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La délicate ouverture du 46e festival Montpellier Danse

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Montpellier. Agora. 19-VI-2026. Festival Montpellier Danse. Histoires de danses. Impulsion. Chorégraphie, costume et interprétation : Jann Gallois.
Soapéra. Conception : Mathilde Monnier et Dominique Figarella. Chorégraphie : Mathilde Monnier. Art visuel : Dominique Figarella. Danse : Virgile Dagneaux, Julien Gallée-Ferré, I-Fang Lin, Jonathan Pranlas-Descours.
Trisha Brown. Chorégraphe et Interprète : Fabrice Ramalingom. Pièces jouées : One Story as in Falling et Set & Reset
La cour des anges. Conception et adaptation in situ : Laurent Pichaud. Assistante : Catherine Legrand. Chorégraphie : Dominique Bagouet. Distribution : Jean-Pierre Alvarez, Christian Bourigault, Claire Chancé, Charles Ferrand, Clément Li Cruveillé, Catherine Legrand, Dominique Noel, Sonia Onckelinx, Michèle Rust
In The Brain. Chorégraphie et musique : Hofesh Shechter. Interprété par Shechter II. Danseurs et danseuses : Matilde Agostinone, Teige Bisnought, Nagga Baldina, Federica Fantuzi, Woojin Kwon, Armand Lassus, Skiye Nataliah, Ella Roberts
D’un lointain si proche. Conception : Salia Sanou et d’Ange Fandoh
7. Conception et chorégraphie : Dimitri Chamblas, Zoé Lakhnati
100% polyester. Conception : Christian Rizzo et Caty Olive

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Lancement de la 46e édition du festival Montpellier Danse sous le signe de la nouveauté et de l’ouverture au public, avec de larges d’extraits d’Histoires de danse donnés au cour d’une déambulation à l’Agora de la danse.

Ouverture, création et transmission. , , et , les nouveaux co-directeurs du festival semblent s’être passés le mot pour leur première édition. Il devaient marquer en toute délicatesse la transition après 45 ans de festival dirigé par Jean-Paul Montanari. La plongée très subjective dans les Histoires de danses du festival s’est donc imposée. Les grands figures et l’esprit des lieux ont donné du souffle à ce spectacle itinérant et les spectateurs du festival Montpellier Danse ne vont pas être au bout de leurs surprises pour la soirée d’ouverture de cette 46e édition.

D’abord sur la scène du théâtre de l’Agora, au soleil rasant sur la façade arrière, retrouve le plaisir de danser pour le public avec Impulsion. La chorégraphe et co-directrice du lieu laisse monter ses gestes, d’abord en quasi méditation au sol. Une voix comme un appel résonne. Puis elle se relève progressivement dans un bouillonnement de rythmes, pour mieux relâcher les gestes en retournant en posture au sol. La grande délicatesse de l’instant donne envie d’en voir plus. 

Mais Jann explique déjà le mode d’emploi de la soirée. Le public est divisé en petits groupes. Chacun va effectuer un parcours dans l’ensemble de l’Agora. L’imposant bâtiment, ancien couvent-prison-bâtiment militaire, est un merveilleux outil de création. Et le public a pu le découvrir dans sa déambulation. 

D’abord dans la cour bordée d’arcades avec la courte intervention d’amateurs venus de Sète emmenés par le chorégraphe et Zoé Lakhnati, baptisée 7. Ils ont installé sur le sable leurs serviettes de plage. Gestes de bord de mer, la chanson Les passantes de Brassens sifflotée, puis ils se regroupent autour d’une sorte de triporteur pour quitter le lieu comme une invitation à les suivre. 

Dans les étages, le public découvre pour la première fois les studios de travail des danseurs. Chaque pièce porte le nom d’un chorégraphe qui a marqué le lieu de son empreinte. Dans le studio Yano, le chorégraphe Fabrice Ramalingom évoque son travail avec celui qui plane au dessus de l’Agora à tout jamais, le chorégraphe . Mais il raconte surtout son travail avec la grande . Démonstration à l’appui. Avec deux craies en main, il danse au sol en dessinant des traces sur un grand carré, à l’instar de ce que fit . On peut voir une reproduction de cette œuvre en fond de studio. Témoignage et émotion franchissent le cap de la simple démonstration. 

Toute la soirée est marquée de ces petits rendez-vous. Autre souvenir, celui de . En compagnie d’Ange Fandoh, au chant et à la danse, celui qui se qualifie enfant de la cour (de l’Agora) évoque, dans le studio Béjart, au milieu de vidéos d’interprètes danseurs qu’il avait rencontrés au Cameroun, son expérience intitulée D’un lointain si proche. Il invite le public à reproduire un geste ouverture de la poitrine. 

L’ouverture toujours, à toutes les formes de danses qui ont marqué les lieux. L’une de ces figures, , longtemps directrice du CCN de Montpellier, choisit de reprendre un extrait d’une oeuvre marquante : Soapéra. Une installation de mousse de bain envahit le plateau. Quatre corps en mouvements lents en émergent. Autre installation celle de et intitulée 100% Polyester. Une danse sans danseurs de deux robes légères retenues ensemble par les manches. Elles tournoient au centre d’un espace balayé par les ombres des vêtements.

Après cette non-danse, place à l’énergie d’, autre co-directeur de l’Agora. Dans le grand studio Bagouet, un extrait d’ In The Brain avec ses huit jeunes danseurs de la compagnie Shechter II désormais installée sur place. Sorte de rave jubilatoire, beau moment de transmission d’un travail accompli précédemment avec d’autres danseurs. 

Nous voilà parvenus à cette autre mission de la soirée et de l’avenir du lieu. Après l’ouverture et l’histoire, la transmission. Elle va s’illustrer avec force et émotion dans la cour principale qui porte désormais le nom du fondateur du festival Jean-Paul Montanari. Les danseurs d’origine de la compagnie Bagouet réinterprètent sous la houlette de l’une des pièces de entrée dans l’histoire de la danse, Le saut de l’ange. Ainsi le cloître de l’Agora devient La cour des anges. Les corps délicatement chargés d’histoire font jaillir aux premiers gestes les souvenirs de cette danse si malicieuse et délicate de Bagouet. Et comme si cette première émotion ne suffisait pas, deux garçons de 11 et 13 ans arrivent par les arcades en dansant. Merveilleusement coordonnés et à l’écoute l’un de l’autre. La relève est là au milieu de ces interprètes qui cultivent une mémoire bien vivante. 

Toute l’aventure, histoire-ouverture-transmission, voulue par , , et est ainsi affirmée. Tout en finesse, ils nous ont offert une délicate ouverture d’une nouvelle ère du festival Montpellier Danse.

Crédits photographiques : © Laurent Philippe

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Trisha Brown. Chorégraphe et Interprète : Fabrice Ramalingom. Pièces jouées : One Story as in Falling et Set & Reset
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D’un lointain si proche. Conception : Salia Sanou et d’Ange Fandoh
7. Conception et chorégraphie : Dimitri Chamblas, Zoé Lakhnati
100% polyester. Conception : Christian Rizzo et Caty Olive

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