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La jeunesse de l’Olimpiade de Giulio Prandi

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Giovanni Battista Pergolesi (1710-1736) : L’Olimpiade, dramma per musica en trois actes sur un livret de Pietro Metastasio. Avec : Anicio Zorzi Giustiniani, Clistene ; Carlotta Colombo, Aristea ; Silvia Frigato, Argene ; Josè Maria Lo Monaco, Licida ; Theodora Raftis, Megacle ; Matteo Straffi, Aminta ; Francesca Ascioti, Alcandro. Orchestre Ghislieri, direction musicale : Giulio Prandi. 2 CD Arcana. Enregistrés le 21 et le 23 novembre 2025 au Teatro Pergolesi à Ancona en Italie. Notice de présentation en français, anglais et italien. Durée : 143:00

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La dernière version en disque de L’Olimpiade de Pergolèse menée par ne manque pas de potentiel, mais ne se déploie pas pleinement.

Manque de temps, manque de moyens, restrictions papales… Le jeune Pergolèse réutilise certains airs de San Guglielmo d’Aquitania et d’Adriano in Siria joué un an avant à Naples (les Romains n’y verront que du feu !), et supprime quelques vers de Métastase en raison de l’absence d’un chœur pour son Olimpiade. L’interdiction des femmes sur les scènes des théâtres romains en 1735 imposera également une distribution vocale exclusivement masculine. Malgré toutes ces contraintes, Pergolèse s’appuie sur ce sublime livret pour en révéler les passions amoureuses avec une expressivité sans pareille. Il matérialise également l’intensité et l’efficacité dramatiques qui seront prises pour modèles par les futurs compositeurs sur ce livret, et cela malgré les débuts scéniques décevants de cette version des Jeux Olympiques où l’attrait d’une femme primera sur l’obtention d’une médaille.

La jeunesse toujours, pour cette version exécutée dans la ville natale du compositeur, au sein d’un théâtre qui lui est dédié à Jesi (Teatro Pergolesi) dans le cadre de la 58e Stagione Lirica di Tradizione. Ce disque est l’enregistrement des représentations de novembre 2025, avec une captation live mais très propre (pas de bruits de la salle audibles à part quelques applaudissements choisis). Il est ainsi dommage que l’orchestre ne soit pas autant mis en avant que les voix dans la prise de son, ce déséquilibre entre le plateau et la fosse rendant l’écoute un peu frustrante.

L’auditeur pourra s’étonner de la durée de cette version : pas moins d’1h25 de musique en moins par rapport à la version de référence menée par Alessandro De Marchi en 2011 (Sony Classical). Et pour justifier ces coupes, c’est une note du metteur en scène qui est proposée. Quand on connaît le rythme haletant et les rebondissements incessants de la version d’origine, difficile d’adhérer à l’affirmation de Fabio Ceresa : « les coupures n’interviennent pas pour corriger, mais pour révéler. »

La distribution vocale est rafraichissante, certes, mais quelque peu fragile techniquement et dépassée par les exigences d’une partition où les airs de bravoure doivent être assurés avec une grande virtuosité vocale et où la profondeur des affects doit être menée de front. La distribution d’origine se composait de cinq castrats et de deux ténors. Pas de contre-ténor pour cette version mais des voix de femmes où, quel que soit Aristea (), Licida () où Megacle (), les ornements traduisent une interprétation juvénile qui dépeint mal la psychologie des personnages. Pour les hommes, l’éloquence d’ (Clistene) brille dans les récitatifs alors que (Aminta) manque d’ampleur dans ses airs de bravoure malgré une orchestre réduit qui le surplombe, tandis que l’Alcandro de (contralto) est un peu grossier. Les atouts vocaux qui font normalement la force de cet opera seria sont ici aussi limités que l’approche orchestrale est légère.

L’effectif resserré de l’ (une vingtaine de musiciens) n’est pas un frein à la direction vive et enthousiaste de , mais la phalange manque de profondeur sonore pour convaincre pleinement. Preuve en est lorsque se font face les couleurs de Superbo di me stesso (Acte I, scène 2) et la platitude du Mentre dormi (Acte I, scène 8). Cette production reprise cet été au Festival de Beaune est intéressante mais ne marquera pas les mémoires : la jeunesse en 1735 n’a pas le même impact qu’en 2025 !

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Giovanni Battista Pergolesi (1710-1736) : L’Olimpiade, dramma per musica en trois actes sur un livret de Pietro Metastasio. Avec : Anicio Zorzi Giustiniani, Clistene ; Carlotta Colombo, Aristea ; Silvia Frigato, Argene ; Josè Maria Lo Monaco, Licida ; Theodora Raftis, Megacle ; Matteo Straffi, Aminta ; Francesca Ascioti, Alcandro. Orchestre Ghislieri, direction musicale : Giulio Prandi. 2 CD Arcana. Enregistrés le 21 et le 23 novembre 2025 au Teatro Pergolesi à Ancona en Italie. Notice de présentation en français, anglais et italien. Durée : 143:00

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