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Israel Galvan et Marlene Monteiro Freitas : pas de deux aux accents délicats

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Paris. Espace Cardin. 16-XII-2022. Israel Galván et Marlene Monteiro Freitas : RI TE Intermission. Conception et interprétation, Marlene Monteiro Freitas, Israel Galván

et se retrouvent sur la scène de l’Espace Cardin du Théâtre de la Ville pour un moment amical plein de tendresse et d’amusement.

Au centre du plateau, deux planches en bois clair forment un carré assez grand pour être l’aire de jeu restreinte des deux monstres sacrés de la danse. , qui clôt par ce spectacle le portrait que lui a consacré le Festival d’Automne, reprend avec malice la gestuelle de Galván, chantre du flamenco contemporain, revu et corrigé. Lui aussi s’essaie au vocabulaire de la chorégraphe cap-verdienne et, ces emprunts communs, pleins d’attention pour l’autre, dessinent un moment simple et bienveillant, d’où se laisse deviner une pointe de réjouissance communicative. Tout est pesé dans les mouvements comme dans les ersatz de paroles : tout est empli d’une intention retenue, légère et émouvante.

Marlene nous a confié, il y a peu, un des intérêts de ce portrait dans la découverte de son œuvre : le spectateur peut retrouver de pièce en pièce une signature qui échapperait à la chorégraphe, comme un accent marque une manière de parler, distinct et involontaire. Et de fait, de Guintche à Idiota, les deux solos d’ouverture et de clôture de la manifestation, la même extravagance, le même expressionnisme, le même génie si plein de vie d’une danseuse d’exception et d’une chorégraphe démiurge du décalé et de l’énergie divine. C’est précisément ce divin qui irrigue sans conteste Bacchantes, spectacle phare de Marlene, joué dans le monde entier, et qui a encore une fois soulevé le public, électrifié par cette folie, cette allégresse, cette ivresse si représentatives de ses œuvres.

Marlene n’arrête pas : entre ses solos et la reprise de ses différents opus, elle répétait il y a peu au Centre National de la Danse sa prochaine création. Les problématiques qui l’animent viennent irriguer ses œuvres qui déteignent les unes sur les autres. La temporalité toute reposée d’Ôss, création avec la compagnie inclusive Dançando com a diferença, nous a confié Marlene, doit sans doute beaucoup à son travail sur l’ensemble de ses créations à ce moment-là. Plus ou moins posées, les pièces de Marlene gardent ce vocabulaire, cette marque esthétique, cette force tellurique qui fait de ces spectacles des coups de maître, à chaque fois. Le portait du Festival d’Automne a permis de découvrir (ou de redécouvrir) une artiste en tout point extraordinaire et se clôture de la meilleure des façons : dans la démonstration complice de cette douce humanité qui est, sans nul doute, le plus remarquable accent de l’œuvre de Marlene Monteiro Freitas.

Crédits photographiques : © Peter Hônneman Kampnagel et Nicolas Serve

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Paris. Espace Cardin. 16-XII-2022. Israel Galván et Marlene Monteiro Freitas : RI TE Intermission. Conception et interprétation, Marlene Monteiro Freitas, Israel Galván

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