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Le Chant de la terre dans l’orchestration chambriste de Schoenberg

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Gustav Mahler (1860-1911) : Das Lied von der Erde, symphonie pour ténor et alto (ou baryton) et orchestre. Arrangement d’Arnold Schoenberg achevé par Rainer Riehn. Kévin Amiel, ténor ; Stéphane Degout, baryton ; Ensemble Le Balcon, direction : Maxime Pascal. 1 CD B Records/Le Balcon. Enregistré à la Basilique de Saint-Denis le 2 juillet 2020. Notice de présentation en français et anglais. Durée : 63:00

 

Les Clefs d'or

Enlevé par les treize instrumentistes de l’, le chef-d’œuvre de Mahler brille de mille feux. Deux de nos meilleurs chanteurs français, et , rayonnent dans les parties solistes.

C’est avec le plus grand intérêt qu’on se penchera sur cette version du Chant de la terre, proposée ici dans l’orchestration d’. Confiée à treize instrumentistes, cette dernière met à nu l’architecture orchestrale de Mahler, tout en en conservant les couleurs et les contrastes instrumentaux. On pourra être décontenancé par l’usage de l’harmonium, lequel prend en charge une grande partie du tissu harmonique, mais l’écoute de l’œuvre dans l’intimité de nos espaces intérieurs nous permettra d’apprécier plus encore les envoûtants assemblages sonores confiés aux cordes, au hautbois, au cor anglais, au basson, à la flûte, aux clarinettes, sans oublier le piano et le célesta qui créent des atmosphères irréelles. L’engagement des musiciens de l’, placés sous la baguette de , nous vaut une lecture vibrante et sensuelle en dépit de son caractère résolument chambriste.

Les deux chanteurs retenus pour l’occasion sont parfaitement à la hauteur de la situation, et l’on apprécie tout particulièrement la jeunesse et la vitalité du ténor de , dont les couleurs italianisantes confèrent à ses trois numéros un panache dont sont généralement privées les voix plus wagnériennes. Les mélodies confiées au baryton – la version Schoenberg ne préconise pas la voix d’alto – suggèrent un univers faisant davantage appel à l’intériorité, à l’introspection et à la mélancolie. sait trouver les couleurs hivernales qu’évoquent les vers des trois poèmes qui lui sont confiés, et il n’a aucun mal à mettre en valeur les mots de la langue allemande. Son instrument ample et soyeux se déploie avec aisance tout au long de la partition, même si la tessiture parfois élevée de « Der Abschied » le met à rude épreuve. Il s’agit pour l’ensemble d’une interprétation sobre et mesurée, totalement dénuée de la préciosité dont se sont montrés coupables certains des barytons allemands qui se sont attaqués à l’œuvre de Mahler. Très belle version, donc, qui propose à l’auditeur un nouveau regard sur Le Chant de la terre. Dans le même esprit, on notera la qualité de la pochette de présentation et l’originalité des illustrations proposées à l’auditeur.

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Gustav Mahler (1860-1911) : Das Lied von der Erde, symphonie pour ténor et alto (ou baryton) et orchestre. Arrangement d’Arnold Schoenberg achevé par Rainer Riehn. Kévin Amiel, ténor ; Stéphane Degout, baryton ; Ensemble Le Balcon, direction : Maxime Pascal. 1 CD B Records/Le Balcon. Enregistré à la Basilique de Saint-Denis le 2 juillet 2020. Notice de présentation en français et anglais. Durée : 63:00

 
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