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Le Lac des Cygnes à Bastille : Étoiles et Premiers Danseurs à l’honneur

Danse , La Scène, Spectacles Danse

Paris. Opéra Bastille. 7-XII-2016. Piotr Ilitch Tchaikovski (1840-1893) : Le Lac des Cygnes, ballet en trois actes. Chorégraphie et mise en scène : Rudolf Noureev, d’après Marius Petipa et Lev Ivanov. Décors : Ezio Frigerio ; Costumes : Franca Squarciapino. Lumières : Vinicio Cheli. Avec : Myriam Ouyld-Braham, Odette/Odile ; Mathias Heymann, Siegfried ; Karl Paquette, Wolfgang/Rothbart ; François Alu, Hannah O’Neill, Léonore Baulac, Pas de Trois ; et le Corps de Ballet de l’Opéra National de Paris. Orchestre de l’Opéra National de Paris, direction : Vello Pähn.

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Reprise du Lac des Cygnes avec en ouverture une prise de rôle très imposante et le souhait de la nouvelle direction de la danse de mettre les Etoiles et les Premiers Danseurs à l’honneur. Mais il ne faut pas oublier que le Lac des cygnes est surtout un ballet pour un corps de ballet impeccable….

Myriam Ould-Braham fait ses premiers pas dans le rôle d’Odette/Odile. C’est avec une certaine appréhension, bien compréhensible, qu’elle aborde le rôle ; constituant essentiel de cette première distribution, elle ouvre la série de ce ballet de fin d’année pour un nombre extravagant de représentations (récupérant celles de danseurs retirés in extremis) : on ne peut attendre qu’une amélioration et une détente au fur et à mesure des représentations, mais on peut aussi se demander comment une danseuse peut nourrir artistiquement autant de spectacles dans un temps si ramassé. En-dehors du fait que ce rôle est l’un de ceux que toute danseuse souhaite incarner, il ne correspond pas nécessairement de prime abord aux capacités physiques de Myriam Ould-Braham, mais cette dernière sait toutefois quelles sont ses atouts et elle tire à elle, comme dans La Bayadère, les caractéristiques du rôle qui conviennent à ses qualités intrinsèques. En donnant libre cours à un lyrisme échevelé, les actes blancs sont splendides, la révélant plus ample dans ses mouvements que d’habitude, plus sûre dans ses diagonales aux tours parfaitement tenus, une certaine tranquillité interne, précaire et néanmoins présente. Le rôle du Cygne noir est forcément plus frustrant, tant on aurait attendu un peu plus de mordant et qu’elle ne lâche pour rien au monde une concentration que l’on sent parfois vaciller. Elle est toutefois accompagnée de qui lui est d’un grand soutien.

Le couple fonctionne en effet plutôt très correctement, et ne souffre pas du déséquilibre qui existe souvent avec , si doué et si souvent seul en scène. Il parvient à mettre en valeur sa danseuse sans prendre toute la place et s’exprime incroyablement dans ses variations, à la hauteur de sa réputation : tout est très contrôlé (ses pirouettes aériennes, les sauts), moelleux, et il ose parfois un peu plus encore pour procurer un frisson de surprise. Son partenaire masculin, , en Rothbart, lui répond avec l’intelligence des danseurs qui ont tout fait sur scène : on connaît sa présence et il brille dans sa variation qui concentre toutes ses forces, admirablement menée.
Enfin, le pas de trois constitué par (quel dommage qu’en tant que Premier Danseur ayant déjà dansé le rôle, il ne danse pas Siegfried sur cette série) – qui reste un danseur superlatif, – dont la technique s’est incroyablement accrue et perfectionnée depuis quelques années – et Hannah O’Neill, toujours très souriante, n’appelle aucune réserve.

Le corps de ballet doit prendre ses marques à nouveau pour créer une atmosphère irréelle dans les actes blancs, tout étant très policé mais peu intéressé par ce qui se passe sur scène. Ce qui est frappant sur ce début de série est le nombre incroyable de Premiers Danseurs sur scène, distribués dans tous les rôles de demi-solistes, notamment dans les danses de caractère. Après le court séjour expérimental de Benjamin Millepied à l’Opéra de Paris, il s’agit d’une volonté proclamée de la direction de la danse de remettre la hiérarchie dans les choix des rôles, mais il ne faudra pas oublier que les générations futures sont également à former.

Crédit photographique : Myriam Ould Braham © Svetlana Loboff/ Opéra National de Paris

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