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Les débuts de Dima Slobodeniouk à l’Opéra de Bavière

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Munich. Nationaltheater. 2-VI-2019. Bohuslav Martinů (1869-1959) : Concerto pour violon et orchestre n° 2 ; Igor Stravinsky (1882-1971) : L’Oiseau de feu. Frank Peter Zimmermann, violon ; Bayerisches Staatsorchester ; direction : Dima Slobodeniouk.

62074801_10157245205613794_4259207235084746752_oLe concert symphonique qu’il vient diriger vaut surtout par la présence de .

Abondance d’Oiseaux de feu ne nuit pas : quelques jours à peine avant ce concert, Munich accueillait l’interprétation de Mirga Gražinytė-Tyla que nous avions commentée à Luxembourg ; cette fois c’est le Staatsorchester, autrement dit l’orchestre de l’Opéra, qui l’interprète sous la direction de . C’est un jour de première : le chef n’avait jamais dirigé l’orchestre, et ce dernier n’avait jamais eu à jouer les deux œuvres au programme, en tout cas pour L’Oiseau de feu dans sa version complète.

Le Concerto pour violon n° 2 de a un mérite incontestable, celui de ne pas appartenir au canon d’œuvres implacablement répétées par les virtuoses du monde entier. Et le mérite principal de ce concert est d’avoir eu recours à pour l’interpréter, un authentique virtuose qui met la probité artistique au-dessus de l’exhibition de ses capacités, et qui se glisse avec habileté dans les méandres inhabituels de l’écriture de Martinů – l’accompagnement de lui laisse tout l’espace nécessaire, mais reste un peu extérieur.

L’Oiseau de feu qui suit a d’indéniables qualités, mais laisse aussi souvent perplexe. Présenté ainsi, le ballet est d’abord un manifeste moderniste, dépouillé du faste orchestral hérité de Rimsky-Korsakov, avec des cordes tranchantes, parfois percussives, qui donnent du relief à certains passages, sans pour autant aller jusqu’à l’excès. On peut y entendre une urgence, une manière d’aller de l’avant à tout prix sans souci du lendemain, et ce n’est pas sans séduction, mais cette approche tout de même trop partiale ne va pas aussi sans monotonie : le contraste entre épisodes en souffre, et on y perd beaucoup de théâtre. Slobodeniouk ne semble pas avoir le temps de se préoccuper de la couleur sonore de l’orchestre, qui sonne étrangement mat et peu diversifié. Il n’est pas interdit aux chefs de tenter des approches inhabituelles, mais le résultat n’est ici pas tout à fait là.

Crédit photographique : © Wilfried Hösl

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Munich. Nationaltheater. 2-VI-2019. Bohuslav Martinů (1869-1959) : Concerto pour violon et orchestre n° 2 ; Igor Stravinsky (1882-1971) : L’Oiseau de feu. Frank Peter Zimmermann, violon ; Bayerisches Staatsorchester ; direction : Dima Slobodeniouk.

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