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Nouvelle version des Contes d’Hoffmann

La Scène, Opéra, Opéras

Marseille. Opéra. 26-XII-2004. Jacques Offenbach : Les Contes d’Hoffmann. Patrizia Ciofi (Olympia, Giulietta, Antonia, Stella), Sarah Jouffroy (Niklausse, La Muse), Anne Salvan (La mère d’Antonia), Gordon Gietz (Hoffmann), Nicolas Cavallier (Lindorf, Coppélius, Dapertutto, Dr. Miracle), Steven Cole (Andrès, Cochenille, Frantz, Pittichinaccio), Michel Trempont (Crespel), Patrice Berger (Hermann, Schemil), Vincent Ordonneau (Nathanael), François Castel (Luther), Christophe Mortagne (Spalanzani). Orchestre et Chœurs de l’Opéra de Marseille, Stéphane Denève (direction). Laurent Pelly (mise en scène), Chantal Thomas (décors)

L’unique opéra « fantastique » de a défrayé la chronique cet été, après qu’une copie manuscrite de la partition d’orchestre originale réputée perdue des « Contes d’Hoffmann », a été découverte, oubliée dans un carton à la Bibliothèque-Copie de l’Opéra de Paris. Jean-Michel Keck, spécialiste de la partition, venait de réaliser la dernière partition critique en date des « Contes d’Hoffmann », parue chez Boosey and Hawkes. C’est cette « nouvelle » version créée par Marc Minkowski à l’Opéra de Lausanne lors d’un spectacle mis en scène par que reprend l’Opéra de Marseille pour son spectacle de fin d’année. On peut cependant regretter que Marseille n’ait pas pu s’assurer la direction de ce chef car, celle de terriblement banale et pas toujours précise, avec de nombreux décalages des chœurs, ne fait pas beaucoup décoller la musique. De même l’absence d’un interprète du format vocal et même scénique pour Hoffmann était très préjudiciable à la crédibilité de ces représentations. L’Américain est loin de compte de volume, de projection, de diction, de personnalité et de relief pour incarner le personnage. Le public de l’Opéra de Marseille, dont la réputation n’est plus à faire, le lui a fait comprendre clairement aux saluts ! Bien qu’il n’ait en rien la noirceur vocale ni le volume de basse nécessaire aux quatre rôles diaboliques, s’est bien tiré de ce redoutable défi, en grande partie grâce à une très bonne présence scénique. ajoute à la liste déjà grande de ses rôles, les quatre parties de l’idéal amoureux d’Hoffmann. Si Olympia et Antonia sont dans ses possibilités vocales, Giulietta qu’elle aborde avec une bien compréhensible fatigue vocale dans la dernière partie du spectacle, n’est pas assez brillante ni assez versatile pour donner tout son sens à l’acte vénitien. Sarah Jouffrouy joue très bien Niklausse mais ne le chante pas toujours avec assez de puissance et de précision dans l’élocution. On arrive au paradoxe que les silhouettes sont fondamentalement meilleures que les rôles principaux avec un Vincent Cole épatant notamment dans les couplets de Frantz et , bouleversant Crespel.

Impossible de dissocier la réalisation de et la production de pour l’efficacité dramatique de l’ensemble. L’opéra y perd sa réputation d’impossibilité, le fil conducteur devient évident et pas une seconde l’attention ne se relâche. La direction d’acteurs est excellente, précise, toujours lisible. Mais pourquoi faut-il que tout cela soit si gris, si noir, si laid ? Les décors sont d’une très grande efficacité mais constamment hideux. Pas un costume n’échappe à cette même critique (on apprend qu’une « costumologue » a émargé au générique…). Quelques bonnes idées viennent cependant au secours des moments proprement fantastiques, comme une élévation de la poupée Olympia dans les airs au moyen d’une machine qui finit par se laisser voir, une reproduction vidéo de la Mère d’Antonia qui chante cachée dans une baignoire, le vol du reflet d’Hoffmann par un miroir vidéo. Mais l’ensemble est loin de susciter le rêve et le fantastique que réclame le livret.

Opéra de Marseille (04. 91 55. 11. 10). Dernière représentation le 31 décembre à 20h. Prochains spectacles : La neige en août de Xu Shu-Ua et Gao Xingjian du 28 au 30 janvier 2005, La Veuve joyeuse de Franz Lehár du 27 février au 6 mars 2005

Crédit photographique : © Opéra de Marseille, DR

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