Concours, La Scène, Musique symphonique

6e édition du Concours Evgeny Svetlanov à Birmingham

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Birmingham. Symphony Hall. 6th Evgeny Svetlanov International Conducting Competition. 3 au 6-IX-2026. Présidente : Marina Bower ; directeur artistique : René Koering. Jury : Bertrand de Billy, président ; Maurao Bucarelli ; Christophe Ghristi ; Sascha Goetzel ; Paul Hughes ; Ion Marin ; Matthias Naske ; Deborah Polaski ; Kazuki Yamada. 3 & 4 sep : Tour préliminaire, 18 candidats.
5 sep : Demi-finale, 8 candidats : Wolfgang Amadeus Mozart : Die Zauberflöte, acte I, récitatif. Kaelig Boché, ténor ; Adrien Fournaison, bariton-basse. Richard Wagner : Lohengrin, acte III, Prélude. Piotr ilitch Tchaïkovski : Symphonie n°6 en si mineur, op. 74 « Pathétique ». Michal Oren ; José Soares ; Sebastian Almanzar ; Chunyi Zhao ; Mattew Rhodes ; Rui Miguel Marques ; Erika Kiko ; Mikhail Mering.
6 sep : Finale, 4 candidats : Evgeny Svetlanov, Symphonie, Largo. Antonino Abate : Il Ré d’Ithaca. Œuvres imposées. Chunyi Zhao ; Mikhail Mering ; Michal Oren ; Rui Miguel Marques. City of Birmingham Symphony Orchestra.

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Apparu en 2010 à l’initiative de et , le Concours International de Chefs d’Orchestre Evgeny Svetlanov a décerné le Premier Prix de sa 6e édition à la cheffe israélienne . Récit.

Après sa 4e édition à Radio France en 2018 et sa 5e à Monte-Carlo en 2022, l’Evgeny Svetlanov International Conducting Competition s’est déroulé en 2026 dans la magnifique acoustique du Symphony Hall de Birmingham. Pendant les deux premiers jours, dix-huit candidats se sont confrontés avec le City of Birgmingham Symphony Orchestra devant un jury présidé par . Réduits à huit le troisième jour, les demi-finalistes ont eu à démontrer leur talent dans des œuvres symphoniques et opératiques, afin de figurer parmi les quatre finalistes du dernier jour et se distinguer dans une œuvre romantique, une création du compositeur italien Antonino Abate et un extrait symphonique de la Symphonie de Svetlanov.

L’organisation du Concours

Pendant un tour préliminaire auquel nous n’avons pu assister, 18 candidats triés parmi plus de 300 ont été départagés devant le sur des œuvres de Beethoven, Mozart et Tchaïkovski, afin de permettre à huit d’entre eux d’atteindre les demi-finales.

Pour les sélectionner, le jury de haut niveau était présidé pour cette 6e édition par , accompagné de trois autres chefs : , actuel directeur musical du CBSO et directeur artistique du Deutsche Symphonie-Orchester Berlin ; , directeur musical de l’Orchestre National des Pays de la Loire et du Ulsan Philharmonic Orchestra ; et . Parmi les chanteurs prévus, Matthias Goerne n’a pu se rendre sur place, mais était bien présente, de même que les directeurs artistiques Paul Hughes, Matthias Naske, le directeur de l’Opéra National du Capitole de Toulouse Christophe Ghristi et le délégué artistique de l’Orchestre Santa Cecilia de Rome, Mauro Bucarelli.

Demi-finales

Les demies se sont agencées autour de trois œuvres imposées : le Prélude de l’Acte III de Lohengrin de Wagner, un récitatif de l’Acte I entre le Sprecher et Tamino dans La Flûte Enchantée de Mozart et le 1er mouvement de la « Pathétique‘ de Tchaïkovski, ouvrage parmi les favoris d’Evgeny Svetlanov.

Dans cette épreuve de concours où l’on a plus souvent l’habitude de retrouver un ouvrage concertant, le fait de placer un difficile récitatif mozartien permet d’identifier la complémentarité d’approches des chefs et cheffes d’orchestre en devenir. Comme il nous le révèlera en interview (à venir), cette partie opératique est imposée par lui-même, mais c’est grâce à la présence du ténor et du baryton-basse Adrien Fournaison (bientôt Figaro dans Les Noces de Figaro au Théâtre des Champs-Élysées) qu’elle devient particulièrement passionnante.

