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Avec les Kapsber’girls, Marseille prend des airs de Rome

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Marseille. Église Saint-Théodore. 19-VI-2021. Musiques de Giovanni Girolamo Kapsberger (1580-1651), Barbara Strozzi (1619-1677), Bernardo Pasquini (1637-1710), Tarquinio Merula (1595-1665), Gaspar Sanz (1640-1710), Andrea Falconieri (1585-1656). Alice Duport-Percier, soprano ; Axelle Verner, mezzo-soprano ; Garance Boizot, basse de viole ; Albane Imbs, archiluth, guitare et direction artistique

Au firmament du jeune paysage baroque français, l’ensemble Les Kapsber’girls dépeint avec sensibilité toutes les nuances des airs italiens les plus poétiques.

Situation sanitaire oblige, le festival Mars en Baroque a pris ses quartiers marseillais en juin, sous la houlette éclairée de son directeur artistique, le claveciniste . Pour cette édition « décalée », il propose un programme toujours original, qui ose mêler baroque et création contemporaine. Pour ce deuxième concert de l’édition 2021, les quatre musiciennes de l’ensemble Kapsber’girls nous entraînent à Rome dans la première moitié du XVIIᵉ siècle à la suite de leur compositeur fétiche, Giovanni Girolamo Kapsberger, le plus romain des Allemands. Et, avec un peu d’imagination, c’est bien la Rome baroque qu’évoquent aussi les décors fort dégradés de l’église marseillaise Saint-Théodore, riche en marbres polychromes et tableaux admirables. L’acoustique y est excellente et permet d’apprécier toutes les nuances du jeu subtil des interprètes.

On avait beaucoup aimé le premier CD enregistré par les Kapsber’girls, intitulé Che fai tù? C’est sensiblement le même programme qui est proposé à Marseille, construit autour d’un florilège de villanelles de celui que l’on surnommait « l’Allemand du théorbe ». Ces chansons profanes de forme strophique illustrent l’introduction de la musique populaire dans le répertoire savant de l’époque. Chaque chanson dépeint un monde bucolique et coloré, dont les voix rendent parfaitement tous les contrastes. Au milieu du programme, l’air de Merula Su la cetra amorosa déploie toutes les phases de l’état amoureux sur une basse obstinée à la guitare qui module à l’envi : la voix souple et sensible de la soprano y fait merveille, passant du pianissimo à l’explosion vocale avec une expressivité remarquable. Autre moment d’émotion, la berceuse Figlio dormi chantée par la mezzo , à la voix bien timbrée. Ces pièces vocales à une ou deux voix sont entrecoupées par des intermèdes instrumentaux qui permettent d’apprécier la belle musicalité de la violiste et d’ à l’archiluth dans des transcriptions de pièces pour clavier, ainsi que trois danses espagnoles de Sanz jouées à la guitare baroque. C’est l’occasion de profiter de l’acoustique du lieu, qui permet la mise en relief de pianissimi admirables. Jouant d’une palette de couleurs variée, les chanteuses font vivre les textes poétiques et l’accompagnent d’un jeu scénique subtil, cependant que les instruments soulignent les affects en variant l’utilisation des cordes pincées dans un parfait équilibre. Ces quatre jeunes artistes tiennent avec bonheur toutes les promesses de leurs débuts au disque.

Crédit photographique : © Pierre Morales

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Marseille. Église Saint-Théodore. 19-VI-2021. Musiques de Giovanni Girolamo Kapsberger (1580-1651), Barbara Strozzi (1619-1677), Bernardo Pasquini (1637-1710), Tarquinio Merula (1595-1665), Gaspar Sanz (1640-1710), Andrea Falconieri (1585-1656). Alice Duport-Percier, soprano ; Axelle Verner, mezzo-soprano ; Garance Boizot, basse de viole ; Albane Imbs, archiluth, guitare et direction artistique

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