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Danser de Hugo Marchand, le dur apprentissage du métier d’étoile

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Danser, de Hugo Marchand. En collaboration avec la journaliste Caroline de Bodinat. Éditions Arthaud. 259 pages. 19,90 euros. Février 2021

 

Dans ce récit d’apprentissage, raconte toutes les étapes qu’il a dû franchir pour devenir danseur étoile du Ballet de l’Opéra de Paris. Entre doutes et espérances, recherche de la perfection et risque de blessures, il dessine le quotidien d’un artiste de haut niveau.

Il faut des années pour faire une étoile, c’est ce que démontre avec force Danser, le récit d’apprentissage d’, de ses premiers pas dans une école de danse à sa nomination d’étoile en 2017. Dès l’enfance, il prend conscience qu’il n’est ni Billy Elliot, ni Noureev, et que la réalisation de son rêve de danse sera semé d’embûches et de travail.
Nantais, il fréquente le Conservatoire de sa région et s’interroge sur la suite de sa formation. Cochant presque toutes les cases, il parvient, malgré sa grande taille qui lui confère un profil atypique, à intégrer l’école de danse de l’Opéra de Paris. Ce qui nous vaut dans les premières pages du livre le récit naïf et détaillé du parcours d’admission, parfois agrémenté de quelques maladresses sémantiques.
Une fois dans la place, le jeune Hugo Marchand s’accroche et fait son trou. Évidemment, la vie de futur danseur n’est pas exempte d’angoisses et de doutes, quand le couperet du renvoi peut tomber à chaque fin d’année scolaire ; quand il faut surveiller à la fois son poids et sa forme physique, être bon en danse, comme à l’école. Malgré la concurrence entre les élèves, c’est aussi à l’internat et à l’école de danse que se forment des amitiés solides, comme celle qu’il entretient avec , mieux distribué et devenu quelques mois avant lui danseur étoile.
L’engagement au sein du Ballet de l’Opéra de Paris marque pour Hugo Marchand l’entrée dans la vie de jeune adulte, l’indépendance financière et l’installation dans un petit appartement. C’est beaucoup d’un seul coup ! Il décrit les longues heures de répétition quotidienne et les soirées passées assis dans les coulisses à attendre que quelqu’un lui tape sur l’épaule pour lui confier un remplacement ou un bout de rôle. Là encore, le récit s’attarde sur le fonctionnement hiérarchique du Ballet de l’Opéra de Paris, et les différents grades qu’il faut franchir au fil des concours internes et l’obligation de se faire remarquer pour décrocher un rôle.

Dans Danser, Hugo Marchand, partage ses souffrances et ses doutes, ses fragilités aussi, ce qui rend le récit de plus en plus émouvant au fil des chapitres. Il touche du doigt l’ambivalence d’être à la fois un sportif de haut niveau, ce qui exige une discipline de fer et beaucoup d’ascèse, et un danseur qui doit se nourrir artistiquement et laisser une large place à la sensibilité pour grandir dans ses rôles. Difficile quand on n’a que cinq jours pour apprendre le rôle de Solor dans La Bayadère, de ne pas se laisser gagner par ce qu’il appelle la « vague », c’est-à-dire le trac, épouvantail de tous les artistes.

Dans les chapitres suivants, il dessine le panthéon des grands rôles de soliste qu’il a abordés en tant que premier danseur. On y lit notamment que le rôle de Des Grieux dans L’histoire de Manon, de , qu’il a interprété pour la première fois avec , un « coup de foudre artistique », est un rêve d’enfant. À la génération précédente, les futurs étoiles rêvaient du Lac des cygnes ou de Balanchine. Hugo Marchand est fasciné par Onéguine, La Dame aux camélias ou Roméo et Juliette « le ballet le plus dur physiquement et techniquement » qu’il ait eu à danser.

Le danseur étoile raconte l’humilité nécessaire pour accepter la perpétuelle correction, de l’école au sommet de sa vie d’artiste, car ce n’est « jamais assez bien » et pour poursuivre la recherche de la perfection, de l’excellence. Il évoque les coups pris à l’ego quand on le retire d’un tableau de distribution, la difficulté de se remettre en selle après une blessure, les hauts et les bas émotionnels et professionnels. C’est un récit sincère et transparent, assez rare pour un danseur en début de carrière.

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Danser, de Hugo Marchand. En collaboration avec la journaliste Caroline de Bodinat. Éditions Arthaud. 259 pages. 19,90 euros. Février 2021

 
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