La déclaration d’amour de Thomas A. Ravier à la musique baroque

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Sans le baroque, la musique serait une erreur. Thomas A. Ravier. Éditions Léo Scheer. 106 p. 16 €. Octobre 2018

 

ravier_baroque2L’écrivain français livre un essai radical et tout personnel sur la musique baroque.

Sans le baroque, la musique serait une erreur fait référence à une célèbre phrase de Nietzsche : « Sans la musique, la vie serait une erreur. » Mais ce livre n’a rien à voir avec un traité philosophique, et n’est pas davantage un solide argumentaire nourri de musicologie en faveur de la musique baroque. Le romancier et essayiste assume pleinement son approche personnelle, volontiers autobiographique, qui le conduit à produire ce court texte, tantôt récit initiatique, déclaration enflammée, exposé résolu, tantôt encore charge contre la musique romantique dont le parangon est celle de Wagner.

Il faut passer sur les excès, sur les clichés (les pays du Nord qui produisent une musique triste et artificielle…), et sur la mauvaise foi manifeste pour apprécier les quelques passages qui, sans être forcément originaux sur le fond, peuvent valoir le détour : des réflexions sur le rapport de la musique baroque à la nature, sur les similitudes avec le jazz, sur Vivaldi, ou des analyses portant sur la voix en général ou sur celles d’interprètes qui l’inspirent et qu’il détaille souvent en regard d’interprétations précises : , , , , Natalie Dessay, Alfred Deller…

Pour autant, on reste trop souvent sur sa faim, notamment quand Thomas A. Ravier tente un rapprochement avec le rap, un genre qui l’inspire. Des affirmations perdent de leur force faute de développement conséquent, comme celle selon laquelle « aujourd’hui encore, malgré son succès, l’agressivité contre la musique ancienne reste palpable » (p. 53). Les métaphores sexuelles, nombreuses, ne sont pas toujours heureuses. Son sens de la formule, enfin, s’il est indéniable, peut finir par lasser, voire par donner l’impression de masquer un manque de pensée originale. Pourtant, une fois finie la lecture de cette petite centaine de pages, de ce curieux objet littéraire, il faut convenir que Thomas A. Ravier parle de la musique baroque comme d’un sujet qu’il connaît, convoquant nombre de références, et que la sincérité de sa démarche ne peut être mise en doute.

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