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Zubin Mehta fête ses 90 ans avec la Radio bavaroise à Munich

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Munich. Herkulessaal. 26-VI-2026. Richard Wagner (1813-1883) : Rienzi, ouverture ; Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Concerto pour piano et orchestre n° 3 op. 37 ; Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893) : Symphonie n° 4 op. 36. Rudolph Buchbinder, piano ; Symphonieorchester des Bayerischen Rundfunks, direction : Zubin Mehta

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Le concert fête aussi 43 ans d’amitié musicale avec pour un concerto de Beethoven de haute tenue.

Les 90 ans de sont fêtés on ne peut plus activement à Munich : le chef a beau être physiquement diminué, il aura en à peine un mois fait le tour des trois grands orchestres de la ville, le Bayerisches Staatsorchester dont il a été le directeur musical de 1998 à 2006, les Philharmoniker qui l’avaient nommé « premier chef honoraire » en 2004, et maintenant l’Orchestre de la Radio bavaroise.

Le concert ne commence à vrai dire pas très bien, avec l’ouverture de Rienzi de Wagner. Le chef choisit un tempo constamment lent, pour la première partie molto sostenuto, mais aussi dans la partie rapide qui suit : les équilibres des timbres favorisent trop souvent les cuivres qui en paraissent clinquants, au point que la partie rapide tombe presque entièrement dans le pompier. Heureusement, la suite du concert est beaucoup plus satisfaisante, et d’abord ce qui est le cœur du programme de ce soir : le choix du troisième concerto de Beethoven et le choix de comme soliste dudit concerto ne sont pas le fruit du hasard, mais la célébration de 43 ans d’amitié musicale, puisque cette même œuvre était au programme de leur première collaboration en 1983. Cela peut paraître anecdotique, mais on a trop souvent subi des interprétations de concertos où chef et soliste jouaient parallèlement plutôt qu’ensemble pour ne pas se réjouir qu’ici, au contraire, cette longue familiarité porte entièrement ses fruits. Buchbinder est un brillant virtuose, et les 80 ans qu’il fête à la fin de cette année n’ont pas alourdi ses doigts. Sa virtuosité va droit au but : pas de grands discours, pas de sous-textes surlignés comme peut le faire un Igor Levit, mais de la précision et une fermeté de dessin qui ne laissent pas la place aux brumes romantiques. Pour autant, la poésie n’est pas absente, en particulier dans le mouvement lent, mais c’est tout de même la qualité du dialogue avec l’orchestre qui suscite l’admiration : le dialogue, c’est certes l’essence même du concerto, mais c’est aussi ce que le business du classique rend si rarement possible.

Après l’entracte, le critique doit faire contre mauvaise fortune bon cœur : le hasard d’un changement de programme le place non pas face au Zarathoustra de Strauss, mais de la Quatrième symphonie de Tchaïkovski, qui est un peu pour lui une langue étrangère. À défaut de parler d’émotion ou même d’expressivité, on se contentera donc de constater que, fort heureusement, le résultat sonore ne retombe pas dans les déséquilibres constatés en début de concert. Bien au contraire, l’entente entre le chef, malgré sa gestuelle minimale, et l’orchestre reste optimale, avec un résultat riche en couleurs, énergique sans brutalité, et sans aucun sentimentalisme.

Crédits photographiques : © BR/Severin Vogl

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Munich. Herkulessaal. 26-VI-2026. Richard Wagner (1813-1883) : Rienzi, ouverture ; Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Concerto pour piano et orchestre n° 3 op. 37 ; Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893) : Symphonie n° 4 op. 36. Rudolph Buchbinder, piano ; Symphonieorchester des Bayerischen Rundfunks, direction : Zubin Mehta

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