tous les dossiers(1)

Variations Goldberg, l’excellence du Ballet de l’Opéra de Paris

Danse , La Scène, Spectacles Danse

Tombe (Création). Conception : Jérôme Bel. Avec Henda Traore, Grégory Gaillard, Sandra Escudé, Sébastien Bertaud, Sylviane Milley et Benjamin Pech.
La nuit s’achève. Musique : Ludwig van Beethoven. Chorégraphie : Benjamin Millepied. Scénographie : Camille Dugas. Costumes : Alessandro Sartori. Lumières : Madjid Hakimi. Piano : Alain Planès. Avec Amandine Albisson, Sae Eun Park, Ida Viikinkovski, Hervé Moreau, Marc Moreau, Jérémy-Loup Quer.
Les Variations Goldberg (Entrée au répertoire). Musique : Johann Sebastian Bach ; Chorégraphie : Jerome Robbins. Costumes : Joe Eula. Lumières : Jennifer Tipton. Piano : Simone Dinnerstein. Avec les Etoiles, Premiers danseurs et danseurs du Ballet de l’Opéra national de Paris.

Bel-Millepied-Robbins (Saison 2015-2016)L’entrée au répertoire du Ballet de l’Opéra de Paris des Variations Goldberg de est une éblouissante leçon de musique… et de chorégraphie.

Limpidité, précision, esprit, intelligence… tout ce qui fait défaut à certains chorégraphes éclate au grand soir dans les Variations Goldberg. Après un délicieux prologue baroque qui rappelle ce que la danse doit à la France, et surtout à son roi Louis XIV, les danseurs couleur dragées du Ballet de l’Opéra de Paris entrent en scène. Faisant entendre la musique contrapuntique jouée par la pianiste , ils enchaînent pas ciselés, ports de bras, épaulements et ports de tête ultra précis.

Exigeante musicalement, la pièce ne l’est pas moins techniquement. L’art de l’écriture chorégraphique répond à l’art de la fugue, des thèmes et des variations de Bach. Les danseurs de l’Opéra donnent le meilleur d’eux-mêmes. , , Pierre Arthur Raveau et sont délicieux et mutins dans la première partie. Dans la deuxième partie, , , , , et prouvent qu’à l’Opéra, maturité et expérience ne sont pas de gros mots.

Bel-Millepied-Robbins (Saison 2015-2016)Cette pièce innovante et subtile d’une heure vingt se serait suffi à elle-même pour faire une excellente soirée de danse. Mais , le directeur de la danse qui sera remplacé par Aurélie Dupont en août prochain, a souhaité en faire une soirée plus vaste en ajoutant après coup une de ses créations et un projet de . Pour cette nouvelle création, intitulée La nuit s’achève, il a choisi la sonate Appassionata de Beethoven. À la virtuosité de son interprète, , répondent la vivacité et la vitalité des six danseurs sélectionnés pour ce triple duo. Mais, comme souvent, Millepied a choisi la facilité alors qu’il disposait d’interprètes exceptionnels. Il paraphrase la musique, enchaînant avec lyrisme, musicalité, les voltes et les tourbillons. La danse est fluide et légère, à l’instar d’une flamme qui vacille ou de bulles de champagne. Qu’en restera-t-il quand il sera éventé ? Même le pas de deux central, réunissant et , d’une belle sensualité, n’est qu’une pâle copie du Parc d’Angelin Preljocaj ou de In the Night de Robbins. Racée, est une très belle surprise de ce sextuor. Profonde, intense, elle entraîne dans son sillage un peu plus vénéneux . Il faut enfin compter avec Ida Viikinkovski, aux cheveux de sauvageonne et au tempérament de feu.

Bel-Millepied-Robbins (Saison 2015-2016)En guise de prologue à cette soirée et diversement apprécié par le public, proposait un projet autour du décor de l’Acte II de Giselle, intitulé Tombe. Comme à son habitude, Jérôme Bel a procédé à des improvisations dont il a recueilli l’essence pour la réécrire dans une langue toujours très tenue. À travers trois duo entre un danseur de l’Opéra de Paris et une personne qui n’aurait jamais dû monter sur scène, il esquisse un hymne à la différence : celle des origines, du handicap ou de l’âge. Le premier duo est un hommage rendu au Théâtre de l’Opéra et à ses techniciens, il y plante le décor avec drôlerie et sincérité. Le deuxième met en scène un vrai Prince et une Willi un peu imparfaite, mais bien réelle. Le dernier est virtuel, mais ce n’est pas le moins émouvant des trois. En toute simplicité et modestie, Jérôme Bel a donné à voir l’essence du théâtre et de ce qui le fait briller.

Crédits photographiques : © Benoîte Fanton / Opéra national de Paris

Banniere-abecedaire728-90-resmusica-janvier16

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.