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Mozart plus, Peretyatko moins

À emporter, CD, Musique de chambre et récital, Opéra

Tommaso Traetta (1727-1779) : « Io resto sempre a piangere … Finito è il mio tormento » et « Ombra cara, amorosa » extraits de Antigona. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : « Chi sa, chi sa, qual sia » K. 582 et « Vado, ma dove? » K. 583 extraits de Il burbero di buon cuore ; « Welcher Wechsel herrscht in meiner Seele … Traurigkeit ward mir zum Lose » et « Martern aller Arten » extraits de Die Entführung aus dem Serail ; « E Susanna non vien … Dove sono i bei momenti » extraits de Nozze di Figaro ; « Or sai chi l’onore » extrait de Don Giovanni ; « Non piu di fiori » extrait de La Clemenza Di Tito. Vicente Martín Y Soler (1754-1806) : « Infelice ad ogni istante » extrait de Il Burbero Di Buon Cuore. Giovanni Paisiello (1740-1816) : « Giusto ciel, che conoscete » extrait de Il Barbiere Di Siviglia. Avec : Olga Peretyatko, soprano.Sinfonieorchester Basel, direction : Ivor Bolton. 1 CD. Sony Classical. Enregistré en août 2018. Notice de présentation bilingue (anglais et allemand). Durée : 60:01

 

Mozart-PlusDans un programme à la fois classique et original, déçoit par un chant fruste et brouillon. Le XVIIIe siècle semble peu convenir à la soprano habituée au bel canto du premier romantisme italien.

L’originalité du programme, intitulé Mozart Plus, séduira plus d’un auditeur. En plus, donc, d’un certain nombre d’airs de Mozart hyper connus – « Dove sono », « Or sai chi l’onore », les airs du deuxième acte de L’Enlèvement…, l’album contient des morceaux plus rares dus à la plume de compositeurs contemporains de Mozart, astucieusement reliés aux pièces plus familières. Les airs dits de concert « Chi sa, chi sa » et « Vado, ma dove », conçus par Mozart pour être intercalés dans Il burbero di buon cuore de Vicente Martín Y Soler, voisinent ainsi avec un air de ce même opéra, mais du « vrai » compositeur. Le « Dove sono » de la comtesse est annoncé par un air de Rosine du Barbiere de Paisiello. C’est donc à tout cet univers viennois, empreint de toute l’italianité qui a marqué cette période faste entre toutes, que nous convient et . Parmi les belles surprises on comptera également deux scènes de l’Antigona de Traetta, airs autrefois révélés au grand public par Christophe Rousset et dans une intégrale qui a fait date. On pouvait compter sur pour donner à ce programme toute la cohérence stylistique qu’il méritait. Le est une belle phalange qui connaît son Mozart, et plus, sur le bout des doigts.

On aura de fortes réserves en revanche sur le choix de la soprano Olga Peretyatko pour honorer cette esthétique classique héritée des règles du chant baroque. Connue pour ses incarnations belcantistes, pour tout le pathos et l’émotion qu’elle apporte aux héroïnes du premier romantisme italien, la jeune cantatrice n’a pas l’instrument qu’il faut pour se couler dans la ligne mozartienne. Si l’on peut à la rigueur admirer le panache de Constance dans « Martern aller Artern », le dramatisme prêté à Antigone ou encore l’énergie de Vitellia dans La Clemenza, on sera très fortement gêné par l’incertitude des attaques, le manque de netteté des vocalises, la mollesse et l’approximation de la diction : « il conte » des Noces de Figaro n’est pas à confondre avec « il conto »… Encore plus embarrassant, un vibrato intempestif qui rend l’écoute de « Dove sono » un véritable supplice. « Or sai chi l’onore », qui lui fait directement suite sur le CD, paraît presque crié… Fatigue passagère ? Inadéquation d’une voix à un répertoire ? On espère vite retrouver Olga Peretyatko dans un répertoire adapté à ses moyens actuels.

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