Pas moins de huit fois entre 10h du matin jusqu’à presque 19h, les deux chanteurs reprennent donc ce récitatif, qui débute de la meilleure des façons par la future gagnante de la compétition, . Juste après, le brésilien José Soares a plus de mal à gérer le volume sonore et semble un peu trop profiter du CBSO, n’ayant sans doute jamais eu une telle formation dans les mains. On avoue être surpris que ce candidat n’ait pas été tout de même maintenu comme quatrième finaliste, et nous apprendrons de deux membres du jury qu’il faisait également partie de leur sélection. Mais c’est finalement la quatrième de la matinée, la chinoise , qui lui est préféré, visiblement parce qu’elle avait plus marqué une autre partie du jury la veille lors du premier tour.

Le dernier candidat de la matinée, le Colombien Sebastian Almanzar, est un Kappelmeister né, passionnant dans le Mozart et sans doute le plus juste de la journée pour gérer les tempi, qu’il accélère sans problème et sans risque pour les chanteurs. En revanche, il faudra qu’il travaille plus le grand répertoire s’il veut réussir une grande carrière, car sa Sixième de Tchaïkovski manque non seulement d’idées, mais frôle presque la vulgarité. L’après-midi, l’Anglais Matthew Rhodes offre une prestation trop léchée, sans proposer un style particulier pour démarquer une direction par ailleurs plutôt bonne techniquement. Le jury lui préfèrera le Portugais , pas forcément plus inspiré dans une Pathétique gentiment bourgeoise, mais plus caractéristique, tandis qu’il peut se faire pardonner en plus une part d’immaturité due son âge, puisqu’il a seulement 21 ans ; il fera donc partie des finalistes.

La doyenne de cette demi-finale, la Japonaise Erika Kiko, est techniquement au-dessus de six des sept autres candidats. Mais sa façon de se tenir devant l’orchestre, de trop rire nerveusement et son manque de proposition malgré ses 38 ans et une carrière déjà bien entamée lui coûte sa place en finale. Celle-ci revient donc au dernier candidat de la journée, le classieux Mikhail Mering, qui rejoint donc sa compatriote israélienne après une prestation d’où se démarque principalement le romantisme instillé à la Sixième de Tchaïkovski, une symphonie à laquelle Michal Oren a donné en début de matinée encore plus de souffle et de tempérament.

À noter que concernant la France, si plusieurs candidats du premier tour nous ont annoncé vivre à Paris – notamment l’Américaine Alison Norris que l’on regrette de n’avoir pas entendue – seul Nikita Sorokine représentait notre pays, sans avoir convaincu suffisamment le jury pour intégrer les demi-finales.

Finale

Le lendemain, l’Orchestre Symphonique de Birmingham est toujours aussi souple et ses individualités en forme pour aborder cette quatrième longue journée, après celle de préparation déjà intensive le mardi avec le chef David Molard Soriano.

Cette dernière journée se divise en quatre sessions de 55 minutes, pendant lesquelles doivent être abordés par chacun des candidats le Largo de la Symphonie de Svetlanov, la création d’Antonino Abate commandée pour cette édition, et une grande œuvre romantique choisie par le jury parmi une sélection de dix.

Et si la chinoise était la prétendante la moins évidente de ce dernier tour, elle démontre directement son manque d’analyse à la première partie de cette finale, en ne jouant que des extraits plutôt que l’intégralité d’Il Ré D’Ithaca du jeune Abate, dont elle aurait pourtant pu être la créatrice mondiale. En plus de cela, elle commet une deuxième erreur en ne jouant qu’un filage du mouvement de la Symphonie de Svetlanov, sans revenir sur aucune partie de cette pièce, pour ensuite passer directement à la partition qui lui a été imposée, la Quatrième de Schumann, dans laquelle elle se perd bien vite sans y trouver aucun prisme personnel.

C’est donc l’Israélien Mikhail Mehring qui devient le créateur officiel du poème symphonique d’Antonino Abate, un ouvrage odysséen dont le style fait d’ailleurs parfois penser à une musique de film dans la façon de créer de la tension, même si la structure de la partition et son orchestration sont plus complexes. L’extrait de Svetlanov joué ensuite, puis le mouvement de la Symphonie de César Franck qui lui a été donné, font de Mehring l’artiste faisant le plus preuve de sensibilité lors de cette édition et justifient clairement son Deuxième Prix dans la compétition.

