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Tristes Noces à l’Opéra de Marseille

La Scène, Opéra, Opéras

Marseille. Opéra. 31-III-2019. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Le Nozze di Figaro, opera buffa en quatre actes sur un livret de Lorenzo Da Ponte. Mise en scène et costumes : Vincent Boussard. Décors : Vincent Lemaire. Lumières : Bertrand Couderc. Avec : Patrizia Ciofi, la Comtesse Almaviva ; Anne-Catherine Gillet, Susanna ; Antoinette Dennefeld, Cherubino ; Marie-Ange Todorovitch, Marcellina ; Jennifer Courcier, Barbarina ; Christian Federici, le comte Almaviva ; Mirco Palazzi, Figaro ; Marc Barrard, Bartolo ; Raphaël Brémard, Basilio ; Carl Ghazarossian, Don Curzio ; Philippe Ermelier, Antonio. Chœur de l’Opéra de Marseille (Chef des chœurs : Emmanuel Trenque). Orchestre de l’Opéra de Marseille, direction : Mark Shanahan

IMG_4931 photo Christian DRESSE 2019De belles voix mais des Noces de Figaro bien mornes à l’Opéra de Marseille.

Le rideau s’ouvre comme il se doit sur la future chambre nuptiale de Susanna et Figaro, peuplée de choristes masqués et vêtus comme pour le carnaval de Venise. Soudain, ils revêtent des gants de vaisselle et pendant toute l’ouverture, accrochent çà et là des objets représentatifs de l’opéra : maquettes, costumes, accessoires, etc. On remarque aussi, derrière un sofa, une tête géante de lapin en peluche (il s’avérera par la suite qu’il s’agit du couvre-chef de Barbarina). On s’imagine avec résignation que nous allons avoir droit à une « conception » de metteur en scène, une mise en abyme de l’opéra dans l’opéra. Il n’en est rien, car finalement, de conception, aucune.

Dans des décors moches, que l’on soupçonne de participer à l’étouffement de voix pourtant glorieuses, et des costumes contemporains anodins (sauf ceux des chœurs, somptueux mais hors de propos) les protagonistes se déplacent sans entrain, parfois même en contradiction avec le livret. Les changements de lieux se déroulent avec lenteur et un bruit de machinerie grippée qui augure du pire. Bref, tout concourt à couper la mécanique huilée de cette « folle journée ». Le chef semble avoir lui aussi décidé de participer à cette lourdeur ambiante et de saper l’énergie de la musique de Mozart, avec des tempi allongés et soporifiques.

Heureusement, la représentation est en partie sauvée par les voix, notamment féminines. est une Susanna absolument délicieuse, belle à regarder, belle à écouter, avec toutefois un peu moins de vivacité qu’à son accoutumée. , éternelle magicienne, met le public à genoux avec un Dove sono d’anthologie, et même si après cela une sorte de graillon se pose sur son médium, elle reste une comtesse Almaviva miraculeuse. De son côté, incarne un Chérubin idéal. C’est moins la fête du côté masculin, avec un Figaro de routine () et un comte (Christian Federici) qui ne marque guère.

En ce qui concerne les seconds rôles, il y a du grand luxe, comme l’adorable Barbarina de , à coup sûr une jeune voix à suivre, l’élégant Bartolo de et la Marcellina de haute volée de , curieusement grimée en vamp aux cheveux blond platine. Étant donné son talent, on aurait pu ne pas couper son air Il capro e la capretta. en Basilio et en Don Curzio sont sans problèmes, mais grosse déception pour l’Antonio de , dont on admire généralement l’élégance, mais qui cette fois en fait des tonnes, éructant plus qu’il ne chante, et n’amuse même pas dans cette représentation bien morne.

Crédit photographique : © Christian Dresse

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  • Xavier Lemaitre

    Si figaro était médiocre pas du tout d’accord pour le comte et bravo pour la seule vraie mozartienne de la soirée AC Gillet

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