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La semaine anniversaire du Centre Lyrique Clermont-Auvergne

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Clermont-Ferrand. Opéra-Théâtre. 2-IV-2019. Jean-Baptiste Lully (1632-1687) : Monsieur de Pourceaugnac, comédie-ballet. Mise en scène : Raphaël de Angelis. Scénographie : Raphaël de Angelis et Brice Cousin. Costumes : Lucile Charvet. Chorégraphie : Namkyung Kim. Lumières : Etienne Morel et Emmanuel Clémenceau. Avec : Sophie Landy, soprano ; Matthieu Chapuis, ténor ; Lucas Bacro, basse ; Vladimir Barbera, comédien ; Kim Biscaïno, comédien ; Brice Cousin, comédien ; Raphaël de Angelis, comédien ; Paula Dartigues, comédien ; Cécile Messineo, comédien. Ensemble La Rêveuse, direction : Benjamin Perrot et Florence Bolton

5-IV-2019. Airs et duos d’opéras de Gioachino Rossini (1792-1868), Gaetano Donizetti (1797-1848), Vincenzo Bellini (1801-1835), Giuseppe Verdi (1813-1901), Georges Bizet (1838-1875) et Giacomo Puccini (1858-1924). Avec : Marie Elizabeth Williams, soprano ; Maria Grazia Schiavo, soprano ; Marie Karall, mezzo-soprano ; Florian Laconi, ténor ; Armando Noguera, baryton. Orchestre symphonique des dômes, direction : Gilles Raynal

20 ans Centre Lyrique 1À Clermont-Ferrand, Monsieur de Pourceaugnac est le premier invité de cette semaine des 20 ans avec en guise de cadeaux enrubannés dans ses valises, pas moins que Lully et Molière. La deuxième soirée est consacrée aux chanteurs lyriques marquants du Concours international de chant organisé chaque année par l’institution lyrique.

Autour de grands thèmes moliéresques (le mariage, l’argent et la maladie), c’est sous la forme d’une simple comédie inspirée de canevas italiens (Policinella pazzo per forza et Pulcinello burlato) et ponctuée de musique et de danse, que Monsieur de Pourceaugnac débarque de Limoges afin d’épouser la belle Julie. Grâce à ses deux complices, l’amant de la jeune femme use de tous les subterfuges pour empêcher ce mariage arrangé. Malmené par de multiples personnages tout à la fois drôles et cruels (des médecins, un apothicaire, une languedocienne, des avocats…), l’homme de Province n’a pas d’autre choix finalement que de se travestir afin de fuir Paris.

Pour mettre en exergue cette mascarade, la mise en scène de Raphaël de Angelis use de masques de commedia dell’arte. Parfois menaçants (les médecins et leur nez inquiétant), parfois purement clownesques (hilarant apothicaire !), ceux-ci sont les principaux éléments de cette approche. Seul le triangle amoureux en est dépourvu pour que le public s’identifie aux personnages. Cette ambiance quelque peu désuète, entre décor en tréteaux et simple rideau en fond, réconforte et nous fait presque revenir en enfance, comme la qualité de jeu des différents comédiens. Finalement, le risible héros ressort victorieux de cette farce : la gigantesque marionnette qui lui ressemble trait pour trait confirme ce dénouement et émerveille le jeune public, venu nombreux ce soir, tout comme le spectateur averti.

(soprano), (ténor) et (basse), assurent les moments chantés comme des scènes à part entière. La projection est franche et la diction claire, la ligne agréablement amenée et les intentions bien calibrées pour que les chanteurs s’insèrent dans une véritable cohésion avec les parties purement théâtrales. Côté jardin, les cinq instrumentistes de l’ portent bien leur nom, menant la partition baroque dans une atmosphère douce-amère presque onirique avec le théorbe de particulièrement inspiré et le claveciniste Jean-Miguel Aristizabal entraîné bon gré mal gré dans les élucubrations du facétieux apothicaire.

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5 voix, 5 gagnants

Toute autre proposition pour la deuxième soirée des festivités, avec une saveur toute particulière pour l’institution lyrique puisque ce sont les lauréats du concours international de chant chaque année organisée par le , qui reviennent dans le théâtre qui les a consacrés.

Comme pour toute soirée d’anniversaire, ce sont les grands tubes qui constituent la programmation musicale. Le Barbier de Séville tout d’abord avec l’air de Figaro « Largo al factotum », l’un des rôles phares qui a lancé la carrière du baryton , retors dans cette cavatine célèbre lui permettant de déployer une robustesse vocale autant qu’une technicité parfaitement aboutie sur l’ensemble de l’ambitus. La Forza del destino (« Pace, pace moi dio ») et Norma (« Casta Diva ») ensuite, avec le sublime soprano agile de apprécié l’année dernière à Lille dans Nabucco, dont les moyens vocaux émerveillent tout comme ses intentions vibrantes. Tosca et l’air « E lucevan le stelle » par la suite, mené d’une main de maître par , croisé à Metz dans cet ouvrage, fort d’aigus conquérants qu’il réaffirmera dans le duo final (Don Carlo) avec à ses côtés. révèle toute son élégance sans les difficultés théâtrales du rôle dans l’air « E strano… Sempre libera » (La Triavata) qui lui ont fait défaut à Turin. Enfin, on devine les qualités inverses avec , rencontrée notamment à Saint-Etienne, qui n’hésite pas à s’approprier l’ensemble du plateau pour une Carmen d’un beau tempérament (Habanera et duo final avec ) même si le souffle paraît court (la chanteuse sort tout juste d’une grippe), il est contrebalancé toutefois par un agréable timbre de bronze.

Les hostilités de cette semaine lyrique clermontoise festive se terminent avec les enfants, puisque Le Siffleur et son quatuor à cordes sont attendus de pied ferme en fin de semaine dans la capitale auvergnate.

Crédits photographiques : Monsieur de Pourceaugnac ©  Julien de Rosas ; La soirée des 20 ans © Yann Cabello

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Clermont-Ferrand. Opéra-Théâtre. 2-IV-2019. Jean-Baptiste Lully (1632-1687) : Monsieur de Pourceaugnac, comédie-ballet. Mise en scène : Raphaël de Angelis. Scénographie : Raphaël de Angelis et Brice Cousin. Costumes : Lucile Charvet. Chorégraphie : Namkyung Kim. Lumières : Etienne Morel et Emmanuel Clémenceau. Avec : Sophie Landy, soprano ; Matthieu Chapuis, ténor ; Lucas Bacro, basse ; Vladimir Barbera, comédien ; Kim Biscaïno, comédien ; Brice Cousin, comédien ; Raphaël de Angelis, comédien ; Paula Dartigues, comédien ; Cécile Messineo, comédien. Ensemble La Rêveuse, direction : Benjamin Perrot et Florence Bolton

5-IV-2019. Airs et duos d’opéras de Gioachino Rossini (1792-1868), Gaetano Donizetti (1797-1848), Vincenzo Bellini (1801-1835), Giuseppe Verdi (1813-1901), Georges Bizet (1838-1875) et Giacomo Puccini (1858-1924). Avec : Marie Elizabeth Williams, soprano ; Maria Grazia Schiavo, soprano ; Marie Karall, mezzo-soprano ; Florian Laconi, ténor ; Armando Noguera, baryton. Orchestre symphonique des dômes, direction : Gilles Raynal

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