Du haut de ses 21 ans, n’a pas la même agilité technique pour la partition contemporaine, même s’il lui procure de nouvelles idées bien que quatrième de la journée à s’y atteler. S’il se démarque aussi peu du Largo svetlanovien et ne rassure pas au début de la Quatrième Symphonie de Beethoven, dans laquelle il parvient pourtant à force de travail et de répétition à insuffler des idées prometteuses, qui font de lui un prétendant à surveiller dans les prochaines années.

Mais dès la veille, il a bien semblé à presque tous dans la salle que Michal Oren était un cran au-dessus du lot, ce qu’elle démontre encore lors de cette finale, en offrant la meilleure interprétation d’Il Ré d’Ithaca, bien plus vivant sous sa direction déjà experte, puis avec un troisième mouvement symphonique de Svetlanov plein de souffle et d’une belle densité. C’est aussi celle qui gère le mieux les équilibres et ne fait jamais saturer l’orchestre, dans un grand hall de plus de 2 200 places qui ne demande pourtant qu’à briller. Sa Septième Symphonie de Dvořák passionne un peu moins, mais elle parvient au bout de 20 minutes à bien en faire évoluer la matière, sans laisser vraiment de doute sur le fait qu’elle arriverait première, mais en laissant en revanche planer l’idée qu’il pourrait encore cette année ne pas y avoir de Premier Prix au Concours.

Résultats

S’il n’y a donc pas de surprise sur le statut de lauréate de , ni pour les raisons que nous avons évoquées sur le Troisième prix de , le reste est plus ouvert quant à la teneur des prix remis lors de la soirée, puisqu’à part lors de la première édition de 2010, où Andris Poga avait obtenu un Premier Prix évident, plus aucun Premier Prix n’avait été décerné par le concours lors des quatre éditions ultérieures.

C’est donc avec un léger doute que nous attendons les résultats, même si donner deux Deuxième Prix encore cette année revenait de la part du jury à mettre au même niveau deux candidats dont les prestations étaient pourtant bien tranchées. Et finalement, c’est à l’unanimité que Michal Oren se démarque pour les membres du jury et son président, justifiant par la même occasion le second Premier Prix de l’histoire du concours. Mikhail Mehring reçoit donc le second prix, dans un concours où l’attirance du public pour les jeunes artistes se fait une nouvelle fois remarquer, puisque Rui Miguel Marques se voit décerner le Prix du public présent dans la salle, et le Prix Online donnés par les spectateurs ayant suivi la compétition sur Medici.tv.

On souhaite une belle carrière à tous les lauréats !

Crédits photographiques : © Aurélien Petit

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Birmingham. Symphony Hall. 6th Evgeny Svetlanov International Conducting Competition. 3 au 6-IX-2026. Présidente : Marina Bower ; directeur artistique : René Koering. Jury : Bertrand de Billy, président ; Maurao Bucarelli ; Christophe Ghristi ; Sascha Goetzel ; Paul Hughes ; Ion Marin ; Matthias Naske ; Deborah Polaski ; Kazuki Yamada. 3 & 4 sep : Tour préliminaire, 18 candidats.
5 sep : Demi-finale, 8 candidats : Wolfgang Amadeus Mozart : Die Zauberflöte, acte I, récitatif. Kaelig Boché, ténor ; Adrien Fournaison, bariton-basse. Richard Wagner : Lohengrin, acte III, Prélude. Piotr ilitch Tchaïkovski : Symphonie n°6 en si mineur, op. 74 « Pathétique ». Michal Oren ; José Soares ; Sebastian Almanzar ; Chunyi Zhao ; Mattew Rhodes ; Rui Miguel Marques ; Erika Kiko ; Mikhail Mering.
6 sep : Finale, 4 candidats : Evgeny Svetlanov, Symphonie, Largo. Antonino Abate : Il Ré d’Ithaca. Œuvres imposées. Chunyi Zhao ; Mikhail Mering ; Michal Oren ; Rui Miguel Marques. City of Birmingham Symphony Orchestra.

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