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Le premier disque d’Andrey Baranov en tant que soliste

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The Golden Violin. Œuvres de Giuseppe Tartini/Fritz Kreisler, Niccolò Paganini, Piotr Ilitch Tchaïkovski, Sergueï Rachmaninov, Maurice Ravel, Claude Debussy. Andrey Baranov, violon ; Maria Baranova, piano. 1 CD MUSO. Enregistrements réalisés à Bruxelles du 20 au 22 juillet 2017. Durée : 75:45

 

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The-Golden-ViolinPremier prix du Concours Reine Élisabeth en 2012, le violoniste russe , né en 1986, nous livre, pour son premier disque comme soliste, un récital en forme de carte de visite qui l’inscrit délibérément et ostensiblement dans une lignée stylistique héritée des grands compatriotes qui l’ont précédé.

Accompagné par sa sœur et sur une copie du Stradivarius « le Messie » ayant appartenu à David Oïstrakh, il cultive une sonorité d’une grande puissance et une esthétique d’un romantisme très traditionnel. Son programme s’ouvre par la Sonate des trilles du Diable de Tartini dans l’arrangement de . De fait, le vibrato prononcé, l’accent mis sur la cadence, la sonorité intense inscrivent l’approche de Baranov dans un esprit qui regarde plus vers un Kreisler que vers Tartini. Les deux pages de Paganini, que ce soit le finale du Second Concerto accompagné au piano ou le Caprice n° 24 avec l’accompagnement de Schumann, poursuivent dans cette même esthétique un peu surannée aujourd’hui.

Clairement, la partie la plus convaincante du récital est celle dévolue à l’ensemble des compositions de Tchaïkovski autres que le concerto : Sérénade mélancolique, Valse-Scherzo et Souvenir d’un lieu cher imposent un lyrisme intense, une virtuosité impressionnante et surtout une justesse stylistique emplie d’émotion, sans sentimentalisme, qui convainquent pleinement l’auditeur. On retrouve ces qualités dans la célèbre Vocalise de Rachmaninov mais aussi dans un ébouriffant Tzigane de Ravel.

L’ensemble dessine le portrait d’un virtuose de haut vol s’inscrivant dans une esthétique d’un romantisme traditionnel, qui laisse espérer que Baranov puisse se développer comme avant lui Vadim Gluzman l’a fait au début de sa carrière ou bien de tenter d’autres approches stylistiques. Un disque recommandable à tous les amateurs de beau violon, en attendant de retrouver Baranov dans des programmes plus homogènes, et en particulier les grands concertos qu’on attend de lui et où sa puissance devrait faire merveille.

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