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A Midsummer Night’s Dream à Berlin, conte moderne

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Berlin. Deutsche Oper. 30-IX-2021. Benjamin Britten (1913-1976) : A Midsummer Night’s Dream, opéra d’après la pièce de Shakespeare. Mise en scène : Ted Huffmann ; décor : Marsha Ginsberg ; costumes : Annemarie Woods. Avec : James Hall (Oberon) ; Jane Archibald (Tytania) ; Jami Reid-Quarrell (Puck) ; Padraic Rowan (Theseus) ; Davia Bouley (Hippolyta) ; Benjamin Hulett (Lysander) ; Dean Murphy (Demetrius) ; Karis Tucker (Hermia) ; Alexandra Hutton (Helena) ; Patrick Guetti (Bottom) ; Tyler Zimmerman (Quince) ; Andrew Dickinson (Flute) ; Barnaby Rea (Snug) ; Jörg Schörner (Snout) ; Matthew Cossack (Starveling)… Chœur d’enfants et orchestre de la Deutsche Oper Berlin, direction : Markus Stenz

Plus que la mise en scène banale de Ted Huffman, c’est la direction de qui donne sa force à la soirée.


La mise en scène, coproduite avec l’Opéra de Montpellier où elle a été créée en 2019, n’avait pas convaincu notre confrère ; le constat est le même sur la vaste scène du Deutsche Oper. La grisaille généralisée et la facilité des fumigènes ne sont pas de très bon augure au lever du rideau, et les choses ne s’améliorent guère au cours de la soirée. À défaut de donner un sens à la comédie matrimoniale du quatuor des Athéniens, Ted Huffman aurait au moins pu régler l’action avec un peu plus de vivacité et d’action, quitte à nous emmener Au théâtre ce soir ; mais les choses sont trop imprécises, le tempo trop mal maîtrisé pour ne pas nuire à ces scènes. Les choses sont un peu moins négatives pour le Pyrame et Thisbé final, efficacement comique, avec ces marionnettes plus grandes que nature, qui parviennent à donner même un peu d’émotion comique, mais cela ne suffit pas à racheter la pauvreté des deux heures qui précèdent. Déguiser Tytania en homme, avec moustache et haut de forme, pourquoi pas, mais si Huffman choisit ainsi de mettre le thème du genre sur la table, il faudrait le traiter en profondeur, au lieu de se contenter de l’effleurer – Tytania révèle sa féminité sous-jacente dans la scène avec l’âne Bottom, mais c’est bien peu de choses.

Dans la distribution de qualité réunie par le Deutsche Oper pour cette reprise, le grand homme de la soirée est incontestablement . La partition est après tout presque contemporaine de l’architecture du Deutsche Oper, bâtiment dont les qualités ont été longtemps méconnues ; sans rien perdre en poésie, le chef donne à cette partition des sonorités beaucoup plus contemporaines qu’à l’accoutumée. du tranchant, des sonorités franches qui soulignent les discontinuités au moins autant que les consonances. Il est bien loin de vouloir casser la logique du conte, mais son approche permet de souligner aussi ses côtés inquiétants et incertains – on sait depuis longtemps que les contes pour enfants ne sont pas des sucreries sans conséquences, et parvient admirablement à le montrer ici.


La distribution fait honneur au Deutsche Oper : dans cet opéra qui a au moins huit rôles principaux, c’est naturellement la cohérence d’ensemble qui est l’essentiel, mais quelques personnalités ne s’en distinguent pas moins. L’excellent Oberon de était déjà présent à Montpellier, sa partenaire est ici , tout aussi remarquable dans un registre moins virtuose que son répertoire habituel. en Helena se détache avantageusement d’un efficace quatuor des Athéniens, contrairement au couple ducal qui manque de relief pour la dernière scène – la banalité de ce que Huffman leur demande ne les aide pas. L’acteur Jami Reid-Quarrell est terriblement commun en Puck adulte mais pas avare de grands effets ; l’esprit comique de la partition est beaucoup mieux représenté par le Bottom de Patrick Guetti, membre de la troupe maison, qui sait se servir de son corps immense et de sa voix profonde et résonnante pour donner du relief et de l’allant aux scènes des artisans.

Crédits photographiques : © Bettina Stöß

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Berlin. Deutsche Oper. 30-IX-2021. Benjamin Britten (1913-1976) : A Midsummer Night’s Dream, opéra d’après la pièce de Shakespeare. Mise en scène : Ted Huffmann ; décor : Marsha Ginsberg ; costumes : Annemarie Woods. Avec : James Hall (Oberon) ; Jane Archibald (Tytania) ; Jami Reid-Quarrell (Puck) ; Padraic Rowan (Theseus) ; Davia Bouley (Hippolyta) ; Benjamin Hulett (Lysander) ; Dean Murphy (Demetrius) ; Karis Tucker (Hermia) ; Alexandra Hutton (Helena) ; Patrick Guetti (Bottom) ; Tyler Zimmerman (Quince) ; Andrew Dickinson (Flute) ; Barnaby Rea (Snug) ; Jörg Schörner (Snout) ; Matthew Cossack (Starveling)… Chœur d’enfants et orchestre de la Deutsche Oper Berlin, direction : Markus Stenz

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