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L’opéra des opéras, ou l’opéra imaginaire du Concert spirituel

À emporter, CD, Opéra

Extraits d’opéras de Jean-Joseph Cassanéa de Mondonville (1711-1772), Toussaint Bertin de La Doué (1680-1743), Jean-Philippe Rameau (1683-1764), André Campra (1660-1744), Antoine d’Auvergne (1713-1797), François Colin de Blamont (1690-1760), François Francoeur (1698-1787), François Rebel (1701-1775), Jean-Marie Leclair (1697-1764), Marc-Antoine Charpentier (1643-1704), Jean-Baptiste Stuck (1680-1755), Marin Marais (1656-1728), André Cardinal Destouches (1672-1749), Charles-Hubert Gervais (1671-1744), Jean-Baptiste Lully (1632-1687). Avec : Katherine Watson, la princesse ; Karine Deshayes, la reine magicienne ; Reinoud Van Mechelen, le prince. Chœur et orchestre Le Concert spirituel, direction : Hervé Niquet. 1 CD Alpha. Enregistré en octobre 2017 à l’Opéra royal de Versailles. Notice en français, anglais et allemand. Durée : 74:10

 

CD_NiquetAbracadabra ! Et voilà que et , à l’occasion des trente ans de leur institution respective, le pour le premier, pour le second, font apparaître un nouvel opéra baroque de leur chapeau.

On connaît l’espièglerie d’, le chef d’orchestre suscitant un éclat de rire général quand il présenta sa proposition de pochette pour ce nouveau disque du Concert spirituel à son directeur de label. devenant Samantha Stevens, sous les traits d’Endora et transformé en Jean-Pierre Stevens pour un nouvel épisode de Ma sorcière bien aimée !

Cet « opéra imaginaire » imaginé par , devient en disque « l’Opéra des opéras », le directeur artistique du prenant comme exemple Lully qui imagina à la demande du roi Louis XIV un « Ballet des ballets », soit une anthologie d’une trentaine de ballets dansés devant la Cour et appréciés du monarque. Ce procédé donne ainsi l’occasion au Concert Spirituel de faire collaborer des pages du grand répertoire baroque, à des raretés musicales voire des inédits. Après Miranda « de » Raphaël Pichon et Katie Mitchell, et du Sravanganza d’amore dont la qualité fut auréolée d’une Clef d’or ResMusica, cette démarche naturelle aux XVIIe et XVIIIe siècles, ne fait plus figure d’exception au XXIe siècle dans le monde de la musique baroque. Encore une fois, le succès est au rendez-vous, cette fois-ci autour d’un triangle amoureux assez classique, même si nous regrettons que cette trame n’ait pas été exploitée pleinement lors de la conception de ce « nouvel » ouvrage. Les airs, duos, chœurs et pièces purement instrumentales s’enchainent sans que l’intrigue ne soit réellement mise en valeur par des récitatifs qu’un simple continuo aurait pu soutenir, affaiblissant de fait la dramaturgie de l’ouvrage structurée en deux parties bien équilibrées. Mais cette faiblesse s’atténue grandement quand avec un disque, on peut passer de plage en plage comme bon nous semble, et ainsi s’émanciper de cette histoire sans grand éclat et de ces protagonistes sans véritable consistance.

A la différence de l’exécution en concert, la vidéo ne détourne plus l’auditeur de la qualité musicale de ces pages et de leurs interprètes. On retrouve la richesse des timbres, des couleurs, des dynamiques et le chœur robuste du Concert Spirituel ; on retrouve la justesse et la précision de , ainsi que la finesse du chant brillant de . Et même si Chantal Santon-Jeffery avait démontré alors une belle sensibilité dans le rôle de la princesse, affirme quant à elle dans cet enregistrement, une fraîcheur lumineuse qui la caractérise si bien.

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