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Au Festival de Fénétrange, programme « miroirs » avec Jeanine De Bique et le Concerto Köln

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Fénétrange. Collégiale Saint-Rémi. 10-IX-2022. Georg Friedrich Haendel (1685-1759) : ouverture de Partenope ; suite de Rodrigo ; « Ritorna, o caro » extrait de Rodelinda ; « Mi restano le lagrime » extrait de Alcina ; « L’alma mia fra le tempeste » extrait d’Agrippina ; « Che sento … Se pietà di me non senti » extrait de Giulio Cesare. Carl-Heinrich Graun (1704-1759) : « Risolvere non oso » et « L’empio rigor del fato » extraits de Rodelinda ; « Tra le procelle assorto » extrait de Cleopatra e Cesare. Leonardo Vinci (1690-1730) : sinfonia extraite de Partenope. Georg Philipp Telemann (1681-1767) : « Rimembranza crudel » extrait de Germanicus. Jeanine De Bique, soprano. Concerto Köln

Portrait d’héroïnes « en parallèle » par et le au Festival de Fénétrange. Virtuosité, théâtralité et humour sont les ingrédients d’une soirée riche en émotions musicales.


Le programme du concert est peu ou prou celui du magnifique CD chroniqué dans nos colonnes. Le concept, proposé par le baryton Yannis François, en est simple mais diablement efficace. À un air chanté par une héroïne haendélienne bien connue (Cléopâtre, Alcina, Rodelinda, Agrippina…), fait pendant une pièce chantée par la même héroïne, mais extraite d’un opéra dû à un compositeur moins célèbre. À la Cléopâtre de Haendel fait ainsi écho celle de Graun, également le compositeur d’une Rodelinda que l’on rêve d’entendre dans son intégralité. L’air « Risolvere non oso » est d’ailleurs, nous dit-on, interprété ce soir en public en première mondiale, et le l’ayant enregistré la veille du concert. Un nouveau CD récital en perspective ? L’air de l’Isola d’Alcina de Riccardo Broschi, donné en deuxième bis, reprend mot pour mot le texte bien connu de celui mis en musique par Haendel : « Mi restano le lagrime ». Parmi les pépites au sein de tant de découvertes, notons tout particulièrement l’air d’Agrippine extrait de Germanicus de Telemann, « Rimembranza crudel ».

Toutes ces pièces, Jeanine De Bique les chante sans partition, avec un abattage et un sens du théâtre que nos interprètes du baroque savent rarement rendre perceptibles en concert. Si Alcina et Rodelinda font d’ores et déjà partie du répertoire de la soprano, on rêve aujourd’hui de l’entendre en Cléopâtre, que ce soit dans l’opéra de Haendel ou dans celui de Graun. En attendant les prises de rôle à venir, le concert permet de mettre en avant les qualités vocales et musicales de Jeanine De Bique. Dotée d’un soprano au grain étonnamment corsé, qui lui permet déjà d’aborder en concert l’Agathe du Freischütz, elle dispose d’une impressionnante gamme de couleurs. Dans les airs da capo, cette capacité à varier les colorations fait merveille. N’hésitant pas quand il le faut à recourir aux raucités de son instrument, la soprano trinidadienne est capable également de filés aigus et suraigus de toute beauté. La vocalise est vive et allègre, et la voix possède un volume qui fait défaut à beaucoup de nos chanteuses baroques. C’est dire que Jeanine De Bique va beaucoup compter parmi les interprètes des années à venir, et la complicité qu’elle entretient avec les musiciens du Concerto Köln laisse entrevoir de beaux projets pour l’avenir. Trois bis parfaitement adaptés à la thématique globale du programme, dont un air de Deidamia, l’air de L’isola d’Alcina de Broschi, et la reprise de l’air de Cleopatra e Cesare de Graun, concluent le concert.

Crédit photographique : Jeanine De Bique © Marco Borggreve

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Fénétrange. Collégiale Saint-Rémi. 10-IX-2022. Georg Friedrich Haendel (1685-1759) : ouverture de Partenope ; suite de Rodrigo ; « Ritorna, o caro » extrait de Rodelinda ; « Mi restano le lagrime » extrait de Alcina ; « L’alma mia fra le tempeste » extrait d’Agrippina ; « Che sento … Se pietà di me non senti » extrait de Giulio Cesare. Carl-Heinrich Graun (1704-1759) : « Risolvere non oso » et « L’empio rigor del fato » extraits de Rodelinda ; « Tra le procelle assorto » extrait de Cleopatra e Cesare. Leonardo Vinci (1690-1730) : sinfonia extraite de Partenope. Georg Philipp Telemann (1681-1767) : « Rimembranza crudel » extrait de Germanicus. Jeanine De Bique, soprano. Concerto Köln

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