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Dinu Lipatti et ses enregistrements de concertos pour piano

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Vol. 1. Robert Schumann (1810-1856) : Concerto pour piano en la mineur op. 54 (deux interprétations). Dinu Lipatti, piano ; Philharmonia Orchestra dirigé par Herbert von Karajan (enregistré en studio à Londres les 9 et 10 avril 1948) ; Orchestre de la Suisse Romande dirigé par Ernest Ansermet (enregistré en public à Genève le 22 février 1950). Fichiers en téléchargement Archiphon. Textes de présentation en anglais et allemand. Durée totale : 91:44

Vol. 2. Johann Sebastian Bach (1685-1750) / Ferruccio Busoni (1866-1924) : Concerto en ré mineur BWV 1052. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Concerto pour piano n° 21 en ut majeur K. 467. Frédéric Chopin (1810-1849) : Concerto pour piano n° 1 en mi mineur op. 11. Dinu Lipatti, piano ; Bach / Busoni : Orchestre royal du Concertgebouw dirigé par Eduard van Beinum (enregistré en public à Amsterdam le 2 octobre 1947) ; Mozart : Orchestre du Festival de Lucerne dirigé par Herbert von Karajan (enregistré en public à Lucerne le 23 août 1950) ; Chopin : Orchestre de la Tonhalle de Zurich dirigé par Otto Ackermann (enregistré en public à Zurich le 7 février 1950). Fichiers en téléchargement Archiphon. Textes de présentation en anglais et allemand. Durée totale : 89:53

Vol. 3. Edvard Grieg (1843-1907) : Concerto pour piano en la mineur op. 16. Franz Liszt (1811-1886) : Concerto pour piano n° 1 en mi bémol majeur S. 124. Béla Bartók (1881-1945) : Concerto pour piano n° 3 Sz. 119. Dinu Lipatti (1917-1950) : Concertino dans le style classique op. 3. Dinu Lipatti, piano ; Grieg : Philharmonia Orchestra dirigé par Alceo Galliera (enregistré en studio à Londres les 18 et 19 septembre 1947) ; Liszt : Orchestre de la Suisse Romande dirigé par Ernest Ansermet (enregistré en public à Genève le 6 juin 1947) ; Bartók et Lipatti : Orchestre symphonique de la SWR de Baden-Baden dirigé par Paul Sacher (enregistré en public à Baden-Baden le 30 mai 1948). Fichiers en téléchargement Archiphon. Textes de présentation en anglais et allemand. Durée totale : 91:50

 

Le label Archiphon publie, sous forme de fichiers à télécharger, une série de trois albums visant à nous faire redécouvrir les enregistrements de dans le répertoire concertant, réalisés dans les années 1947-1950. Les surprises ne manquent pas.

Dinu Lipatti_concertos_Archiphon_vol. 1Le volume qui ouvre cette série, renferme deux interprétations du Concerto pour piano en la mineur op. 54 de  : celle de studio, de 1948, la plus connue (dirigée par ), ainsi que celle donnée en public deux ans plus tard, sous la baguette d’. Pour l’exécution antérieure, Archiphon nous la restitue à deux reprises, dans des reports réalisés à partir du premier pressage du microsillon EMI de Londres (de 25 cm de diamètre), ainsi que dans un repiquage fait depuis le pressage Columbia Masterworks (de 30 cm de diamètre) publié aux États-Unis en 1956. Pourquoi cette mise en parallèle ? Si l’édition britannique se contente de hautes fréquences plus perceptibles, celle parue de l’autre côté de l’Atlantique, offre davantage d’espace sonore. En revanche, avec leurs bruits parasites contenus, ces transferts ne peuvent être comparés à ceux de l’édition japonaise en SACD hybride par Warner, plus nette, vraisemblablement préparée directement à partir des matrices métalliques originales.

La lecture donnée sous la direction de Karajan, avec qui Lipatti ne s’était pas produit avant, est mythique, malgré les tempi relativement rapides, en raison desquels le pianiste ne semblait pas entièrement satisfait. Sous la baguette d’Ansermet, le mouvement est plus lent et plus souple. Contrairement à la gravure de studio, la priorité n’y est pas accordée à la perfection technique, mais à l’expression. Le repiquage effectué depuis un microsillon Decca permet d’apprécier la profondeur du toucher du soliste tout comme sa large palette de nuances.

Dinu Lipatti_concertos_Archiphon_vol. 2Le second volet de la série nous fait, d’abord, savourer les délices de l’interprétation du Concerto en ré mineur BWV 1052 de Johann Sebastian Bach dans l’arrangement pour piano par Ferruccio Busoni, associant le style du baroque tardif à un florilège d’ajustements « romantiques ». Lipatti magnifie cette composition par la douceur des phrasés, constamment chantants, de même que par le caractère perlé de l’articulation. Pour les reports, Archiphon a utilisé un 33-tours du label Opus Records, qui – contrairement aux parutions antérieures – conserve le bruit du public entre les mouvements. Ensuite, nous trouvons la légendaire prestation du Concerto pour piano n° 21 de , d’une délicatesse de traits angélique, repiquée à base d’un vinyle Columbia, d’une transparence et clarté notables, plus saisissantes que ce que nous propose Warner Classics.

