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Mahler 7, Kirill Petrenko l’intranquille

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Munich. Nationaltheater. 28-V-2018. Gustav Mahler (1860-1911) : Symphonie n° 7. Orchestre national de Bavière ; direction : Kirill Petrenko.

33923544_10156390451078794_675328936657289216_oNationaltheater comble et ovations sonores : Petrenko fait sensation en concert tout autant qu’à l’opéra. 

Après Mariss Jansons un mois plus tôt , c’est au tour de d’affronter la Symphonie n° 7 de Mahler devant le public de Munich, et le résultat est sans appel : tout ce que le directeur musical de l’orchestre de la Radio bavaroise ne parvenait pas à construire, à laisser croître, à rendre organique, tout cela retrouve toute sa force et tout son naturel sous la baguette de son homologue de l’Opéra de Bavière. Ce n’est certes pas une surprise : une admirable Symphonie n° 5 nous avait donné l’occasion d’apercevoir quel mahlérien il pouvait être, et ce n’était pas la première fois qu’il avait choisi d’inscrire Mahler au programme de l’un de ses deux concerts symphoniques annuels à Munich.

Toujours adulé par le public munichois, Petrenko ne suscite pas l’adhésion par les grands effets, visuels comme musicaux, et c’est déjà beaucoup ; pour autant, son Mahler n’est pas le produit d’un juste milieu interprétatif, et il n’est pas non plus comparable aux admirables sculptures apolliniennes qu’offre ces dernières années Bernard Haitink au public de la Radio bavaroise. Il y a une ivresse, une corporéité débordante, dans les passages les plus impétueux, la fin du premier mouvement par exemple, jusqu’aux déhanchements de la danse ; mais ce même mouvement avait débuté par un tempo inhabituellement lent : il n’y a rien ici de cette manière dont tel ou tel chef à la mode, de Nézet-Séguin à Dudamel, enchaîne les à-coups à force de naviguer à vue dans les univers mahlériens, et pas seulement parce que les musiciens du Staatsorchester résistent à toute tentation d’en faire trop.

Le chemin importe ici plus que les moments individuels, et pourtant : quand il s’agit d’attirer l’auditeur vers un monde soudain impalpable, au-delà du sensible, l’orchestre sait trouver des sonorités d’une légèreté stupéfiante. Si Petrenko ne laisse jamais le volume sonore devenir écrasant, c’est qu’il privilégie la clarté du discours à l’effet, mais il reste un explorateur, un intranquille qui ne se satisfera jamais d’une trajectoire lisse et sans histoire.

Crédits photographiques : © Wilfried Hösl

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  • Michel LONCIN

    Compte rendu trop court : on aimerait savoir comment a été abordé « LA » pierre d’achoppement de la 7ème Symphonie : le « mal-aimé » Finale …

    • Martin Antoine

      Assez d’acco et ce finale est redoutable, semblant décevant jusqu’à ce que ….. un chef parvienne à l’unifier et le rendre lisible .
      Pour moi Petrenko mais Vassily ( et non Kirill ) un soir de 2014 à Pleyel avec le philharmonique de Radio France qui dans les meilleures mains est un devenu orchestre de dimension mondiale !

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