aux Prom’s il y a peu. Pour cet oratorio d’Elgar je reste a Barbirolli ou Sakari Oramo pour les non british.

    • Martin Antoine

      Magnifique 1 ère symphonie d’Elgar sur FM jeudi soir avec un mouvement lent profondement émouvant ; retransmission en différé des Prom’s .
      Il a toujours bien « réussi » dans la musique d’Elgar : cf les enregistrements des années 70/80 pour le défunt CBS avec le LPO et l’ECO .
      J’aime bien Britten dans cet oratorio quant même difficile pour les non initiès ; autant j’aime Elgar dans sa musique symphonique et de chambre mais je n’arrive jamais au bout des oratorios !!!
      Quel discours avant le concert ?

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