Cependant, le plus grand régal vient avec le Concerto pour piano n° 1 de , reporté par Archiphon à partir de la même source que celle utilisée pour l’édition EMI / Warner, mais avec beaucoup plus de soin. Si EMI / Warner n’a pas mis à jour le remastering depuis la parution de 1981, Archiphon recourt à des technologies plus récentes. Le résultat est stupéfiant : on entend une limpidité et des détails jusqu’alors inaudibles, bien que ce transfert ait été effectué depuis une copie, a priori peu attrayante, réalisée en 1951 avec un microphone à la main, lors de l’écoute d’une bande enregistrée par un mélomane lors de la radiodiffusion. fait penser, par son jeu comme par son toucher velouté, à un jeune dieu d’Olympe, alors qu’il est atteint d’une maladie grave. Le pianiste subjugue par sa lecture expresssive, par la netteté de ses attaques, sublimées par la perfection technique. Par quelques ajouts de notes, notamment de la main gauche dans la réexposition du premier mouvement, il fait songer intuitivement aux grands maîtres du piano du XIXe et du début du XXe siècles. C’est probablement la plus belle et la plus émouvante lecture de cette œuvre : suggestive et merveilleusement équilibrée, d’une part très lyrique sans être sirupeuse, d’autre part tendue sans être agressive. On remarquera que la précédente version des reports d’Archiphon, un peu moins réussie, semble avoir été utilisée par Profil Medien pour leur coffret célébrant le centenaire de la naissance de Lipatti.

Dinu Lipatti_concertos_Archiphon_vol. 3Le troisième volume commence avec le Concerto pour piano en la mineur d’. Voici encore une autre interprétation considérée comme une référence, que nous trouvons légèrement plus électrisante dans les repiquages faits en vue de l’édition en SACD hybride par Warner au Japon (Archiphon prit comme source un microsillon Columbia). Le Concerto pour piano n° 1 de est transféré depuis les disques acétate hérités de Madeleine Lipatti, la veuve du regretté musicien. La prise de son permet de percevoir, en dépit d’un bruit de fond sensible, le rayonnement du jeu de Lipatti, sa pureté comme son éloquence. Ajoutons que ce concerto fut, à côté de celui de Chopin, le plus souvent exécuté en public par le pianiste. Il nous reste des gravures du Concerto pour piano n° 3 de et du Concertino dans le style classique de Lipatti lui-même, reportées depuis une bande magnétique. Il s’agit d’un enregistrement radiophonique sans public, de 1948. Lipatti impressionne par sa poésie, la fulgurance du geste. Il n’en va pas de même avec la direction de qui ne réussit pas à animer le mouvement, rendre le discours cohérent, ni d’ailleurs à faire ressortir de l’ de Baden-Baden autant de couleurs que Hans Rosbaud.

Ce triple album dévolu à Dinu Lipatti nous restitue une partie importante du legs discographique de l’un des meilleurs pianistes du XXe siècle.

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Vol. 1. Robert Schumann (1810-1856) : Concerto pour piano en la mineur op. 54 (deux interprétations). Dinu Lipatti, piano ; Philharmonia Orchestra dirigé par Herbert von Karajan (enregistré en studio à Londres les 9 et 10 avril 1948) ; Orchestre de la Suisse Romande dirigé par Ernest Ansermet (enregistré en public à Genève le 22 février 1950). Fichiers en téléchargement Archiphon. Textes de présentation en anglais et allemand. Durée totale : 91:44

Vol. 2. Johann Sebastian Bach (1685-1750) / Ferruccio Busoni (1866-1924) : Concerto en ré mineur BWV 1052. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Concerto pour piano n° 21 en ut majeur K. 467. Frédéric Chopin (1810-1849) : Concerto pour piano n° 1 en mi mineur op. 11. Dinu Lipatti, piano ; Bach / Busoni : Orchestre royal du Concertgebouw dirigé par Eduard van Beinum (enregistré en public à Amsterdam le 2 octobre 1947) ; Mozart : Orchestre du Festival de Lucerne dirigé par Herbert von Karajan (enregistré en public à Lucerne le 23 août 1950) ; Chopin : Orchestre de la Tonhalle de Zurich dirigé par Otto Ackermann (enregistré en public à Zurich le 7 février 1950). Fichiers en téléchargement Archiphon. Textes de présentation en anglais et allemand. Durée totale : 89:53

Vol. 3. Edvard Grieg (1843-1907) : Concerto pour piano en la mineur op. 16. Franz Liszt (1811-1886) : Concerto pour piano n° 1 en mi bémol majeur S. 124. Béla Bartók (1881-1945) : Concerto pour piano n° 3 Sz. 119. Dinu Lipatti (1917-1950) : Concertino dans le style classique op. 3. Dinu Lipatti, piano ; Grieg : Philharmonia Orchestra dirigé par Alceo Galliera (enregistré en studio à Londres les 18 et 19 septembre 1947) ; Liszt : Orchestre de la Suisse Romande dirigé par Ernest Ansermet (enregistré en public à Genève le 6 juin 1947) ; Bartók et Lipatti : Orchestre symphonique de la SWR de Baden-Baden dirigé par Paul Sacher (enregistré en public à Baden-Baden le 30 mai 1948). Fichiers en téléchargement Archiphon. Textes de présentation en anglais et allemand. Durée totale : 91:50

 
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