Julie Fuchs, piquante mademoiselle

À emporter, CD, Opéra

Gaetano Donizetti (1797-1848) : Il faut partir extrait de « La fille du Régiment ». Giovanni Pacini (1796-1867) : scène : O tenera madre dal cielo rimira et aria : Allor ch’è a mezzo la notte bruna extraits de « La Regina di Cipro ». Pietro Raimondi (1786-1853) : Amor cagion possente extrait de « L’Orfana Russa ». Gioachino Rossini (1792-1868) : Sventurata mi credea extrait de « La Cenerentola » ; Juste ciel extrait du « Siège de Corinthe. Vincenzo Fioravanti (1799-1877) : Lo son la zingara extrait de « Gli Zingari ». Hector Berlioz (1803-1869) : Mélodie pour soprano et orchestre extrait de « Zaïde ». Francisco Asenjo Barbieri (1823-1894) : ¿Por qué se oprime el alma ? extrait de « Mis dos Mujeres ». Gioachino Rossini (1792-1868) : scène : En proie à la tristesse et air : Céleste providence extraits du « Comte Ory ». Giacomo Meyerbeer (1791-1864) : L’aurore enfin succède extrait de « L’Etoile du Nord ». Julie Fuchs, soprano. Orchestre national d’Ile-de-France, direction : Enrique Mazzola. 1 CD Deutsche Grammophon. Enregistré en juillet 2018. Durée : 60:01:45

 

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CD_FuchsEn pleine tournée promotionnelle, s’oriente avec aisance vers le bel canto avec ce nouveau disque Mademoiselle.

Surprenante  ! Qu’elle accompagne la plus grande star française du rock’n roll vers sa dernière demeure ou qu’elle foule les planches des plus grandes scènes lyriques actuelles, chantant l’opérette ou le bel canto avec la même conviction, évoluant dans l’univers du baroque, de la comédie musicale ou de la musique contemporaine, côtoyant sans distinction Björk ou Rossini, la décontraction et le charisme de Julie Fuchs font mouche quels que soient ses choix artistiques. Fini les divas capricieuses, une nouvelle génération de chanteuses lyriques est là, pour le plus grand bien de leur art.

Souvent qualifiée d’une sympathique « rigolote », Julie Fuchs s’émancipe des codes avec un talent de comédienne qui semble être sa plus grande force. Mais évidemment, en disque, c’est le chant qui prime. Et l’on peut dire que la demoiselle y démontre de sérieux atouts dans un répertoire qui lui sied comme une seconde peau.

Avec la programmation de cet enregistrement, l’artiste n’oublie pas de dépasser les frontières de « la grande botte » souvent associées au répertoire belcantiste, pour rejoindre la France et l’Espagne. On retrouve donc des évidences (Le Comte Ory, Cenerentola) mais aussi des surprises de taille comme la zarzuela de Barbieri (1823-1894), ¿Porque se oprime el alma ?,  (1799-1877) et son Io son la zingara, un premier enregistrement mondial comme c’est le cas également pour Amor cagion possente de (1786-1853), et des deux extraits de La Regina di Cipro de (1796-1867).

Ainsi, même avec le bel canto, Julie Fuchs continue à sortir des sentiers battus. Et au regard de la rondeur de son timbre, de son souci constant de la ligne et de la conduite maîtrisée de son souffle ainsi que d’une vocalisation rapide et légère, la voix ronde et chaleureuse de la soprano évolue avec une aisance folle et une musicalité pétillante. Elle nous l’avait déjà démontré avec le Comte Ory à l’Opéra Comique : Julie Fuchs choisit la simplicité et la légèreté. Pas de spectaculaire donc, que du chant. A ses côtés, et l’Orchestre national d’Île-de-France savent se mettre au second plan pour compléter cette interprétation pleine de tempérament.

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