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Jacob Stainer, luthier européen, par l’ensemble Concerto Melante

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Berlin. Philharmonie, Kammermusiksaal. 27-X-2019. Francesco Maria Veracini (1690-1768) : Ouverture n° 1 ; Arcangelo Corelli (1653-1713)/Francesco Saverio Geminiani (1687-1762 :, Concerto Grosso n° 12 d’après la sonate op. 5/12 de Corelli « La Follia » ; Georg Philipp Telemann (1681-1767) : Sinfonia Spirituosa TWV 44:1 ; Georg Muffat (1653-1704) : Sonate n° 2 extraite de Armonico Tributo ; Heinrich Ignaz Franz von Biber (1644-1704) : Sonate n° 6 du Fidicinium sacro-profanum ; Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Concerto pour deux violons BWV 1043. Concerto Melante ; Raimar Orlovsky, direction artistique

L’Orchestre philharmonique de Berlin est peut-être l’orchestre le plus prolifique en matière d’ensembles de toute nature issus de ses rangs.

2_img_0761-2 tire son nom de l’anagramme du nom de Telemann, employée d’abord par lui-même ; les quelque 17 musiciens intervenant dans cette matinée sont à peu près à parts égales membres de l’Orchestre et spécialistes de musique baroque invités pour l’occasion. Le fil conducteur du concert n’est pas un musicien, mais le luthier Jacob Stainer, né il y a précisément quatre cents ans en 1619. Presque tous les violons, altos et violoncelles utilisés par les musiciens sont de sa main, pour autant que la multiplication des faux Stainer, dès le XVIIe siècle, permette d’en juger – , qui ne joue plus mais introduit avec verve le programme, présente succinctement la documentation qui permet de placer les différents compositeurs du programme en relation directe avec les instruments de Stainer.

Le programme, comme il se doit en matière de musique instrumentale baroque, est international, avec des compositeurs italiens et germaniques influencés à l’occasion par la musique espagnole ou française. Peut-on entendre, sans être spécialiste de lutherie, l’impact des instruments de Stainer ? L’homogénéité que loue est immédiatement audible, et elle est spectaculaire. Ces instruments ne sont pas faits pour exalter la virtuosité et le brillant d’un soliste star, et l’équilibre du Concerto pour deux violons de Bach s’en trouve modifié, y compris par rapport à ce que proposent les orchestres baroques habituels. On pourrait penser qu’une confusion entre l’accompagnement et les voix solistes pourrait en résulter, mais c’est au contraire l’intensité du dialogue entre eux qui frappe. Certains musiciens possèdent eux-mêmes l’instrument qu’ils jouent pour cette matinée, la plupart n’auront guère l’occasion au cours de leur carrière de renouveler l’expérience, mais ils font preuve d’une discipline, d’une précision et d’un esprit d’ensemble qui ne peut que convaincre l’auditeur de l’intérêt de la démarche.

Crédits photographiques : © Alessandro Cappone

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Berlin. Philharmonie, Kammermusiksaal. 27-X-2019. Francesco Maria Veracini (1690-1768) : Ouverture n° 1 ; Arcangelo Corelli (1653-1713)/Francesco Saverio Geminiani (1687-1762 :, Concerto Grosso n° 12 d’après la sonate op. 5/12 de Corelli « La Follia » ; Georg Philipp Telemann (1681-1767) : Sinfonia Spirituosa TWV 44:1 ; Georg Muffat (1653-1704) : Sonate n° 2 extraite de Armonico Tributo ; Heinrich Ignaz Franz von Biber (1644-1704) : Sonate n° 6 du Fidicinium sacro-profanum ; Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Concerto pour deux violons BWV 1043. Concerto Melante ; Raimar Orlovsky, direction artistique

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