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La Radioactive Practice d’Abby Z à Montpellier

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Théâtre Jean-Claude Carrière, Domaine d’O, Montpellier. 27-VI-26. Abby Z and the new utility : Radioactive Practice. Dans le cadre du festival Montpellier Danse. Chorégraphie, mise en scène : Abby Zbikowski. Interprètes, collaborateurs : Indya Childs, Ishmael Konney, Fiona Lundie, Mya McClellan, Jennifer Meckley, Benjamin Roach. Direction des répétitions : Fiona Lundie,
Jennifer Meckley. Dramaturgie : Momar Ndiaye. Création lumière : Jon Harper. Musique : Matthew Peyton Dixon

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Présentée pour la première fois en France, l’américaine Abby Z explose les codes du spectacle de danse avec Radioactive Practice, au Domaine d’O dans le cadre de . Mais elle échoue à lui conférer un enjeu.

, alias Abby Z, a inventé une nouvelle discipline : la Radioactive Practice. A l’instar du MMA, si apprécié de Donald Trump, cette discipline inédite mêle le sport et la performance, puisant dans différentes physicalités pour construire une nouvelle grammaire du corps. Radioactive Practice est un concept qu’elle a élaboré dans sa pratique d’enseignante en danse à l’université de l’Etat de l’Ohio et qui résume la manière de travailler, d’explorer les concepts et d’échanger avec ses étudiants. Elle propose pour la première fois en France la traduction scénique de ce concept marqué par une physicalité très intense, basé sur l’effort et l’énergie.

Issue d’une classe sociale « laborieuse » comme elle le dit elle-même (elle a travaillé dans un bowling dès l’âge de 13 ans), Abby Z est avant tout une sportive. Elle a été goal dans une équipe de hockey sur gazon, puis a pratiqué les claquettes, le modern jazz et la danse africaine avant de se tourner vers des formes plus contemporaines de représentation. Elle s’est produite dans les plus grands festivals de danse aux Etats-Unis, comme l’American Dance Festival ou Jacob’s Pillow, et en Angleterre, au festival Dance Umbrella.

Pour Radioactive Practice, deuxième pièce produite par sa compagnie en 2022, elle choisit de mettre en jeu ses interprètes jusqu’au corps à corps, façon arts martiaux. Comme sur la ligne de départ d’un 100 mètres ou avant le lancer de ballon, chaque performer « joueur » est pleinement engagé dans l’action et l’échange d’énergie, au plus près des spectateurs dans un dispositif quadrifrontal. Mais quelles règles suivent-ils exactement ? Difficile de le dire.

Dans l’acoustique démultipliée du Théâtre Jean-Claude Carrière au Domaine d’O, le spectacle adopte un sens du rythme très particulier, car il n’y a pas de musique, tout au plus quelques éclats musicaux au début ou à la fin du spectacle, ou lors des pauses entre certaines séquences. Le son vient du glissement des sneakers sur le sol, des corps projetés les uns contre les autres, du claquement des membres qui se cognent ou des interjections scandées par les interprètes. Les danseurs multiplient les combinaisons dans l’espace : solos, duos, quatuors, ensemble… pour proposer, comme dans le cadre d’un ring, des défis auxquels les spectateurs ne sont pas associés.

Issus du football, des claquettes, de la danse africaine, entre autres, les six interprètes sont au moins unis par ce sens collectif du défi. Autre point commun avec l’univers sportif, les encouragements que jettent les autres performers des coulisses à ceux qui sont au centre du plateau : « You’re capable » ou « I see you » les enjoignant à aller au bout de l’effort et du défi qu’ils se sont lancé, jusqu’au dépassement et à l’épuisement total. Mais vont-ils réellement au-delà de la démonstration physique pour faire œuvre ?

D’ailleurs, est-il pertinent d’utiliser un vocabulaire de danse pour décrire cette explosion jusqu’au boutiste et très athlétique des corps ? Assommés par cette injonction au dépassement, par cette esthétique très sportive renforcée par les brassières ou les genouillères fluo, le spectateur peine à trouver un sens à ce bout-à-bout performatif. Le dépassement ne fait pas œuvre, et l’exploit, s’il y en a un, n’est pas mesurable sans règles, ni enjeu.

Crédits photographiques : © Laurent Philippe

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Théâtre Jean-Claude Carrière, Domaine d’O, Montpellier. 27-VI-26. Abby Z and the new utility : Radioactive Practice. Dans le cadre du festival Montpellier Danse. Chorégraphie, mise en scène : Abby Zbikowski. Interprètes, collaborateurs : Indya Childs, Ishmael Konney, Fiona Lundie, Mya McClellan, Jennifer Meckley, Benjamin Roach. Direction des répétitions : Fiona Lundie,
Jennifer Meckley. Dramaturgie : Momar Ndiaye. Création lumière : Jon Harper. Musique : Matthew Peyton Dixon

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