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La Scala et Riccardo Chailly en force pour Verdi au TCE

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Paris. Théâtre des Champs-Élysées. 12-IX-2023. Giuseppe Verdi (1813-1901) : Sinfonia, « Gli arredi festivi », « Va’, pensiero, sull’ali dorate », extraits de Nabucco. « Gerusalem », « O Signore, dal tetto natìo », extraits de I Lombardi alla prima crociata. Prélude, « Si ridesti il Leon di Castiglia », extraits d’Ernani. Ballet final (acte III, tableau 2), « Spuntato ecco il dì d’esultanza », extrait de Don Carlo. Prélude, « Che faceste? Dite su!…», « S’allontanarono! » « Patria oppressa! Il dolce nome », extraits de Macbeth. Prélude, « Vedi, le fosche notturne spoglie », extraits d’Il Trovatore. Sinfonia, « Nella guerra è la follia », extraits de La Forza del destino. « Gloria all’Egitto, ad Iside », extrait d’Aïda. Coro del Teatro alla Scala (Chef des Choeurs : Alberto Malazzi). Orchestra del Teatro alla Scala, direction musicale : Riccardo Chailly

Achevée à Paris, la tournée du Chœur et de l’Orchestre de la Scala de Milan dévoile des forces orchestrales et chorales et un , en grande forme, qui peinent à s’adapter à l’acoustique du Théâtre des Champs-Élysées dans les nombreux extraits d’opéras de Verdi. 

Absent du Festival de Lucerne cet été à cause d’une intervention chirurgicale, semble totalement remis pour cette rentrée de septembre, où il entre énergiquement sur la scène du Théâtre des Champs-Élysées, treize jours après une tournée scaligère débutée par Vérone et passée par Grafenegg, Vienne, Amsterdam (seule Bruxelles a été annulée pour cause de trafic aérien perturbé). Mais si la Philharmonie du Luxembourg la veille pouvait encore supporter la violence des forces de La Scala, dès le premier chœur de Nabucco, et une Sinfonia déjà bien pesante on comprend qu’on va assister ce soir à une démonstration de force.

Fait des grands chœurs de Verdi, dont les plus célèbres tirés de Nabucco, Macbeth, Il Trovatore ou Aida, l’exercice est forcément démonstratif et peut difficilement être exposé en finesse, pas plus que les quelques morceaux extraits des oeuvres ne peuvent laisser le temps de dessiner complètement les atmosphères et personnages des opéras. Mais ce soir à Paris, tout prend une consistance alourdie, accentuée par la non-adaptation du volume sonore à l’acoustique du lieu, alors qu’ en début d’année, la formation symphonique scaligère et son directeur musical s’étaient bien mieux acclimatés à la Philharmonie de Paris. Toujours de Nabucco, « Va’, pensiero, sull’ali dorate » ravit évidemment l’audience de l’Avenue Montaigne, l’audience se faisant plus sobre ensuite pour les extraits moins connus d’I Lombardi ou d’Ernani, qui mettent certes en valeur un Coro del Teatro alla Scala surpuissant, ainsi que certaines individualités à l’orchestre (violoncelle solo, flûte, premier violon, trompettes), pénalisés toutefois par le manque de respiration, ainsi que par une matière trop condensée et des pauses trop écourtées.

Le Ballet final de Don Carlo, opéra qui ouvrira la saison 2024 à Milan en décembre prochain, apporte un peu plus d’allant et semble mieux construit, mais son chœur « Spuntato ecco il dì d’esultanza« , certainement très efficace en pleine représentation dans la grande salle italienne, perd en impact à Paris en restant lui aussi bien trop compact. Nos discussions avec plusieurs habitués de la salle à l’entracte confirment que de partout, du fond de parterre au deuxième balcon de côté, le résultat sonore et les impressions sont les mêmes.

Malgré tout, on espère assister à une seconde partie plus légère… Espoir évanoui  dès le Preludio de Macbeth. Sans aucune respiration, sauf par des rubati surprenants aux violons, Chailly lance à nouveau ses forces à plein volume dans la bataille, induisant un déséquilibre entre des cuivres chauffés à blanc et des bois mis en difficulté par cette façon de jouer trop appuyée.

Les passages d’Il Trovatore accentuent encore les effets de « gros son » dès le Preludio I, encore plus marqués pour la Sinfonia et la Tarantella de Forza del Destino, qui semblent pourtant convaincre un public prodigue en applaudissements. Aida avec Gloria all’Egitto, ad Iside permet de clôturer le programme avec six magnifiques trompettes et des coups de timbales  impressionnants, ce passage si connu permettant de convaincre totalement le public. Bruyants, les saluts sont remerciés par un Chailly  qui énonce alors « une minute et demi de Verdi » ; en réalité à peine cinquante secondes du « Viva » conclusif du Prologue de Simon Boccanegra, dans lequel les cloches tentent de jouer encore plus forts que tout le reste du chœur et de l’orchestre!

Crédits photographiques : © Cyprien Tollet – TCE

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Paris. Théâtre des Champs-Élysées. 12-IX-2023. Giuseppe Verdi (1813-1901) : Sinfonia, « Gli arredi festivi », « Va’, pensiero, sull’ali dorate », extraits de Nabucco. « Gerusalem », « O Signore, dal tetto natìo », extraits de I Lombardi alla prima crociata. Prélude, « Si ridesti il Leon di Castiglia », extraits d’Ernani. Ballet final (acte III, tableau 2), « Spuntato ecco il dì d’esultanza », extrait de Don Carlo. Prélude, « Che faceste? Dite su!…», « S’allontanarono! » « Patria oppressa! Il dolce nome », extraits de Macbeth. Prélude, « Vedi, le fosche notturne spoglie », extraits d’Il Trovatore. Sinfonia, « Nella guerra è la follia », extraits de La Forza del destino. « Gloria all’Egitto, ad Iside », extrait d’Aïda. Coro del Teatro alla Scala (Chef des Choeurs : Alberto Malazzi). Orchestra del Teatro alla Scala, direction musicale : Riccardo Chailly

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